Sous des fardeaux sans nombre ils vivenl terrassés
Expression impropre. La figure est exagérée : on peut bien se représenter les mortels qui vivent courbés sous ^es fardeaux , mais non pas qui vivent terrassés.
\7 »....Etle ciel nous ordonne
Que y sans peser ses droits, nous respections son trône.
Le premier nous est ici de trop. On dit je vous ordonne défaire , om j ordonne que vous fassiez. Ou ne dit pas/e vous ordonne que vous fassiez.
On en voit k raison : c'est queTun des deux vous est inutile. Cette faute revient plusieurs fois dans les pièces de Voltaire.
AL çà, Nanîne,
Permettco^mo^ (jvici Ton vous destine , ete.
18. Nous yeuons lui porter des nouvelles heureuses. Elles sont donc pour nous , inhumaines , affreuses.
Quoique des noui^elles puissent être cruelles ^eWes ne sauraient être inhumuines ; cruel se dit également des choses et des personnes ; inhumain ne se dit des choses que quand elles blessent l'humanité : un traitement inhumain , un supplice inhumain^ etc. Des nouvelles ne sauraient blesser llmmanîté , et une pareille épithète blesse trop la langue et le goût; c'est pousser la négligence plus loin qu'il n'est permis à un grand écrivain.
9. Précipite un moment trop lent pour ma fureur, Ce moment de vengeance et que prévient mon cœur.
Cet hémistiche vague et faible affaiblit ce qui précède. La conjonction et est pour la mesure; prévient n'est pas le mot propre , c'est devance, La même faute de style se trouve dans les vers qui terminent ce couplet :
Immoler ce tjrim , le montrer à ma sœur.
Expirant sous mes coups, pour la tirer d'erreur.
Le dernier hémistiche pèche contre ce principe
essentiel , que le discours doit toujours aller en croissant. De plus, pour la tirer d'erreur se rapporte pour le sens à quand pourrai-je y qui commence la phrase quatre vers au-dessus; et une espèce d'apposition si traînante , qui finit une période commencée par un mouvement vif, énerve la diction : c'est plus que de la négligence, c'est de la faiblesse.