‹ Lyon à l'Exposition universelle de 1889 (volume 2)Chapitre 55 sur 97 · DE · texte numérisé non relu

DE

L'École de Lyon a utilisé le mieux possible les ressources qui ont été mises à sa disposition pour donner une idée :

i° Des progrès réalisés depuis un siècle dans son organisation ;

20 De la nature et de l'esprit de son enseignement ;

30 De ses moyens d'instruction ;

40 Des travaux de ses professeurs ;

Pour atteindre le premier de ces objectifs, la directeur a fouillé dans les Archives lyonnaises, afin de trouver les documents nécessaires à la reconstitution matérielle de l'École vétérinaire telle qu'elle existait en 1789, et il a exposé des plans et dessins dressés d'après ces recherches en face des plans et des desssins qui représentent la disposition générale de l'établissement actuel.

A l'appui de ces documents graphiques, pour les animer et augmenter leur intérêt, il a écrit une brochure sur la création et l'évolution de l'École vétérinaire de Lyon, dont le titre principal Le berceau de l'enseignement vétérinaire , rappelle qu'à Lyon Bourgelat jeta les bases de notre instruction professionnelle. La nature et l'esprit de l'enseignement sont contenus dans les programmes détaillés des leçons et des travaux pratiques de chaque chaire, dans les considérations générales qui précèdent les programmes, et les règlements de tous les services.

Ces programmes et règlements sont enfermés dans des albums spéciaux à chaque chaire et accompagnés des plans détaillés des services et de quelques photographies représentant des installations particulières. Les albums avec les grands plans et la brochure sus-indiqués formeront un noyau précieux pour les Archives historiques de l'École vétérinaire de Lyon.

Les plans détaillés de chaque service donnent déjà une bonne idée de nos moyens d'instruction, car l'installation influe beaucoup sur la manière dont l'enseignement peut être fait.

Ces éléments ont été complétés par l'exposition d'instruments et appareils, de pièces de démonstrations et d'études, de dessins au trait ou à l'aquarelle et de photographies dont on se sert dans les cours ou les travaux pratiques. Nous nous sommes efforcés de prendre les objets exposés parmi ceux qui appartiennent

plus particulièrement â l'École de Lyon et que l'on ne rencontre pas habituellement dans les collections similaires ou qui se distinguent par la rareté ou l'originalité

Je citerai notamment : le grand enregistreur universel de M. Chauveau et le graduateur automatique des courants du même auteur, l'analyseur bactériologique de M. Arloinget l'appareil à contenir les chiens enragés de M. Galtier; une belle collection de graphiques sur les principales questions de la physiologie ; une excellente série de moulages peints d'après nature, représentant des régions et des organes de cheval, due à MM. Blanc et Seignol. un cheval pour la démonstration des aplombs et de la dynamique chez cet animal, d'après M. Lesbre : des pièces pathologiques et une nombreuse collection de fers, bien sériée, donnent une parfaite idée de l'histoire de la ferrure due à M. Violet et à M. Mathis ; des pièces et des aquarelles offrant des spécimens [des lésions causées par les maladies contagieuses exécutées sous la direction de M. Galtier; une collection de pièces squelettiques due à M. Cornevin, où l'on peut suivre les modifications que la charpente intérieure des mammifères domestiques subit pendant le développement, spécimen des collections nombreuses du même genre que ce professeur a accumulées dans son laboratoire; quelques types tératologiques envoyés par MM. Arloing et Guinard.

Enfin, les travaux des professeurs sont exposés en partie dans les appareils ou les dessins qui viennent d'être mentionnés ou bien sont représentés par une série de monographies, de mémoires ou d'ouvrages classiques sur toutes les branches de la biologie et de la médecine vétérinaire et par la collection du Journal de médecine vétérinaire et de zootechnie publié à l'Ecole de Lyon.

Récompense : Les Ecoles nationales vétérinaires de France ont obtenu un grand prix, dans la classe 75 ter, groupe 8.

ÉCOLE CENTRALE LYONNAISE

~$ -^ • > "-' "n"'-^" ondée en 1857 par un certain nombre de notabilités indus-

&• x-\^ trielles et commerciales de notre région. l'École Cen-

^1 A0 traie lyonnaise a pour but de donner aux jeunes gens

"T- T>| ' l'enseignement industriel dont la nécessité devient de

^ plus en plus impérieuse, urgente même, et qui sert pour

.y ^ -^-^/^ faciliter l'accès des carrières dans lesquelles on applique

\ ' % - .-I*fo -^L%^;p les théories des mathématiques, de la mécanique, de la

physique et de la chimie.

