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M Ch Drouhet, sujet roumain, projesseur suppléant de littérature française h l'Université de Jassy. a soutenu le 15 décentre dernier en Sorlwnne une thèse sur le poète François Maynard, elle ha a valu le grade de docteur ès-letfres avec la mention très honorable.
Cette thèse a d'autres mérites que ceux qui ont été appréciés par ses examinateurs; elle a notamment celui de consacrer - tout en adoptant notre conclusion - ^v / pages dont dix-ne^ de pcJU texUa détruire les raisons sur lesquelles nous nous sommes appuyés en 1899, M Durand-Lapie et moi, pour démontrer l'existence parallèle du poète François Maynard de Toulouse et du poète François Ménard de Nîmes.
Cet état d'esprit de M. Drouhet déjà étrange par lui-même: combattre des gens avec lesquels on est d'accord, l'est plus encore si on s'arrête à la manière incorrecte dont il a présenté nos arguments, d'autant que notre démonstration irréfutable de 1899 subsiste tout
entière. , ,, r. /
A'o(re but. en publiant cette bweluire. est de rendre a M. Dnrand- Lapie iajuslieeqm lui est due. Ao/r. eollat^raleur n étant plus la pour se déjendre ,il est mort en 1903. nous ne pouvions laisser passer sans protestation une tentative dictée par un sentuneut que nous ne qualifierom pus et dont re.récution a été digne du sentunent.
Courménil, aS décembre 1909. LA.CHÈVRE.
î^ B M Drouhet sestégalement occupé daPhil^ndre que M. Martinon a enlevé à Fr. Maynard et qu'il a restitué à ce dernier. La encore, nous croyons qu'il s'est illusionné sur son .succès, .^ous consacrons à cette question une note spéciale.
Lk l'IlOBLKME DES DEL \ ^Ia^NVHD. RÉPONSE A ^ï. DrOI IIIT. \). '
lu. Ma^nahd est-il l'altelr dl poème « Le Philandre ». j). 29
M. Gaston Garrisson a publié en iS85-i888 \es Œuvres poétiques de François de May nord 'S vol. in- 12) chez Alphonse Lemene, à Paris. Le premier volume contenait les Œuvres de François Menard dédiées à Monseigneur le marquis d'Ancre. A Paris, chez François Jacquin, demeurant rue des Massons (i), au tournant du collège du Trésorier, 1613. Avec privilège du Roy que personne, à notre connaissance, n'avait attribuées au Président d'Aurillac.
Les recherches auxquelles nous nous étions livrés. M. Durand- Lapie et moi. nous ayant amenés à la conclusion que cet ouvrage ne pouvait être de François Maynard, nous en faisions connaître le résultat en 1S99 dans la brochure suivante :
Deux homonymes du wii"" siècle. François Maynard, président au Pi-ésidial d'Aurillac, membre de l'Académie française et François Menard, avocat à la Cour de Parlement de Toulouse et au Présid'ial de Mmes. Etude bibliographique par Paul Durand-Lapie el Frédéric Lachèvre suivie d'une notice bibliographique et de 76 pièces omises dans l'édition des Œuvres poétiques de François de Maynard donnée par M . Garrisson (1885- 1888). Paris, Honoré Champion.
Voici en quels termes M. Gustave Lanson, l'homme de France le plus compétent sur Ihistoire littéraire de notre pays, ratifiait nos conclusions :
« Le long titre de cette brochuro en dit l'intérêt. Il ne consiste pas tant dans l'addition importante faite à l'édition Garrisson que dans un retran-
(i) M. Ctiarles Drouliet a un tel désir de rectifier les erreurs de ses devanciers qu'il en arrive à trouver des inexactitudes là où elles n'ont jamais été commises. P. ng, M. Drouhet écrit : rue des Marions et non rue des Massons romnie ont lu par inadvertance MM. Durand-Lapie et Lachèvre. Nous en somiues désolé pour M, Drouliet, notre exemplaire porte rue des Massons.
