‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 203 sur 278 · Weim., XIV · texte numérisé non relu

Weim., XIV

Jusqu'à sa venue, l'Allemagne chrétienne s'était imaginée qu'elle était incorporée au royaume de Dieu ; mais, écrit Luther, il n'en était rien. « Après avoir rejeté les papistes, Dieu nous a pris (c'est-à-dire Luther et ses partisans) dans la boue et dans l'ordure, et il nous a fait asseoir avec les princes de son peuple, a/in que par notre ministère l' Allemagne fût incorporée au royaume de Dieu et parvînt à la véritable connaissance de Dieu ^ ». u Dieu nous a fait la grâce de chasser le pape, et nous rétablissons maintenant le Baptême, l'Evangile et la Cène, non seulement ici, mais dans tout le pays d'Allemagne ; désormais (Dieu en soit loué et remercié) nous possédons de nouveau le véritable sacrifice perpétuel ^ ». Du reste, si avant même la conversion de l'Allemagne au christianisme, Rome ne possédait plus l'Evangile, il s'ensuit tout naturellement qu'avant Luther, l'Allemagne ne le posséda jamais.

Pour se convaincre que Luther a introduit des nouveautés dans le christianisme, il suffît de voir son attitude à l'égard de la papauté. Avant lui, le christianisme orthodoxe regardait la doctrine de la primauté comme une partie intégrale, fondamentale et constante du dogme.

Or qu'est-ce que Luther pense de la papauté?

(( Le pape, écrit-il, est regardé à bon droit comme le plus grand et le premier de tous les antechrists^ ». C'est pourquoi l'Eglise papiste n'est pas la véritable Eglise. Il y a deux Eglises, dit-il : « l'une, la fausse,

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