FORMES CORRESPONDANTES
mes; les deux premières masses, avec 114 syllabes, contrebalançant les 105 syllabes des deux dernières.
L'ensemble O, 5,1 est analogue, avec ses quatre masses sensiblement égales : 23 pieds, 21, 20, 22; l’idée de symétrie étant précisée par le fait que, ici encore, les masses extrêmes se répondent, comme plus lourdes.
O 84,1 est composé de deux strophes, dont la seconde présente, à deux points de vue, une image retournée de la première : p. 90.
Cette distribution symétrique binaire peut organiser une strophe comme elle peut organiser tout un ensemble. Aïnsi p. 140, c’est une strophe que nous voyons formée de kvers respectivement de 10,9,9,10 syllabes.
10. FORMES CORRESPONDANTES TERNAIRES : La structure a trois masses, les deux extrêmes se répondant symétriquement pas rapport à la masse centrale, semble plus fréquente.
O 17,1 est fait de deux masses plus lourdes, 28 syllabes et 9 pieds d’une part, 30 syllabes mais 8 pieds d’autre part, se répondant symétriquement par rapport à une masse centrale moins lourde. Elles sont égales de la pseudo égalité, faite d’inégalités, que nous avons signalee. Mais la symétrie n’est pas seulement toute globale : ces deux strophes qui se répondent sont faites de deux vers chacune, un plus long suivi d’un plus court; et les deux premiers vers sont semblables, les deux seconds égaux. On voit comme la symétrie se poursuit loin; mais partout, avec le même papillottement dans la façon dont se répondent les images.
Un type analogue se verra à la p. 69: les deux masses extrêmes, plus lourdes, se renvoient par rapport à la masse centrale l’image de leur pseudo-égalité : de cinq vers chacune, la première a 59 syllabes et 12 pieds, la dernière a 52 syllabes mais 15 pieds.
Nous avons un exemple, p. 95, de masse centrale tellement réduite, que c’est plutôt un point central dans une structure à deux membres. Ces membres extrêmes, quoique très grands, se correspondent avec une rigoureuse pseudo-égalité, si l’on peut dire: 137 syllabes et 45 pieds, contre 141 syllabes mais 43 pieds.
P. 128, on a la structure ternaire assez déformée, 19, 15, 27 syilabes, représentant le même type d'une masse centrale entre deux masses plus lourdes. La symétrie de celles-ci est précisée, elles se font image, de ce qu'elles sont essentiellement formées l’une et l’autre de trois vers à la fois égaux et semblables entre eux.
Une déformation analogue, avec image de la première à la dernière masse, p. 133. Les premier et dernier vers, points sensibles, y sont même identiques.
On trouvera encore des types de ces structures, p. 110, 112, 140.
CORRESPONDANCES COMPLEXES : Cette ébauche de classement ne saurait s'étendre à toutes les possibilités de régularités par correspondances, à toutes les façons de se répondre symétriquement.
Dans O 8,1, la symétrie est dans la distribution des structures semblables, p.
Dans O 38,1, elle est dans la distribution des terminaisons masculines et féminines. Quoique, de O à D, il y ait eu des corrections dans ces terminaisons mêmes, elles n’ont pas changé la distribution, p. 96.
__ P. 96, on voit la symétrie résulter de particularités
identiques dans les strophes 1, 3, 5; et d’autres particularités identiques dans les strophes 2 et 4; formant au total un ordre symétrique.
P. 100, nous avons observé une structure symétrique extrêmement minutieuse et délicate.
P. 119, la symétrie est dans la distribution des vers semblables et des silences.
D'autres structures sont un mélange de continuité et de correspondance : p. 62, les strophes, toute de deux vers, ont toutes le premier vers toniquement plus long que l’autre. La strophe médiane à ses deux vers semblables respectivement aux deux derniers vers des strophes extrêmes.
On verra, p. 96, dans cette extraordinaire symphonie de l’orage où on a rencontré le type symétrique le plus compliqué, un type continu-correspondant également d’une complication extrême.
Voici encore quelques types variés de correspondances, qui ne sont guère d’allure symétrique, mais plutôt comme des continuités à distance, une suite avec des éclipses : cela va d’une strophe à la suivante.
En tel endroit (p. 42), les deux premières strophes débutent de même; et la distribution des terminaisons
féminines est, dans l’une, l'inverse de ce qu’elle est dans l’autre.
Ailleurs, p. 51, la première strophe est faite d’une tripodie suivie d’une pentapodie ; la deuxième strophe est faite de trois tripodies suivies d’un pentapodie : ces deux pentapodies sont fortement analogues, et se terminent sur le même pied.
Ou bien les deux premières strophes ont leurs premiers vers semblables : p. 136.
Ou deux strophes symétriques successives ont, l’une ses trois vers, l’autre ses trois premiers vers, respectivement semblables : p. 140.
Ou bien, dans toutes les strophes d’un ensemble, les vers vont en croissant : 137.
Cette infinie variété dans la façon d’être un, que présentent ces formes sonores, s'opposent à la monotonie qu’on prend pour définition du vers et de la poésie ; et laisse entrevoir dans ce vers même des diversités oubliées. ou cachées, qui sont sa définition réelle comme être poétique. Le lyrisme, comme on voit ici, n’a rien qui ressemble à la rame d’une galère.