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CHAPITRE III. — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE

en plus dans la théologie païenne à mesure que le stoïcisme perdit de son influence au profit du néoplatonisme. Ce Dieu « ultramondain et incorporel, père et architecte de la création », siégeait, croyait-on, dans la lumière infinie de l'Empyrée^ qui s'étend au-delà des sphères étoilées*. La religion le nomme tantôt le Très Haut ("Til^icrToç), tantôt en latin Jupiter, mais en lui accolant les épithètes de Sum^mus Exsiifer(intissimus^. C'est ce Père céleste que les âmes d'élite aspirent à retrouver ; mais seules celles qui ont atteint la perfection y parviennent. Les autres, suivant leur degré de pureté, s'arrêtent à un étage inférieur des zones successives formées par l'atmosphère, domaine des démons, par les cercles planétaires et le ciel des étoiles fixes, qui sont des dieux visibles*.

Ce fut la dernière conception du paganisme, et elle devait s'imposer à l'esprit humain durant de longs siècles ^. Déjà le judaïsme avait, fait des concessions aux théories astronomiques des « Chaldéens » et il leur avait emprunté l'idée de sept cieux superposés, que nous trouvons développée en particulier dans le livre d'Hénoch^. Elle appartint aussi au christianisme presque dès son origine, et les gnostiques lui firent une large place dans leurs spéculations ^. Mais Origène, qui l'adopta par un emprunt direct aux philosophes grecs, prêta l'autorité de sa grande éiaidition aux doctrines du paganisme à peine modifiées ^ Selon lui, les âmes, après avoir séjourné dans le Paradis, qu'il localise dans un endroit écarté, où elles s'instruisent des réalités de notre terre, s'élèvent dans la zone de l'air et elles comprennent alors le caractère des êtres qui peuplent cet élément. Mais si elles se sont dégagées de toute pesanteur matérielle, elles traversent rapidement l'atmosphère, et elles parviennent aux

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