‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 165 sur 278 · LE « PAS SIONN AIRE )) ET L ((IMAGE DE LA PAPAUTÉ · texte numérisé non relu

LE « PAS SIONN AIRE )) ET L ((IMAGE DE LA PAPAUTÉ

La comparaison de ces deux œuvres est éminemmeut instructive. Dans les deux pamphlets, c'est la même préoccupation : Luther veut faire du pape un objet de haine et de mépris. La différence, c'est que le Passionnaire est du début de sa vie de Réformateur : il était encore habillé en moine et il n'y avait que quelques semaines qu'il s'était séparé définitivement de l'Eglise. L'Image de /a Papaiif^ au contraire est du soir de sa vie : elle est le résumé de vingt-cinq années de méditations en dehors de l'Eglise et contre elle. Or le Passionnaire ne contient pas la moindre grossièreté, tandis que des dix gravures de l'Image de la Papauté, la première nous exhibe une scène d'accouchement, la seconde, une sorte d'hermaphrodite, avec toutes les parties sexuelles de la femme, et quatre autres, des excréments humains i.

Par là, on peut voir une fois de plus si la grossièreté de Luther était un souvenir de sa vie monastique, si loin de l'Eglise et de ses cloîtres, en compagnie de Catherine Bora, son âme est allée de plus en plus en s' épurant, jusqu'au jour où, chaste colombe, elle s'est envolée vers l'azur 2.

(i3,4 X 9,5 au lieu de i4,7 X 10, 3), le n° III n'est réduit que du septième, et, au contraire le n° X l'est presque de moitié,

1. Pour tomber dans une précision érudite, j'ajouterai qu'on en peut signaler deux autres : bien qu'inspiré par Luther, le Passionnaire plongeait ses racines dans l'époque antérieure : l'idée de plusieurs gravures remontait à Wiclefif et à Jean Huss; et ce ne fut pas Luther non plus qui en surveilla l'agencement et l'exécution, mais Mélanchthon et Schwertfeger. Mais ces deux autres différences sont elles à la décharge de Luther? Au contraire, hélas ! elles iraient à prouver que des grands ennemis de Rome à cette époque, c'est Luther qui a eu les tendances les plus triviales.

2. Voir aussi J. Paquier, Jérôme Aléandre (1900), p. 348-349.

264 l'image de la papauté

L'histoire a ses vicissitudes. Et je pourrais peut-être dire en m'assimilant pieusement la langue de Luther : (( Avec ces diablesses d'images, les gardiens des livres de Worms, de Halle et de Wittenberg vont entrer dans une belle colère. Ah 1 les c » ^.

Je n'achève pas. Une fois de plus, les Allemands s'écrieraient que ces Français sont d'une inconvenance...

Quel malheur que je ne sois pas un Réformateur religieux !

Paris, le 29 juillet igiS.

J. Paquier.

1. Ci-dessus, p. 121. — Je veux parler des commissions préposées à ces bibliothèques ; mais je n'entends pas par là MM. les bibliothécaires de Halle et de Wittenberg, et moins encore les aimables protestants qui ont travaillé à me procurer des reproductions de ces gravures. Et je n'ai pas davantage l'intention d'attaquer la personne privée de qui que ce soit ; mais enfin, il restera toujours fort bizarre qu'aujourd'hui les luthériens se montrent si embarrassés de ces gravures, alors qu'autrefois Luther en était si naïvement fier et enthousiaste !

ORTVS ET ORIGO PAPAE

^egera fem< ©«igamm ijl?

SJlecto fein ^inDcrmeiDlin ^iftp^onc Clic ôcngclt ïtu

MONSTRVM ROMAE INVENTVM MORtWM IN TIBERI. ANKO 145?^.

Seigt Dî^ fcI)iïcC{Jc& bi(t) l)ie gcficllt j S)afui' jct^cvinan ôvatrcn fo(t SÏQnm cvé ju l^ei^en nemen mit

REGNVM ÇATANAE ET PAPAE.

3n aHcc ^eufci naimn fi^t gaî^ rt jiç î)er rec^t Sffîi'Dcrc&rf^

ïv.

HIC OSCVLA PEDIBVS PAPAE FIGVNTVR.

"^Mî ^npfî : md)t fd)rccf \)nu mit t)clm ^anii iiîiîrt ^ut^. ID.if4r.

ADORATVR PAPA DEVS TERRENVS

^Qk man Ijie {)anDelt leine èro»»

9)?ac^lfi ic in^ifflttg. (pri^f î)er 5(?ffr Apt>. i $,

©cl^ncft getcofi dn*. @ott l'iî^ bcïi ()ei|fr.

r-^rr.

Page 1