XIV PRÉFACE
calomnie l'historien^ sans s'inquiéter de se contredire dans ses paroles, lorsqu'il ne veut montrer dans l'attachement « sincère » de M. Thierry à la religion catholique qu' « un sentiment exquis « des convenances et une merveilleuse entente de « l'art de construire une belle vie(l). » L'art de construire une belle vie consiste-t-il à passer par le séminaire pour arriver à la Vie deJésust II y a eu dans l'âme de M. Aug. Thierry , un combat que tous les chrétiens connaissent et dont un judaïsant seul pouvait médire. Saint Augustin a raconté cette histoire, il y a quatorze siècles. Les corruptions de l'intelligence sont, en effet, aussi difficiles à soumettre et à vaincre que les révoltes de la chair. L'homme perverti dans son esprit, comme celui qu'emportent les sens, peut longtemps avant de se décider à l'embrasser intégralement, entrevoir et même reconnaître spéculativement la vérité qui l'attire et qu'il fuit. Demain ! demain ! C'est le mot de tous les pécheurs, aussi bien des beaux-esprits que des libertins.
M. Renan a beau jeu, dans sa vilaine besogne, de soutenir que M. Thierry « prenait et laissait »
(1) M. Renan, p. 136.