LE MÉPRIS POUR LA FEMME IO
au mariage ou à la prostitution^ ; » c'est au moment où il ne vit plus que la noble voie de la virginité « avait ouvert à la femme de grands horizons, favorisant chez elle le perfectionnement religieux et l'exercice de la charité, sans quelle eût à attendre le bon plaisir de l'homme^ ». A cette époque, sans doute (i525), Luther loue encore la virginité comme un a don rare et précieux»; mais nous lui avons déjà entendu dire que ce don, personne ne le possédait 3. Le moment où a com-
Pourquoi n'est-ce pas la considération du bien de la femme et des enfants, la considération du bien de la famille qui a influencé sa bon té? Parce que la seule idée d'imposer à un homme une obligation quelconque au sujet de la continence lui inspirait de l'effroi. Ses idées et déclarations sur la polygamie sont opposées à l'Evangile et à saint Paul ; mais par contre elles sont absolument conformes aux préoccupations et aux théories de toute sa vie de Réformateur.
Ainsi, il n'est pas exagéré d'affirmer que cette erreur pèse sur lui d'un poids formidable. Il se présente pour restaurer dans son intégrale beauté la doctrine de J. C. Or la permission qu'il accorda au landgrave de Hesse est en opposition avec cette doctrine. Et tant dans l'ordre de la logique que dans celui des faits, elle est la conclusion de toutes ses œuvres et de tous ses actes sur la chasteté, le célibat et le mariage ; la quintessence de toute sa doctrine sur la concupiscence et la justification par la foi.
En Allemagne on ne cesse d'écrire sur la bigamie de Philippe de Hesse. Voir le tout récent article de N. Paulus dans les Historisch-politische Blàtter, i" avril 191 1, etc. : Die Hessische Doppelehe im Urteile der protestantischen Zeiigenossen.
1. Weim., XII, 94 (i523). Voir tout le passage ci-dessus, t. I, p. 200, dans les conseils de Luther aux religieuses.
2. Ma.usbagh, Die katholische Moral, ihre Melhoden, Grundsàtze und Aufgaben, Koln, 1901, p. i3i.
3. Voir, ci-dessus, 1, p. 169. Après iSSy, du reste, il se reprend à dire qu'on en trouverait « beaucoup qui possèdent ce don ». Erl.,44, i48(i537-i5/io).