‹ M. Augustin Thierry: son système historique et ses erreursChapitre 35 sur 214 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Introduction.

Selon la pensée de M. de Bonald, on ne peut pas avoir confiance dans Técrivain qui, au moment de pénétrer dans les catacombes du passé, — qui sont rhistoire, — commence par éteindre le flambeau que Dieu a remis entre les mains de Thomme» Ce flambeau, c'est la Foi révélée. Nous voulons prouver aujourd'hui combien la défiance, recommandée par M. de Bonald, est judicieuse et nécessaire. Nous voulons établir, non par^ des raisonnements et des discours, mais par des faits et des exemples, qu'il n'y a pas d'historien véridique, sincère et estimable si la

Foi ne le guide pas. L'étude et la science sont in-

suffisantes pour éclairer les faits du passé et pour er donner l'iatelligence. La Foi est la grande lamièn: de l'esprit. Il n'y a, pour ainsi dire, que dés lueurs en dehors de la Foi. C'est parce que les hommes ont prétendu trouver des clartés nouvelles par delà ses limites, qu'on a pu, dans ces derniers temps, accuser l'histoire d'être une conspiration contre la vérité.

Les absurdités débitées sur l'Eglise, les saints et leur mîSsion dans le monde ne peuvent, il est vrai, attaquer les principes de la Foi. Cette Foi est surhumaine. Quand même des témoignages historiques, authentiques et incontestables révéleraient les turpitudes qu'on impute à nos docteurs, à nos Papes et à nos saints, sur les bases divines qui lui ont été données, la Foi ne serait pas atteinte. Elle ne saurait nous tromper ; elle connaît la vérité, elle la possède intégralement, elle la voit et la proclame. Les témoignages historiques, au contraire, sont fragiles. Quelle que soit l'autorité que le monde leur accorde, ils ne reposent jamais que sur la pt*. rôle humaine; elle ne peut être admise à contredire la parole de Dieu.

Si l'hypothèse que nous faisons se réalisait donc, si des témoignages authentiques accusaient en toutes circonstances l'Eglise et ses. héros, il faudrait conclure, en dépit de la logique et du raisonnement, que toutes ces faiblesses et toutes ces hontes n'eni'? pèchent point la vérité de résider dans le sein de

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