‹ Lyon à l'Exposition universelle de 1889 (volume 2)Chapitre 72 sur 97 · VON · texte numérisé non relu

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derniers, leur bonne tenue dans les cours, leur attachement profond à l'institution.

11 en résulte naturellement que l'action morale de la Société sur les jeunes gens des deux sexes est peut-être encore supérieure à son action intellectuelle et professionnelle. La fréquentation des cours et des réunions de la Société contribue à leur éducation autant au moins qu'à leur instruction.

Les sociétaires se recrutent dans toutes les classes de la population lyonnaise, aussi bien les plus riches que les moins aisées. Les membres du Conseil d'administration appartiennent aux milieux sociaux et aux opinions politiques et religieuses les plus divers, et tout le monde s'entend sans peine sur ce terrain neutre de l'amélioration intellectuelle et morale des masses.

C'est en raison de leur affection réelle pour la Société et de leurs sentiments de cordiale camaraderie que les élèves ont fondé, en 1880, Y Associa/ion des anciens Elèves. Cette Association, divisée en groupes de quartiers ayant des bibliothèques et des salles de réunion, a une vie très animée. Elle possède une caisse de retraites pour tous ses membres, dotée déjà d'un capital important.

De nombreuses imitations de la Société d'Enseignement professionnel du Rhône ont été faites en France et à l'étranger, particulièrement en Suisse, en Belgique et en Italie.

La Société a obtenu une médaille d'or à l'Exposition de 1878. A l'Exposition de 1889, elle a obtenu un grand prix, son Président, M. Mangini, une médaille d'or et plusieurs de ses collaborateurs, diverses récompenses.

La Société d'Enseignement professionnel du Rhône a rendu depuis vingt-cinq ans et rend tous les jours d'immenses services au commerce et à l'industrie lyonnaise. Non seulement elle fait très grand honneur à la ville de Lyon, mais elle est une des institutions d'initiative privée les plus remarquables de notre pays.

Depuis de longues années elle est dirigée par M. T. Lang, qui est directeur aussi de l'École La Martinière et auquel ces deux institutions sont redevables pour bonne part de leur développement et de leurs succès croissants.

OBSERVATOIRE DE LYON

! Observatoire de Lyon, dont la création, décidée

, en 1878, a été confiée à M. Ch. André, est dû à la

M- coopération financière de l'État, de la Ville et du dépar-

tement du Rhône. En tant qu'immeuble, il est la propriété de la ville de Lyon et il a été construit par son architecte, '$? M. Hirsch.

sg^ Situé à dix kilomètres environ du centre de la ville, sur le territoire de la commune de Saint-Genis-Laval, au lieu dit Beauregard, cet établissement, établi sur un mamelon isolé, à la cote de 300 mètres, jouit d'une vue des plus étendues ; son horizon, entièrement libre, s'étend des Alpes aux plus hauts contreforts des montagnes du Lyonnais, en passant par le Pilât ou le massif du Mont d'Or.

Il se compose [fig. 1), d'un ensemble de pavillons ayant tous leur fonction distincte, et chaque instrument y a sa maison spéciale construite de façon à réaliser le mieux possible les conditions les plus favorables aux observations auxquelles il est destiné. Chacun de ces pavillons est d'ailleurs assez éloigné des autres, de façon que tous soient pour ainsi dire absolument indépendants.

Les travaux dont s'occupe l'Observatoire de Lyon, se rapportent à trois branches distinctes, quoiqu'ayant d'ailleurs entre elles d'étroites relations : Outre les travaux astronomiques proprement dits, on y étudie, en effet, le magnétisme terrestre et l'ensemble des phénomènes météorologiques qui

intéressent le climat de la région. Cette division même sera celle que nous adopterons dans cette courte notice.

I. Astronomie. — Les principaux instruments que possède l'Observatoire de Lyon sont des instruments méridiens et des instruments équatoriaux.

a) Instruments méridiens. — Outre un petit cercle méridien de Rigaud, dont la lunette a 60 centimètres de distance focale et qui sert surtout à l'instruction des étudiants de la Faculté des Sciences, on trouve à l'Observatoire un beau cercle méridien, dû à Eichens et qui fut le premier construit, en France, sur ce modèle (fig. 2 et 3).

Son objectif, de 16 centimètres d'ouverture libre, a 2 mètres 20 de distance focale et les deux cercles divisés symétriques qui servent à la détermination des déclinaisons ont 60 centimètres de diamètre; la graduation tracée sur argent donne directement le douzième de degré, soit les cinq minutes d'arc, et les lectures y sont faites au moyen de quatre microscopes micrométriques qui permettent d'obtenir le dixième de seconde d'arc.

