LIVRE II. — CHAPITRE UU
la majesté de l'empire eut à subir Taffront que lui imprima Évaric, qui traita avec elle d*égal à égal. Jusque-là les Barbares s'étaient contentés de ]a puissance ; ils laissaient toujours à l'empire une certaine supériorité d'honneur envers laquelle ils conservaient une apparente soumission. L'humiliation de l'empire et l'abandon de l'Auvergne éclairèrent les populations catholiques de la Gaule sur la nécessité de chercher une protection : c'est alors qu'au milieu des ariens qui les entouraient et les opprimaient, leurs regards s'attachèrent avec plus d'insistance sur les Francs. Quoi qu'en dise M. Thierry, cette pensée était bien naturelle. Elle était légitime et politique.
La sympathie que l'historien témoigne pour la domination des Bourguignons ne parait pas appuyée sur des témoignages plus authentiques que celle qu'il montre pour les Visigolhs. C'est étrangement abuser des fictions de la décadence de l'empire que de s'appuyer sur les traités et sur l'entrée des Bourguignons dans les Gaules, à titre d'hospitalité, pour vanter la douceur de leur établissement (1). L'historien de la vie de saint Sigismond ne voyait pas les choses comme notre contemporain. Les Bourguignons, dit-il, pénétrèrent dans les Gaules à la mode des Barbares ; ils envahirent cruellement les peuples
(<) Letl. 9ur Vhist. deFr.^ p. 96.
et les terres ; ils massacrèrent ceuK d'( (
lois qui jie s'enfuirent pas à leur approc ^)» ] grands désastres, que les autres lùsl < e
qui assaillirent la cité de Tienne au i <
domination bourguignonne, ces band de qui parcouraient les campagnes et pénétraient j | dans Tenceinte des villes (2), témoignent < et de la destruction que ces hôtes de Tempire daient autour d'eux* M. Thierry a eu bien so de relever les circonstances analogues qui signalèrent la marche des Francs, mais l'esprit philosophique exigeait qu'on ménageât les sectateurs d'Axius*
Les rois bourguignons ne resseemblent cepeiidaiit pas à ce roi des Yisigoths, que saint Sidoine Tient de montrer intolérant dans son erreur qu'U regardait comme la seule religion véritable (3). Uâme de Gon- ' debaud était en proie aux doutes ; il consultait les évêques catholiques ; il voulait avoir des conférei \ avec eux : il consentait à ce qu'ils en eussent avec évêques ariens en sa présence. M. Thierry ( ire que, dans ces conférences, les évêques cal 1 a traitaient rudement le roi, l'appelant i et.
apostat (4). Il est singulier que l'historien i
(4) Boll.^daSS.,Maii.
(2) S. Greg., lib. II, c. XXXIV. ^
(3) S. Sid., EpUt., lib. VII, ep. 6.
(4) Hist, de la conquête cCÀngleL^ lom. I, p. 64. La d»nière édiliun a supprimé ces déudls par trop pilloresciMS-