‹ Lymphangite Adénite et Adéno-Phlegmon de la Région MastoïdienneChapitre 7 sur 18 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Etiologie

La lymphangite périauriculaire et l'inflammation des ganglions mastoïdiens reconnaissent pour cause l’intro- ‘duction de germes infectieux dont la porte d’entrée siège en un point quelconque du territoire lymphatique de ces ganglhons.

Toute lésion cutanée (contusion, lésions de grattage, plaies par instrument tranchant ou piquant, érysipèle, fu-° roncle, impetigo, eczéma, echtyma du cuir chevelu, érythème des jeunes sujets, pédiculose, inflammation consécutive à la perforation du lobule pour y adapter des boucles d’oreille, inflammation se développant autour de l’othématome et des tophus des goutteux) peut amener ces affections. La seule nomenclature que nous venons de faire suffit pour caractériser ces causes ; il en est de même pour les lésions traumatiques du conduit auditif (fractures, plaies, corps étrangers accidentellement introduits, tentatives brutales d'extraction de ces corps étrangers, exco-

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riations- produites par le grattage, troubles de secrétion amenant la formation de concrétions cérumineuses).

Les inflammations parasitaires du conduit, les syphilides, le lupus et le psoriasis sont des causes rares : nous ne ferons que les mentionner pour insister sur celles beaucoup plus fréquentes dont nous allons parler maintenant.

« J’ai trouvé, dit Lamacq-Dormoy, dans la Gazette hebdomadaire des Sciences médicales de Bordeaux, 1804, les ganglions mastoïdiens enflammés avec une fréquence extrême dans les cas de végétations adénoïdes. Mais les végétations s’accompagnent-elles toujours d’adénite ? Chez mes malades, l'association a été constante et au début je croyais pouvoir conclure de la présence d’adénite mastoïdienne nette à l’existence de végétations. J’ai dû bientôt, devant de trop nombreuses exceptions, changer mes conclusions. Au cours de cette afféction, l’adénite peut présenter des caractères particuliers. Si les poussées d’adénoïdite sont fréquentes, les ganglions deviennent gros, douloureux ; ils forment autour de la mastoïde un bourrelet facilement perceptible au doigt, parfois visible sous la peau.

Quand l’adénoïdite disparaît ou s’atténue, les ganglions deviennent indolores, diminuent de volume, peuvent même disparaître, témoins fidèles de l’inflammation adénoïdienne. Il résulte de ces observations que l’adénite mastoïdienne n’est pas la conséquence directe des végétations mais qu’elle est due à l’inflammation du rhino-pharynx, si fréquente dans ce cas.

Dans la rhino-pharyngite simple chez l'enfant, on trouve en général les ganglions pré et rétro-auriculaires associés ; chez les adultes, les ganglions mastoïdiens sont le plus sou-

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vent moins marqués ou absents, les préauriculaires sont à peu près constants. Tous ces ganglions sont en général petits, aplatis, du volume d’une lentille. La pression à leur niveau est désagréable, parfois très douloureuse. Il est possible aussi quelquefois de reconnaître les Iymphatiques afférents augmentés de volume et douloureux. Ces ganglions sont mobiles sur le plan osseux. Dans plusieurs cas, chez des sujets ayant des coryzas fréquents, on peut constater une chaine continue de petits ganglions contournant loreille en dessous depuis le tragus jusqu’à la mastoide. On observe aussi dans ces cas des ganglions occipitaux. Ges ganglions douloureux peuvent faire prévoir l’apparition d’une rhino-pharyngite encore ‘dépourvue de symptômes.

OBSERVATION I (Lamaco-Dormoy)

92 ans atteinte depuis une dizaine de jours d’angine aiguë. L’analyse bactériologique dénote la présence de streptocoques, staphylocoques et de pneumocoques. Outre les ganglions sousmaxillaires je trouve les ganglions mastoïdiens et préauriculaires douloureux. Cependant il n’y a ni enchifrènement ni gêne rétro-nasale. Le 10 janvier seulement, apparait le catarrhe nasopharyngien avec difficulté de la respiration nasale.

L'existence du catarrhe nasal dans la rougeole nous fait présumer dans cette affection l'existence de l’adénite pré et rétroauriculaire. Elle y est constante ; elle y est précoce, perceptible avant l'apparition de éruption.

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© Le 6 janvier 1903, je suis appelé près d’une jeune fille de

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