LES NONNES
Adieu donc , plaisirs éternels ,
Lieux sacrés , pour nous pleins de charmes î
Coulez , coulez , pieuses larmes !
Arrosez nos tristes autels!
SCEISE II.
SPALATINUS, LE CONSEILLER, LE CONFES- SEUR, L'ABBESSE, THÉRÈSE, LES NONNES.
( Elles se rangent en demi-cercle autour du chancelier ; l'Abbesse est au milieu d'elles ; on entend toujours les cloches. Catherine de Bora est restée près de l'autel. )
SPALATENTS.
Interrompez vos chants.... Que ces cloches se taisent !
( Sur un signe de l'Abbesse , une jeune religieuse sort. — Le bruit des cloches cesse )
SPALATINUS ( à l'Abbesse ).
Madame , au nom du ciel , que vos regrets s'apaisent ! Je viens , vous le savez , et sans nulle rigueur ,
LUTunn. is
Ferniei' cetU' maison , au nom de réiectcur : A l'inlérèt public il la ju(jo contraire ; Veuillez donc obéir !
l'abbesse.
Permellez.... Le saiiit père,...
SPALATINUS.
Verra dans sa sagesse
l'abbesse.
Ecoutez , chancelier \ Je suis vieille , et ne sais que souffrir et prier. Ainsi que moi , Monsieur , nies sœurs les plus âgées , Par la paix du couvent saintement protégées , Ont désappris le monde en ce paisible lieu. Tous nos amis sont morts, nous n'avons pi us que Dieu. Quand d'un siècle sur nous pèsent les habitudes , Faut-j^ que nous quittions nos douces solitudes ?
SPALATDÎUS.
On a pourvu , Madame , à ces justes désirs. . . Un seuil hospitalier vous offre ses loisirs ; Je conduirai vos pas aux murs de Saint-Basile ; Vous vivrez loin du monde en ce pieux asile...
16 LUTHER
Mais sans l'habit , Madauio , et vous renoncerez A la règle de l'ordre. . . Ille fau t î
l'aijbesse.
Murs sacrés , Adieu donc ! pour toujours nous quittons votre en(îeinle !
VyE VIEILLE lŒLIGIEUSE.
Quoi ! pas même riiabil !