‹ Luther et le LuthéranismeChapitre 85 sur 312 · L IMMORALITE II · texte numérisé non relu

L IMMORALITE II

maintenant, ce ne sont pas seulement ceux que Luther a égarés qui nous apprennent que chez eux Ton méprise le mariage : parlant plus haut encore que les prédicateurs luthériens, les faits nous montrent partout la fornication et l'adultère prenant le pas sur le mariage régulier, honnête et pudique. Tout ce que Luther avait méchamment reproché aux catholiques se vérifiait chez ses adeptes ; on eût presque dit que la perfection consistait à a quitter le lit nuptial pour cou^ rir à la maison publique^ ». Luther avait conçu le mariage comme une œuvre extérieure et physique, du genre des autres occupations journalières ; et partout cette conception était traduite en pratique. De même que pour gagner davantage ou pour subvenir à ses besoins, un ouvrier laisse là son métier, en prend un autre ou en exerce deux ou trois à la fois, ainsi dans le luthéranisme le mari laissa sa femme, et la femme, son mari, pour faire des essais avec d'autres. Ou même, et cela est honteux à dire, écrit le dominicain Mensing^, ils ont non-seulement donné deux femmes à un homme, mais encore, ce qui ne s'était jamais vu, et ce que les païens n'avaient jamais permis, ils ont donné deux hommes à une femme; quand la femme se montre récalcitrante, ils ont permis à l'homme d'aller trouver la servante, et si son mari est impuissant, la femme peut aller trouver un autre homme 3.

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