Lyon, par son industrie propre, par sa position dans une région où toutes les industries sont représentées par d'excellents types et par les ressourc : scientifiques que lui offrent ses savants, ses ingénieurs et les chefs de ses nombreuses usines, remplissait toutes les conditions qui rendent si difficile l'établissement d'une école industrielle. De plus, sa situation dans la région méridionale de la France, permet à un grand nombre de jeunes gens, pour lesquels l'éloignement de Paris eût été un obstacle insurmontable, de participer aux avantages de cet enseignement.

La Chambre de Commerce, le Conseil municipal, le Conseil général du Rhône, comprenant l'utilitéd'une école de ce genreontvoulu apporter leur collaboration par des allocations annuelles sous forme de bourses /cordées au concours.

De leur côté, les chefs d'industrie de Lyon et des environs, mettant de côté une réserve assez générale, ont autorisé les élèves à visiter leurs usines, etfacilil ainsi l'enseignement de l'Ecole en leur donnant la possibilité de s'initier d'une manière directe à l'industrie par l'étude des machines et le contact de l'atelier.

Les cours s'ouvrirent au mois de novembre 1857, dans un local aménagé à la hâte, situé quai Castellane (actuellement quai des Brotteaux). Pendant cette première année scolaire 1857-18^8, 14 élèves suivirent les cours de première année d'études. La deuxième année scolaire 1 85 8- 1 8 59, fontionnaavec 38 élèves, se composant des 14 élèves de l'année précédente et de 24 élèves nouveaux. La troisième année scolaire 1859-1860 fonctionna avec 50 élèves. A partir de cette époque, le roulement des élèves s'établit en moyenne entre 50 et 60 élèves, répartis dans les trois années d'enseignement.

A cette époque, le programme de l'enseignement, comprenait les cours suivants : mathématiques, mécanique, physique, chimie, résistance des matériaux, hydraulique, métallurgie, exploitation des mines, constructions civiles, construction des machines, industrie de la soie, filature, moulinage, tissage, dessin industriel, langue anglaise, législation industrielle, comptabilité, histoire naturelle, géologie, minéralogie, atelier de travaux manuels.

A la fin de l'année scolaire 1867-1868, ily eut un changement de Direction, et dans le courant de l'année 1868-1869, l'Ecole fut transférée quai Joinvilie (actuellement quai de la Guillotière), dans des bâtiments construits spécialement sur un terrain appartenant aux hospices civils de Lyon et loué à long terme. En 1878, les bâtiments subirent une dernière transformation et les cours se complétèrent par l'installation d'un atelier de machines-outils, mises en mouvement par une machine à vapeur de 10 chevaux. A partir de cette époque le programme qui avait déjà subi diverses modifications fut définitivement arrêté.

Par sa délibération en date du 20 juin 1860, la Chambre de Commerce avait voté une somme de quinze cents francs, à attribuer par parts de cinq cents francs, à trois élèves, de manière à ce qu'il y eût toujours un élève boursier de la Chambre dans chacune des trois années d'études de l'Ecole. Depuis cette époque le même crédit a été voté tous les ans. En 1872, la Chambre de Commerce a pris une part active au fonctionnement de l'École en lui affectant une subvention de deux mille francs qui a été portée à quatre mille francs l'année suivante, et qui s'est maintenue à ce taux jusqu'à ce jour. En 1880, la Chambre de Commerce a pris une part de fondateur de trois mille francs, part qui a été transformée en six actions de cinq cents francs, lors de la constitution de la société, sous forme de société anonyme par actions en 1883. Pendant les années 1883 et 1884, la Chambre a voté une bourse supplémentaire de neuf cents francs en faveur d'un élève de la Martinière. En 1887, lors de l'augmentation du

ECOLE CENTRALE LYONNAISE

capital social, la Chambre de Commerce a souscrit six nouvelles actions de cinq cents francs. Enfin, en 1887, la Chambre a voté une bourse supplémentaire en faveur d'un autre élève de la Martinière, et en 1888, elle a placé l'Ecole sous son éminent patronage.

Depuis la création de l'Ecole, 650 jeunes gens, environ, en ont suivi les cours et 417 y ont complètement terminé leurs études. Sur le nombre, 80 élèves ont obtenu un diplôme de première classe et 204 élèves un diplôme de deuxième classe.

Presque tous les élèves sortis de l'Ecole, occupent des positions dans l'industrie et pour la plupart dans notre pays. Cependant il y en a neuf dans les colonies françaises et vingt-quatre dans différents pays étrangers.

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