‹ Luther et le LuthéranismeChapitre 54 sur 312 · Felices · texte numérisé non relu

Felices

3. Dans son sermon pour le premier dimanche après l'octave de l'Epiphanie (Sermones de tempore et de Sanclis (édition n" i258o, de H.vin). Dans les Sermones mag. Nicolai de Niise, s. pagine proi'essoris, fr. Min. de observ. patris et provincie Francie provincialis vicarii. De tempore hyemale (llaguenan, i5io), fol. 83''-89'', on trouve, pour le second dimanche après l'Epiphanie, jusqu'à six sermons sur le mariage et sur l'état conjugal ; ils traitent soit de la dignité du mariage, soit de la préparation à un si grand sacrement, que l'on doit recevoir en état de grâce; ou ils disent comment ce sacrement confère la grâce. Ce Nicolas de Niise avait fait aussi sur les Sentences un commentaire qui était très répandu, même en Allemagne. Lorsqu'il mourut, il y avait déjà quatre ans que Luther était entré chez les Augustins. Et Luther avait douze ans quand mourut le scolastique allemand Gabriel Biel, qui laissa des prédications très recherchées (par exemple, les Sermones de t'-nipore et de Sanctis, Haguenau, i52o). Son sermon du second dimanche après l'Epiphanie, sur le mariage, est très remarquable. Parmi les dons les plus excellents que la Providence nous a faits pour notre salut, Biel range l'institution du sacrement de mariage. Fol. 19 : « Inter cetera bona, que pro homined!vina providentia, cui cura est de nobis, ordinavit, non minimum immo precipuum est matrimonii sacramentalis institutio, quo convenienti ordine humana species conservatur, individua multi-

leur mettait à profit le recueil des prédications d'un autre ; il les copiait et il exposait les mêmes idées que son prédécesseur. Mais cette manière de faire ne dirai-

plici adjutorio consolantur, contra carnis incentiva et fomitis tyrannidem remedium pracstatur, ad summa Dei collata nobis bénéficia intelligendum illuminativa signilicatio instituilur, et ad politicum bomo convictum sacramentali gratia roboratur, in qiio magna et singularis Dei curapro nobis carnalibus declaratur. De cujus matrimonii commendationc, quemadmodum dcnique in matrimonio vivendum sit, nunc pauca dicenda sunt. Nuptias îtaque esse licitas ad litteram salis probat Chrisli matris et discipulorum prescntia ac primi miraculi per Chrislum exhibitio : si tamcn secundum legem nuptlarum conjuges conversentur, ut ibi maneat Jésus cum maire etdiscipulis Domini». Biel développe celte pensée ; il traite d'autres questions, et il pas«e à l'éducation des enfants. En tout cela, il n'enseignait rien de nouveau.

Son contemporain, plus âgé que lui, l'ermite de Saint-Augustin GoTTSCH.vLK HoLLEN, appelle le mariage un ordre, et il n'était pas le premier à lui donner ce nom. Cet ordre, dit-il, surpasse d'autant plus les ordres des bénédictins, des franciscains et des augustins qu'il a été institué par Dieu lui-même. Les époux peuvent encore moins transgresser leur règle que les religieux. (Super cpistolas dominicales, Haguenau, ï5i7; domin. 5 post epiphan. Voir aussi La.ndma.nn, Dos Predigtwesça in Westfalen, p. 180, où à l'avant-dernière ligne de la n. 4 il faut lire prœter au lieu de propter). Berthold de Ratisbonne et le dominicain Pérégrin, que j'ai cités dans le texte de l'ouvrage, sont les premiers chez qui j'ai trouvé celte pensée. Dans la suite, d'autres l'ont reprise: au XV* siècle, le dominicain Jean Hérolt (pour le même dimanche après l'Epiphanie, édition de Nuremberg, liSo ; sur Hérolt, voir Paulus dans Zeitschrift fur hathol. TheoL, XXVI, p. 489); puis les contemporains de Luther, plus âgés que lui, le chanoine de Passau Paul Wann (Iîaïn, 161 M), et le franciscain Pelbart de Temssvar, dans ses (Poracrii) Sermones rcporiali de tempore (Haguenau, i5oa, serm. 27). Wann ajoute huit arguments pour la dignité du mariage ; le dernier est celui que l'on trouve ci-dessus, p. 62, n. a, qu'il peuple le ciel d'élus et qu'il engendre des vierges. Dans son sermon pour le second dimanche après l'Epiphanie, Jean NiDERénumère jusqu'à quatorze privilèges de l'état du mariage (Sermones de (empore; Hàiy, n. 11799; Sermo iS). Dans son seizième sermon,

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