SCÈNE V
SPALATINUS, LE CONSEILLER, L'ABBESSE, THÉRÈSE, RELIGIEUSES, puis CATHERINE DE BORA.
SPALATINUS (à VAbbesse), Partons î
l'abbesse [montranl Catherine agenouillée derrière la grille).
Avertissez cette fille chérie , La seule qui nous manque... Elle est là bas qui prie !
Monsieur le conseiller, conduisez-la vers nous !
(Le Conseiller va chercher Catherine qui se lève et s'approche du Chancelier.)
(Ui LUTHER.
SPALATINUS ( à part ).
Qu'elle est belle!...
{Haut.)
Approcliez. . . Comment vous nommez-vous ?
CATHERINE
(^athei'ine.
SPALATINUS (à l'Alihessc).
Et le nom de son père ?. .
i/abbesse.
On le nomme
De Bora.
SPALATINUS.
J'ai connu ce digne et vaillant homme.
Quoi! c'est vous, noble dame... Oh ! que je suis heureux ! De pouvoir vous ravir à ces funèbres lieux ! Que vous deviez souffrir en cette nuit profonde , Qui vous a dérobée aux hommages du monde ! La gloire et les plaisirs vont voler sur vos pas !
CATHERINE {à l'Abhesse).
Mère , quel est cel homme? Il ne me connaît pas !
TXTHEIl. i»
SPALATINCS.
Il est vrai... Mais souvent un noble {ïontilhomine , François de Wildeneck , qu'en tous lieux on renomme , L'ami du grand Luther, et le mien , m'a vanté Votre esprit , vos talens , votre rare beauté ! De votre âme élevée il m'a peint la noblesse ; Toujours il a pour vous cette vive tendresse Qui l'embrasait, alors qu'un vœu précipité Lui ravit tour l'espoir de sa félicité î
CATHERINE
Monsieur le chancelier , je suis religieuse ! Vous l'avez oublié !... Cette maison pieuse Sera mon seul refuge , et j'y veux demeurer. L'électeur le saura.... Veuillez l'en assurer.