‹ Lyon de 1778 au Directoire, notes et documents; (volume 2)Chapitre 10 sur 23 · VENTOSE AN V · texte numérisé non relu

VENTOSE AN V

Le général Canuel n'avait pas prévu l'abus que certaines sentinelles circonvenues ou mal intentionnées pourraient faire de ses instructions (de faire passer au large, de tirer après trois appels de Qui vive ! restés sans réponse pendant la nuit , d'interdire toute circulation dans les rues, passé dix heures du soir, de dissiper tous les rassemblements de plus de trois personnes, et, en cas de résistance, d'arrêter les récalcitrantsj. » Un jeune homme qui se retiroit paisiblement, écrit Pelzin, a reçu un coup de fusil dans la cuisse. La sentinelle a Lut feu sur lui par la seule raison qu'il n'avoit point de lumière, quoique l'heure prescrite pour en avoir n'eût pas encore sonné, quoique l'ordre n'autorisât la sentinelle à employer la force que contre la force. Le général vient de donner un

ordre modifîcatif du premier. Peut-être ce nouvel ordre ;;ura-t-il encore besoin d'être modifié. »

L'ordre du générel Canuel était ainsi conçu : « Le général de division Canuel 'considérant qne dans l'ordre donné le 5 du courant, qui rappelle à l'exécution de l'article 70 du titre 11 de l'ordonnance, il n'a eu en vue que de prévenir le retour des événemens, qui l'ont décidé à prendre les mesures indiquées par cet ordre, c'est-à-dire d'empêcher qu'aucune sentinelle ne puisse jamais être désarmée, et qu'un poste ne soit dans le cas d'essuyer un traitement pareil à celui qu'éprouva celui de Saint-Clair, dont le chef et la sentinelle ont été frappés ;

Considérant que dans une ville aussi populeuse que Lyon, il peut résulter de la légèreté que les sentinelles mettroient à faire feu, qu'un citoyen honnête, qui n'auroit rien à se reprocher devant la loi, soit atteint du coup qui menaçoit le perturbateur.

Ordonne ce qui suit ; Aussitôt la retraite battue, toute sentinelle devra crier : qui 'vive ? sur tous individus passant ; après avoir répété trois fois ce cri, si on ne lui répond pas, la sentinelle criera : lialtc-là ; et si enfin on persiste à garder le silence, ou si on ne lui répondoit que par des invectives, elle préviendra qu'elle va faire feu, ce qu'elle exécutera, dans le cas où elle auroit à faire à plusieurs individus, et même dans celui où elle auroit à faire à un seul, s'il marchoit sur elle.

Il n'y a que les sentinelles postées depuis dix heures jusqu'au jour, qui pourront exiger que les citoyens ayent du feu ; eu rappelant cette forme aux citoyens, elles devront se conlormer aux mesures de prudence prescrites par l'article précédent.

Le général divisionnaire, Canuel.

Ptliin, Journal de Lyon, n° i8o, (77 ventôse, an f'), 7 mars 1797.

27 mars 1797

Page 1