LIVRE III
ensuite la justice de sa cause et supplia Dieu de la prendre en main (1). Pendant ce temps, dans l'autre armée, après la débauche s'éveillaient l'inquiétude et l'hésitation ; les frères d'Harold lui rappelaient son serment, le suppliaient de ne pas combattre. Il ne faut pas imiter l'école moderne et conclure du particulier au général ; il est permis toutefois de trouver dans ces faits comme une indication ; et en considérant les deux armées en présence, il n'y a pas à se scandaliser de celle qui avait reçu les bénédictions du Pape.
Nous ne prétendons pas laver la mémoire de Guillaume de tous les crimes qui excitèrent en lui les remords que nous avons signalés. L'enivrement du succès et les besoins de la politique lui firent dépasser de beaucoup les limites de la justice ; ses successeurs marchant dans les mêmes voies s'attirèrent bientôt de graves démêlés avec l'Eglise, Mais il fallait préciser les premières circonstances de la conquête, marquer l'inanité des droits d'Harold, la légitimité de ceux de Guillaume et le péril de l'extinction complète de la foi catholique où le triomphe de la faction, que M. Thierry appelle le nation anglosaxonne, eût mis inévitablement rAngleterre.
(1 ) « Vultu serenus et clarâ voce suae parti utpole jusliori Deum affuturum pronuncians. i G. Malm. De g, reg. Lib. III.