‹ Luther, poème dramatique en cinq partiesChapitre 9 sur 61 · LA PREMIÈRE NONNE · texte numérisé non relu

LA PREMIÈRE NONNE

Son amour empressé , M'était si doux !.. Sans doute il est encor fidèle !... Si j'osais !.. Non jamais... Une honte mortelle M'accable en y son{jeant... Je tombe à vos genoux!.. Si j'osais !.. pardonnez !... le prendre pour époux !

(Elle dit ces derniers mots en tremblant et tombe aux pieds du chancelier. )

l'absesse.

Infidèle!.. Odoulein^!

Aimable et douce fille , Levez-vous !.. Sur ce front où la jeunesse brille Que la gaîté se montre... Allons ! plus de rougeur ! Vos sentimens sont purs ; j'en aime la candeur. A vos premiers devoirs vous rendrez votre vie ; De vos tristes sermons le monde vous délie. Est-ce Dion qui voulut ici vous renfermer?.. La nature a créé la femme pour aimer.

Ce qu'elle ordoime, un vœu ne saurait le détruire ; Et contre ses décrets rien n'a dû se prescrire.

LUTHEa. la

l'abbësse ( ôlant son voile noir avec une émotion profonde).

Eh ! bien, je vous remets ce voile , objet sacré...

( Elle veut donner le voife au cliancelier et le relient).

Attendez... car mon cœui' n'était pas préparé

A ce triste abandon , cruel , irrévocable !...

Je t'ai porté long-temps , ô voile vénérable !

Tu fus le confident , oui , pendant cinquante ans ,

De mes secrets désirs , de mes secrets tourmens î

Tu vis tout , mes combats , mes prières, mes larmes !...

La vie à mon espoir s'offrait pleine de charmes !

L'hymen ceignait déjà mon front de son bandeau ; Ulrich , mon fiancé , descendit au tombeau ; Avec lui tu tombas, ma noire chevelure ! Toi seul , voile chéri , tu devins ma parure ! Toi seul, tu rafraîchis d'un souffle bienfaisant Ce front qu'avait brûlé le désespoir cuisant ! J'espérais te sentir à mon heure dernière ; El môme après ma mort , oui , dans la froide bière , J'espérais te garder pour prix de mes combats , Comme un de ces amis qu'on n'abandonn(i pas ! Il me faut donc , hélas ! vers la fin du voyage , Me résigner deux fois aux douleurs du veuvage ! Adieu, voile chéri !... (r^ne^ani le voile au chancelier. Tenez !.. prenez , seigneur.

20 LUTHER

SPALATINUS.

Je remplis mon devoir , mais c'est avec douleur !..

; Les Nonnes s'approchent l'une après l'autre du chancelier , et lui remettent leurs voiles. )

Monsieur \o confcsseîir... pour vous aussi , mon ptM'c , Se termine aujourd'hui votre saint ministère....

(Lui remettant les voiles. ) Que ces voiles par vous remis au cardinal Lui montrent ce (ju'ici l'on fait du jou{} papal.

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