Cf. Myst. astral., appendice, p. 279 [26] ss
léo LUX PERPETUA
seul le semblable, exigeait que la nature de l'intelligence humaine ne différât pas de celle de la divinité ; car sinon, elle n'aurait pu avoir la notion de celle-ci i. Celui qui s'adonne avec ferveur à l'étude des constellations ne reçoit pas seulement d'elles une sèche instruction 2, L'homme ne peut se rassasier du spectacle que lui offrent les astres resplendissants et leurs mouvements harmonieux. Il sent avec émotion en s'abandonnant à cette contemplation, le lien intime qui l'unit aux feux célestes. Sa raison entre en communion avec ces dieux visibles, un amour divin la transporte jusqu'aux voûtes éternelles^ où elle se mêle au chœur sacré des étoiles et suit leurs évolutions ryjthmiques., L'âme ne trouve pas seulement dans ce ravissement une jouissance infinie ; le ciel lui accorde la révélation de sa nature et lui apprend les lois qui dirigent ses révolutions.
Pour l'astrologie, cette extase mystique qui fait abstraction de la vie future 3, enivre l'homme dès ceitte vie terrestre d'une « ivresse abstème » : c'est la récompense immédiate d'une dévotion savante, née dans des temples qui étaient aussi des observatoires.
Mais lorsque s'affirma la croyance en une immortalité céleste, le transport passager concédé à l'homme ici-bas devint une anticipation de la béatitude que l'âme devait ressentir après la mort. Alors, échappant aux limitations des faibles organes des sens, la raison apercevra directement toute la splendeur de l'univers et obtiendra l'intelligence complète de ses mystères. Cette forme de l'eschatologie est la projection dans une éternité lumineuse des croyances dont la source première avait été « l'émotion cosmique » que fait naître la vue du ciel étoile.
Or l'érudition de Posidonius s'était consacrée spécialement à l'étude des corps célestes. Il avait écrit sur ce sujet* un ouvrage qui comprenait au moins trois livres. La définition que donne de lui saint Augustin : « grand astrologue et aussi philosophe » ^j caractérise bien l'importance qu'avait pour lui la discipline chaldéenne, qu'il prétendit justifier comme toute la mantique en général.
1. Cf. Sextus Empiricus, Math. VII, 93 : Tà'6jji.ota twv ôii.o(wv eTvai -iioooxivA. C. Reinhardt, Posidonius, p. 417; Kosmos u. Symrp., p. 178 ss.