‹ Luther et le luthéranisme; étude faite d'après les sourcesChapitre 79 sur 283 · RETOUR AUX PRINCIPES CATHOLIQUES · texte numérisé non relu

RETOUR AUX PRINCIPES CATHOLIQUES

qui opère dans la charité. La simple réflexion, la simple délicatesse naturelle suffisent pour amener à cette conclusion. Ainsi en fut-il, du moins en général, pour la doctrine de la contrition, ainsi pour d'autres points, ainsi, en partie du moins, pour le mariage. Là aussi, après d'amères expériences, bien que, contrairement à la doctrine si claire de l'Ecriture, l'on enseignât toujours avec Luther la légitimité du divorce et que l'on niât au mariage son caractère de sacrement, Ton se rapprocha des principes catholiques l, principes, du reste, que beaucoup de protestants n'avaient jamais banni de leur conscience, et dont beaucoup de familles ne s'étaient jamais écartées.

Ainsi, chez les théologiens protestants, l'acheminement vers les principes catholiques s'est produit à leur insu. Cette constatation, rapidement indiquée ici, nous montre à tout le moins que, par elle-même, l'âme humaine est chrétienne au sens de catholique. Luther lui-même ne pouvait empêcher que, jusque dans les points capitaux de sa doctrine, malgré ses efforts et ses enseignements, l'intime de son être ne le ramenât sans cesse vers le catholicisme. C'était inévitable : par elle-même, l'âme est catholique. Pourtant, les théologiens prolestants s'indignent à la seule

ï. Je parle des principes, parce que souvent parmi les catholiques, eux aussi, la pratique n'est pas conforme aux principes de leur Eglise. Ici s'applique ce qu'en 1067 disait Jacques R.ibus dans un écrit sur sa conversion ; « Chez les catholiques les fautes sont attribuables aux personnes ; chez les luthériens, à la doctrine ainsi qu'aux personnes ». Dans R^ss, Konvertiienbilder, I, 5ia. Le bon luthérien est toujours beaucoup au-dessus de Luther et de sa doctrine.

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pensée d'être catholiques : bien loin d'accorder qu'ils se seraient rapprochés des principes et des doctrines catholiques, ils laissent le peuple dans cette idée que tel et tel point, qui ressemblent plus à la doctrine catholique qu'à celle de Luther, viennent en réalité du « Réformateur » ; et comme doctrine catholique, ils présentent les contre-façons de Luther, qui la falsifient au point de la rendre méconnaissable. Car, jusqu'à nos jours, tout en s'écartant de Luther sur d'autres points, ces théologiens n'ont pas laissé que de rester confinés dans la conception absolument fausse de la doctrine catholique qu'il leur a imposée. Dès l'enfance, cette conception est inoculée aux protestants dans la famille et dans l'école. S'ils savaient ce qui est vraiment et essentiellement la doctrine catholique, alors, la bonne volonté aidant, une entente deviendrait possible. Ils ne diraient plus avec Bugenhagen : « Dieu lui-même est luthérien * », mais au contraire ils confesseraient avec nous : « De même que notre âme, Dieu, lui aussi, est catholique ». Ils seraient forcés de reconnaître que la vraie doctrine luthérienne est opposée à la nature et condamnée par la raison2.

i. Von déni ehelichen Stande der Bisckofeund Diaken, Wittenherg, i5a5, fol. F.

a. Dans ce chapitre, je ne me suis occupé de renseignement de Luther sur le mariage qu'en tant qu'il touche a ses déclaration» sur les vœux.

[Pour tout ce chapitre, voir aux Additions]»

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