‹ Luther, poème dramatique en cinq partiesChapitre 7 sur 61 · LES NONNES · texte numérisé non relu

LES NONNES

Adieu donc , plaisirs éternels ,

Lieux sacrés , pour nous pleins de charmes î

Coulez , coulez , pieuses larmes !

Arrosez nos tristes autels!

SCEISE II.

SPALATINUS, LE CONSEILLER, LE CONFES- SEUR, L'ABBESSE, THÉRÈSE, LES NONNES.

( Elles se rangent en demi-cercle autour du chancelier ; l'Abbesse est au milieu d'elles ; on entend toujours les cloches. Catherine de Bora est restée près de l'autel. )

SPALATENTS.

Interrompez vos chants.... Que ces cloches se taisent !

( Sur un signe de l'Abbesse , une jeune religieuse sort. — Le bruit des cloches cesse )

SPALATINUS ( à l'Abbesse ).

Madame , au nom du ciel , que vos regrets s'apaisent ! Je viens , vous le savez , et sans nulle rigueur ,

LUTunn. is

Ferniei' cetU' maison , au nom de réiectcur : A l'inlérèt public il la ju(jo contraire ; Veuillez donc obéir !

l'abbesse.

Permellez.... Le saiiit père,...

SPALATINUS.

Verra dans sa sagesse

l'abbesse.

Ecoutez , chancelier \ Je suis vieille , et ne sais que souffrir et prier. Ainsi que moi , Monsieur , nies sœurs les plus âgées , Par la paix du couvent saintement protégées , Ont désappris le monde en ce paisible lieu. Tous nos amis sont morts, nous n'avons pi us que Dieu. Quand d'un siècle sur nous pèsent les habitudes , Faut-j^ que nous quittions nos douces solitudes ?

SPALATDÎUS.

On a pourvu , Madame , à ces justes désirs. . . Un seuil hospitalier vous offre ses loisirs ; Je conduirai vos pas aux murs de Saint-Basile ; Vous vivrez loin du monde en ce pieux asile...

16 LUTHER

Mais sans l'habit , Madauio , et vous renoncerez A la règle de l'ordre. . . Ille fau t î

l'aijbesse.

Murs sacrés , Adieu donc ! pour toujours nous quittons votre en(îeinle !

VyE VIEILLE lŒLIGIEUSE.

Quoi ! pas même riiabil !

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