‹ Lyrisme et Structures Sonores: Nouvelles méthodes d'analyse des rythmes appliquées à Atala de ChateaubriandChapitre 72 sur 77 · VAGUES ET PLISSEMENTS LYRIQUES · texte numérisé non relu

VAGUES ET PLISSEMENTS LYRIQUES

rie, On pourrait citer comme exemple la première partie ‘ de I Fuoco, que conclut l'hommage à Venise. Atala n’est pas coulée d'un seul jet. Chateaubriand n’écrit pas ainsi. Irefera le discours du P. Aubry sion le lui demande. On signalera chez lui, à diverses époques de sa vie, un art exquis d’accommoder des passages écrits autrefois, et même des passages écrits par d’autres. Bref, quoiqu'il ait souvent, comme tout lyrique, l’âme d’un fondeur; il a aussi, comme presque tout français, l’âme d’un constructeur. De courts passages, comme ceux que nous avons retenus, sont du fondeur. Dans un ouvrage d’une certaine étendue, comme Atala, le constructeur intervient aussi nécessairement. Et alors, à ce phénomène complexe, il y a peu d'intérêt à appliquer, du moins sans longues exégèses, une analyse graphique du type précédent. Ou plutôt, elle ne renseigne pas immédiatement.

Même à l'œuvre d’un fondeur, on ne saurait l'appliquer sans se rappeler que nous n’aurions là qu'une déformation spatiale de ce qui se passe dans la durée.

Aussi nous garderons-nous ici d’une stricte application de cette méthode, pour en retenir plutôt du qualitatif. Voici quelques remarques que l’on peut faire :

Les points ne tendent pas à se distribuer d’une façon uniforme, mais à se grouper. Autrement dit, non seulement ces pages sont des sommets lyriques, mais elles tendent à venir par grandes vagues lyriques, séparées par des dénivellations de peu de lyrisme.

Ainsi, c'est une surface d'onde assez calme, avec quelques remous et vaguelettes, et une seule vague

forte (p. 38) qui va de la p. 18 à la p. 61. De même, de 119 à 137, ou de 148 vers 173, c’est encore surfaces lisses de dénivellations; non sans quelques légers tourbillons ou remous d’onde, bien entendu.

Une autre remarque, c’est que les vagues se pressent, que le lyrisme culmine, vers le milieu de l'étendue. Vers les deux bords, c’est-à-dire du début à la page 60 environ, et de 120 à la fin, ces vagues se font plus rares.

3. LES ZONES LYRIQUES DU POÈME. Si on regarde ainsi les vagues se grouper, on voit se dessiner dans le poème de grands plissements. Ce sont des zones ayant un caractère individuel, mais qui restent fondues dans le tout, qui même ne sont pas entièrement saisies dans un même mouvement. Voici comment semblent se grouper les pages lyriques précédentes, ou plutôt voici les grands plissements d'onde dont elles sont les vagues :

17 tristesse de Chactas.

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