Chronicon ccclesiastlcum, éd. Wegele (i855), p. 47g
/i- Enders, II[, 20S. Ci-dessus, I, Sa. [Voici dans l'original tout ce passage, que l'on cite si fréquemment par parties : « Si gratias prœdicalor es, gratiam non ficlam, sed veram prœdica ; si vera gratia est, verum, non fictum peccatum ferto. Deus non facit î=alvos ficte peccatores. Esto peccator et pecca forliter. sed fortius r-dcetgaude in Ghristo, qui viclor est peccati, mortis et mundi. Pcccandum est, quam diu sic sumus ; vita haec non est habitatio justitfae, sed expectamus, ait Petrus, cœlos novos, et terrain iiovam, in quibils justitia habitat. Sufficit quod agnovimus per
ao8 PROCÉDÉS ODIEUX DE DISCRÉDIT
telles exhortations, quelle société pouvait-on avoir? Et ils entendaient dire en outre que les chrétiens comme tels n'étaient pas soumis à la loi morale ^ et que par nature, même dans le christianisme, tout le monde était adultère, à tout le moins dans le cœur 2 ! Enfin, ces hommes, Luther y compris, passaient leur vie sans prières, sans jeûnes, sans mortifications, puisque c'était là (( un genre de sainteté qu'un chien et un porc, eux aussi, pouvaient à peu près pratiquer tous les jours 3. »
On voit clairement quelle société Luther forma avec les prêtres et les religieux apostats qui l'avaient suivi. Pour détourner de cette vue les regards du public, le (( Réformateur » attira l'attention sur les fautes du clergé régulier et du clergé séculier, et tout particulièrement sur (( l'impur célibat », comme on disait dans ce milieu. Avec les siens, il arriva à ses fms et, en même temps, plus qu'aucun autre il justifia sa maxime : « Il en va toujours ainsi dans ce monde : par^ tout la poutre juge la paille, et un grand malfaiteur en blâme un petit ^. »
Dans des livres, dans l'interprétation de l'Écriture
divitias gloriœ Dei agnum, qui tollit peccatum mundi ; ab hoc non avellet nos peccatum, etiamsi millies, millies uno die fornicemur aul occidamus, Putas, tam parvum esse pretium et redemptionem propeccatis nostris factam in tante ac tali agno? » •^ Sur la manière différente dont les catholiques et les protestants entendent les suites de la théorie d^ la justification par la foi, voir notre article de la Revue du Clergé français, i5 mai 191 1]. [Voir, en outre, ci-après, les Additions].