‹ M. Augustin Thierry: son système historique et ses erreursChapitre 131 sur 214 · UVRE II. — GHAPTRE III · texte numérisé non relu

UVRE II. — GHAPTRE III

les Gaules le système d'extinction du clergé orthodoxe, que les rois Vandales avaient essayé en Afrique et qu*Hunéric trouvait trop lent à ses désirs. L'espérance des populations menacées dans leur foi se tourna alors avec une nouvelle vivacité vers les Francs, et selon l'expression de saint Grégoii'e^ tout le monde soupirait après leur domination avec un désir d'amour (1). Ce sentiment ne se manifesta que dans les pays d'outre-Loire soumis à la domination arienne. Au nord du fleuve, les Francs restaient un peuple ennemi et païen qu'il fallait combattre. Saint Remy avait déjà d'intimes relations avec ce peuple et ses rois : il s'efforçait de faire pénétrer au milieu d'eux la lumière du Christ. Avant le baptême de Clovis, il avait converti plusieurs de ses fidèles : la nation païenne, à laquelle appartenaient le père et la mère de saint Arnould convertis par Tévêque de Reims, semblerait devoir être celle des Francs (2). Mais les relations de saint Remy avec la famille mérovingienne et les espérances, que pouvait nourrir à cette ocasion l'évêque de Reims, la liberté même qu'il avaitconquise de donner des conseils sur la conduite à tenir vis-à-vis des évêques et les devoirs à remplir envers les peuples (3) n'empêchaient pas

(4) f Amore desiderabili i. Lib. 2, c. XXin.

(2) Boliand, 18 julii.

(3) HisL de Fr.y tom. IV, p. 51. Episi. S. Remigii ad Clodoveum. Les Bénédictins^ le P. deLongaeyal et le P. Sirmond

Tanimosilé des guerres; les historiens rapportent qu'après la défaite de Syagrius, Clovis eut à soutenir de grandes guerres dans le nord delà Gaule. Un historien de sainte Geneviève dit que la ville de Paris

donnent à celte lettre la date de 507, et la croient écrite à Toccasion de Texpédition contre les Visigoths. M. de Pétigny suppose qu'il la faut reporter à l'année 481, il la croit écrite à Toccasion de Tavénement de Clovis. Le texte de la lettre confirme cette hypothèse. L'évoque y parle en ami et en père : « Que le jugement du Seigneur, dit il, ne vous aban- « donne jamais... Ayez de sages conseillers dont le renom a ajonte à votre réputation. Soyez chaste et honnête dans la « pratique de votre puissance. Honorez, les évoques etrecoutt rcz à leurs conseils. Si vous vous accordez avec eux, tout « ira bien dans votre province. Protégez les citoyens, sonla- « gez les affligés, secourez les veuves, nourrissez les pau- « vres; que tous vous aiment et vous craignent en même « temps. Que la justice sorte de votre bouche. Que votre tt prétoire soit ouvert à tous et que personne n'en sorte « affligé... Employez vos richesses à racheter les captifs... Si u un étranger se présente devant vous ne lui faites pas sentir « qu'il est étranger... Délassez-vous avec les jeunes gens, « traitez de vos affaires avec les vieillards...» Celte belle lettre commence par ces mots : Rumor ad nos pervenit adminîstrationem vos secundam rei bellicœ suscepisse. C'est ce que le P. Longueval traduit : « Le bruit est venu jusqu'à nous que vous allez entreprendre une seconde expédition militaire. » M. de Pétigny propose de traduire: a Que vous avez heureusement pris le gouvernement des affaires militaires) » et il croii que Clovis succcéda à son père tout à la fois dans le titre de chef des Francs et dans celui de maître des milices romaines dans les Caules. Les conseils que renferme cette lettre paraissent d'ailleurs s'adresser à Tadolescenee de Clovis plutôt qu'à son Age mûr.

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