‹ Luther et le LuthéranismeChapitre 159 sur 312 · SON NOUVEL ÉVANGILE · texte numérisé non relu

SON NOUVEL ÉVANGILE

La première partie n'était qu'une a introduction * r. à notre étude sur Luther et le Luthéranisme. Pour connaître le caractère de Luther, sa tactique et sa méthode à l'égard de l'Eglise, la voie la plus courte était, semble-t-il, de voir les couleurs sous lesquelles il avait présenté l'état religieux. En outre, cette première partie nous amène tout naturellement à celle où nous entrons : le premier chapitre qui va suivre est une étude de la vie et de l'âme de Luther dans le cloître; puis dans tout le reste de cette seconde partie, nous verrons la théorie qui devait le pousser à rejeter l'état religieux avec ses vœux et ses pratiques, je veux dire la théorie de la justification et du pardon des

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péchés par la foi sans les œuvres. Ce principe fondamental de son Evangile arrivait à légitimer cette conclusion : les bonnes œuvres et tout ce que nous nous imposons à nous-mêmes, tout ce que nous faisons, tout cela est inutile au salut ; bien plus, celui qui considère les œuvres comme un facteur nécessaire dans l'œuvre du salut, celui-là les accomplit « sans l'aide du sang de Jésus-Christ» ; il renie donc son Sauveur et Rédempteur; il se substitue lui-même au Christ; il est (( noyé » dans le culte des œuvres. Dès lors, Luther est amené à condamner comme des moyens de justification parles œuvres, de sainteté par les œuvres, toute la vie chrétienne en général, mais beaucoup plus encore la vie religieuse. En effet, aucun état de vie ne contient autant d'œuvres et de pratiques que la vie religieuse. Et comme le religieux s'oblige à ce genre de vie par des vœUx, dès lors, pour le Réformateur, la vie religieuse devient tout naturellement un foyer d'incrédulité, un repaire de brigands, une vie maudite ; car, dit-il, ceux qui vivent dans cet état, vivent non d'après la règle du Christ, mais selon des prescriptions humaines, dont ils attendent leur justification. A l'en croire, les moines auraient exalté et glorifié leur froi râpé fort au-dessus du saint baptême; ils étaient donc par excellence les saints par leurs œuvres, de parfaits idolâtres, l'exemplaire achevé de la « justice catholique par les œuvres ». Aussi, pour désigner celte justice ou sainteté, son expression favorite était : « Froc et tonsure ». A son point de vue, ces conséquences étaient parfaitement logiques.

En vertu du même principe, il devait aussi rejeter

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