XXII PREFACE DE L V SECONDE EDITION
première édition '. Il suffît qu'une fois pour loules, en toute fjanchise, un point ait été mis en lumière et que ce pointait été dûment établi; à savoir que chez les prolestants, pour ce qui est de Luther et de sa figure dans l'histoire, Ton s'est comporté jusqu'ici tout autrement qu'à l'égard de l'Eglise catholique ; bien plus, tout autrement qu'à l'égard du Christ et da christianisme lui-même. Les protestants ne sont pas les premiers à agir ainsi : déjà les Donatistes en avaient fait absolument autant ; et saint Augustin disait : « Les Donatistes tiennent Donat pour le Christ; s'ils entendent un pa'ien parler contre le Christ, ils en seront peut-être moins choqués que de l'entendre
1. Dans cette ancienne préface, Denifle parlait de la recrudescence des attaques des protestants contre rEglisc catholique. Contre ces attaques, il veut établir ce que furent Luther et le protestantisme naissant. Suivant son caractère, il parlera sans détour : un mensonge, il l'appellera un mensonge.
Chez les protestants, c'est partout le désordre doctrinal : ce sont nombre de théologiens qui ne croient ni à la Trinité, ni à la divinité de Jésus-Christ, qui ne croient plus qu'à Luther. Ces hommes, Luther lui-même les eût rejetés avec indignation, comme des blasphémateurs et des idolâtres. Pourtant, ce désordre est une conséquence de l'individualisme religieux qu'il a opposé à l'unité catholique : sous prétexte de réformer des abus, il a détruit l'autorité dans l'Eglise. Dès lors, autant d'individus, autant d'Eglises.
On ne manquera pas de dire que le présent ouvrage va troubler la paix religieuse. Et qui donc a commencé, sinon ces écrivains et ces prédicateurs protestants qui tous les jours appellent le catholicisme le repaire de tous les vices. Si divisés qu'ils soient entre eux, ces hommes, en effet, ont un point de ralliement : la haine du catholicisme. (Note du traducteur.)