Ed. GaUi, Monumenti anticM, 19 17, XXIV, p- 5 s
de Polyxène, dernière fille de Priam, sur la sépulture d'Achille. Ces images, empruntées à l'épopée grecque, sont placées entre deux démons étrusques, figure^ ailées portant des serpents, masculine d'une part, féminine de l'autre. Les petits côtés sont décorés de deux scènes tirées de l'Odyssée : le mythe de Circé, changeant en animaux les compagnons d'Ulysse, peut-être une allusion à la métempsycose, et l'évocation des ombres des morts par Tirésias, avec une indication curieuse des Champs Elysées. Cet exemple — on pourrait en citer bien d^autres — montre combien les légendes helléniques s'étaient étroitement mêlée? à la démonologie étrusque dans une religion syncrétique.
Ainsi, lorsque nous parlons d'une pénétration de doctrines étrusques dans l'eschatologie des Romains, pourrait-il déjà s'agir en réalité de croyances helléniques reçues par cette voie indirecte. Les archéologues ont constaté l'existence de rapports étroits entre la mythologie infernale de l'art étrusque et celle de la Grande Grèce, qui a été aussi l'inspiratrice majeure des conceptions que Rome se fit du monde souterrain.
C'est en effet de l'Italie méridionale qu'elle a dû recevoir les mythes qui transformèrent sa foi en la survie dans les Inferi. La découverte dans ce pays des tablettes ou lamelles dites « orphiques » qui devaient servir de guide au mort dans son itinéraire posthume ', les représentations de l'Hadès sur les grandes amphores apuliennes du ive-iiie siècle , la présence fréquente d'images des dieux chthoniens, tels que Pluton et Perséphone, sur les terres cuites archaïques de Locres et d'autres cités helléniques , tout indique l'importance qu'avait prise dans la religion de la Grande Grèce, vraisemblablement sous l'influence du pythagorisme, les doctrines relatives à la destinée de l'âme dans les demeures profondes où elle devait descendre. Ces doctrines pénétrèrent à Rome dès une époque reculée, probablement par l'intermédiaire de Cumes, d'où sont venus les livres sibyllins et qui était située à proximité de l'Averne, où l'on plaçait une entrée des Enfers (p. 56). D'autre part la grande métropole de Tarente était devenue le siège principal de l'école pythagoricienne et les découvertes par les fouilleurs de nombreuses images de divinités dionysiaques et infernales ont prouvé la place importante que le culte funéraire y tenait dans les préoccupations religieuses*. Cette puissante cité paraît avoir, dès le milieu du me siècle,