Les tourillons de l'axe de rotation de l'instrument et l'appareil porte-microscopes sont portés par deux bâtis en fonte bien ajourés, identiques, dont la hauteur est telle que leurs bases dépassent de dix centimètres environ les points les plus bas des cercles divisés et qui reposent sur deux piliers en pierre encastrés eux-mêmes dans un puissant massif en maçonnerie qui forme la base même de l'instrument.

Celui-ci est d'ailleurs complété par un système de deux mires collimatrices opposées, un bain de mercure pour les observations par réflexion, un oculaire nadiral et un niveau à bulle d'air. Les cercles, le champ de la lunette, le niveau et le cadran horaire qui sert aux observations de passages, sont d'ailleurs éclairés à la lumière électrique afin de diminuer autant que possible les chances d'échauffement.

Cet instrument est abrité par une salle de 8 mètres de long sur 6 de large, dont le plancher est traversé par des rails en cuivre, indépendants de lui et servant au bain de mercure, et dont le toit est formé de deux parties mobiles sur des rails pouvant laisser entre elles un intervalle de 3 mètres de large destiné non seulement à découvrir le ciel pour permettre les observations, mais aussi à amener un rapide équilibre de température entre l'intérieur de la salle et l'extérieur.

mg. S. — CERCLE MERIDIEN EICHE

OBSERVATOIRE DE LYON

Pour utiliser les excellentes conditions dans lesquelles se trouve cet appareil, soit au point de vue de la stabilité, soit à cause de sa situation isolée, on le fait actuellement servir à la détermination des positions absolues d'un certain nombre d'étoiles dites fondamentales destinées à servir de points de repère pour l'ensemble des autres observations.

L'appareil qui sert à donner l'heure dans cette salle méridienne est un cadran électrique commandé par la pendule type de l'Observatoire. 11 en est de même pour toutes les salles d'observation; dans chacune d'elles, est un cadran identique à celui que l'on voit à côté de l'instrument méridien et qui est commandé par la même pendule. De cette façon toutes les salles d'observation ont évidemment la même heure et cette unification de l'heure pour tout l'établissement est obtenue de la manière la plus simple. La pendule maîtresse est installée dans une salle spéciale où la température est sensiblement constante et où on a cherché à éliminer les plus importantes des causes qui pourraient en faire varier la marche.

b) Instruments équatoriaux. Le plus puissant des équatoriaux de l'Observatoire de Lyon est du système imaginé récemment par M. Lcewy et auquel il a donné le nom à'Equatortal coudé (fig. ij ; le tube de cet instrument est, en effet, formé de deux parties d'égale longueur à angle droit l'une sur l'autre, dont l'une portant l'oculaire est dirigée suivant Taxe du monde et tourne sur elle-même tandis que l'autre, portant l'objectif est entraînée par le mouvement de rotation de la première, en sorte que son axe décrit un plan parallèle àl'équateur. A l'extrémité de cette seconde partie est un cube mobile autour de son axe, et dont une face latérale porte l'objectif, de façon que l'axe optique de celui-ci décrive ainsi un plan perpendiculaire à l'axe de cette seconde partie. Ce même cube renferme suivant sa section diagonale opposée à l'objectif un miroir plan qui renvoie suivant l'axe du tube porte-objectif les rayons réfractés par celui-ci.

Au point de rencontre des axes des deux portions du tube, ces rayons trouvent un second miroir plan horizontal qui leur donne à tous, comme direction définitive, celle de l'axe du monde et par suite les fait parvenir dans le champ de l'oculaire.

Au moyen de manettes aboutissant à portée de la main de l'observateur, celui-ci peut commander les mouvements de rotation du cube porte-objectif et du bras qu'il termine; leurs déplacements se lisent sur des cercles divisés qui forment pour ainsi dire la plate forme du coulant de l'oculaire.

Tout le système peut d'ailleurs être entraîné par un mouvement d'horlogerie, qui permet de rendre fixe dans le champ l'astre que l'on étudie.

Les dimensions de cet équatorial, dont la partie mécanique est due à M. P. Gautier et la partie optique à MM. Henry frères, sont les suivantes :

Ouverture libre de l'objectif o"^:;

Distance focale de l'objectif 7,80

Diamètre du grand miroir 0,5 o

Diamètre du petit miroir 0,35

Diamètre du cercle de déclinaison. . . 0,4$ Diamètre du cercle d'ascension droite . 0,^0 Diamètre du cercle de position. . . . 0,26

A cet instrument est joint un équatorial ordinaire, de dimensions environ moitié moindres (fig. 5) et qui a été construit par MM. Brunner Frères : son objectif a 15 centimètres d'ouverture libre et 2 mètres 30 de longueur focale; le cercle d'ascension droite a 40 centimètres de diamètre et celui de déclinaison 20 centimètres. Cet instrument est muni de deux micromètres, l'un à double vis micrométrique pour les mesures d'étoiles doubles, l'autre à une seule vis et à fils un peu plus gros pour les comètes. Un mouvement d'horlogerie permet d'ailleurs de lui faire suivre les astres dans leurs mouvements.

c) Astronomie expérimentale. L'Observatoire possède en outre une grande chambre noire de 130 mètres de long, destinée aux expériences d'astronomie expérimentale. Ces expériences ont pour but, soit l'étude optique des instruments d'observation, soit l'étude de certains phénomènes astronomiques, effectuée en vue d'obtenir les causes d'erreurs qui entachent leur observation et les moyens d'en réduire l'influence au minimum.

Comme accessoires de ce service figurent un moteur de 4 chevaux, un dynamo, un régulateur électrique, un grand miroir héliostat pour la lumière solaire et un laboratoire photographique.

II. Magnétisme terrestre. — Toutes les déterminations relatives au magnétisme terrestre se font dans un pavillon spécial composé d'un sous-sol et d'un rez-de-chaussée, séparés l'un de l'autre par une voûte en briques portant un plancher sur bitume. Le sous-sol, qui est d'ailleurs aéré par des prises d'air allant jusqu'au dessus du toit, dont tous les jours sont fermés par des verres anti-photogéniques et dont les parois sont silicatées au noir de fumée, se divise

OBSERVATOIRE DE LYON

en deux parties : l'une renferme les trois instruments du magnétographe enregistreur de M. Maseart; l'autre est un petit laboratoire destiné aux opérations photographiques que nécessite la première. Le rez-de-chaussée renferme sur des piliers en pierre portés par la voûte, les instruments de déterminations absolues ; une mire analogue aux mires méridiennes, dont l'azimut a été déterminée une fois pour toutes, sert de repère pour la déclinaison.

Il est presque inutile de dire que pas un atome de fer n'est entré dans la construction de ce pavillon; il y est partout remplacé par du cuivre.

III. Météorologie. — Le service météorologique comprend deux sortes d'instruments : les instruments normaux et les appareils enregistreurs.

Les thermomètres normaux sont placés à 3 mètres du sol, sous un abri du genre Montsouris, établi au milieu d'une vaste pelouse; non loin de là est le néphoscope destiné à donner la direction et la vitesse du déplacement des nuages; le baromètre normal est placé avec les enregistreurs dans un pavillon spécial, qui est désigné sur le plan d'ensemble sous le nom de pavillon météorologique.

Ce pavillon se compose lui aussi d'un sons-sol et d'un rez-de-chaussée; mais il a en outre cela de particulier que la partie médiane de son toit forme une plateforme, à laquelle donne accès un escalier en fer, et qui porte les anémomètres et les girouettes, ainsi que l'entonnoir du pluviomètre enregistreur.

Le rez-de-chaussée comporte un cabinet de travail pour les observateurs, et une salle pour les instruments. Cette dernière renferme une série d'enregistreurs du système Rédier, comprenant baromètre, thermomètre, hygromètre à 6 cheveux, girouette flottante, anémomètre, pluviomètre (au dehors est un pluvioscope), un séismographe de M . Angot et le collecteur de l'enregistreur de l'électricité atmosphérique de M. Maseart.

On y trouve aussi l'appareil envoyeur du signal horaire quotidien pour le réglage du poste central horaire établi à Lyon et les appareils télégraphiques et téléphoniques qui mettent l'Observatoire en communication avec la ville.

Le sous-sol renferme une chambre noire pour l'enregistreur photographique d'électricité atmosphérique et un petit laboratoire correspondant, une salle pour les piles, et enfin une chambre spéciale qui contient les pendules, soit de temps sidéral, soit de temps moyen, les chronomètres et le chronographe qui sert aux comparaisons des premières. Un thermomètre enregistreur est en outre installé sous un abri spécial en dehors du pavillon au milieu d'une vaste pelouse.

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Fig 6. - EQUAT0R1AX BRUHNER

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