8 LES DEUX MVYNAUT)
choinonl onrore plus considérable. Les Œuvres de François Ménard, dédiées à M"' le marquis d'Ancre. i()i3. donl M. (iarrisson a composé son premier volume, n'aj)j)arliennenf pas au Président Maynard, le disciple de Malherbe, mais à un obscur avocat Ménard. 11 faut donc alléger l'édition el l'élude de Maynard de tout ce recueil de lOiS. Si je signale au boul de quatre ans cette découverte, que j'avais considérée comme touchant à un point trop particulier d'érudition pour en parler ici, c'est (pie je m'aperçois que. faute d'une publicité suffisante, la brochure de MM. Lachèvre et Durand-Lapie n'a pas réussi à extirper l'erreur accréditée par Garrisson, qu'on voit régner encore aujourd'hui dans des publications savantes ». {^Revuc l nircrsHaire, iQo/j)
Elles ont élo adoptées par les dois érudits qui de i<^99 à 1908 se sont ()cruj)(''s (lu Piésidciil (r\urillac :
1,0 juomier. AI. V. Lafcncstro (i), dans une lettre personnelle du 12 février 109^1. nous a écrit :
« J'ai lu avec le plus vif intérêt l'intéressante publication que vous avez donnée sur les deux Maynard el qui m'a ro/n'/7//?rf/ d'ailleurs... ».
Le second, M. Gabriel Clavelier, secrétaire de la Faculté de droit de Toulouse, dans sa l)rochure : François Maynard, sa vie, ses œuvres, son temps. Toulouse, 1907, est non moins explicite :
« Remarquons enfin (\uo notre jjoème le Philruulrcuïïrc de nombreuses analogies a>ec la pastorale de François Ménard. publiée chez Jacquin en iGi.'i, qui n'est certainement pas de notre poète (François Maynard, président au présidial d'Aurillac) comme l'ont abondamment démontré MM. hunmd-Lapie el Lachèvre... ».
Knfin le troisième et dernier en date M. Alarlinon. professour au L\(éc d'MM-ci-. dans une « ^ote sur le c Piiilandre » attribué à Ma \ 11,11(1 ,. j)ubliée dans la Hevue dHisInire littéraire de la France (juillet septembre 1908). nous rend la même justice :
« Depuis n'('dition (iarrisson). Durand-Lapie et M. Lachèvre ont démunlré péreiiiptoircmenl (pTil f.ill.iil rclii.i (iélinitixement a Maynard les poé.sit's de Méiijird ».
(i) M. Lafctu-slre av.iil pnljlir (|;ms la Heviw dlli.'^hin' lilh-ntire de la France (l'.in:i, ,„ir p.lilr ,'.|,„|p s„, I rançois Maynard qn'il axail ('•crileen i8(j8.
REPONSE A M. CH. DROUHET 9
Après de telles adhésions dont nous soulignons l'unanimité (i), nous croyions le problème des den\ Maynard définitivement résolu. Il n'en était rien et M. Ch. Drouhet nous l'a prouvé en consacrant presque tout un chapitre et un volumineux appendice à ce chapitre (2) à dissiper notre illusion.
Entendons -nous, M. Ch. Drouhet accepte notre conclusion, il ne la modifie sur aucun point, il la l'ait sienne entièrement et sans réserve. Seulement (ô prodige !) les raisons sur lesquelles nous nous sommes appuyés sont toutes mauvaises ; sans le savoir nous avons compromis la vérité 1
En d'autres termes, M. Ch. Drouhet estime que notre solution — bonne d'ailleurs — du problème des deux Maynard est d'origine plus que douteuse, il la régénère... en se l'attribuant '. Examinons d'abord si sa prétention est justifiée.
La discussion de l'existence des deux Maynard avait-elle une raison d'être à l'époque où M. Drouhet a commencé sa thèse .^
La réponse à cette question est tout entière dans cette proposition :
La conclusion de notre tjrochure de 1899 était-elle irréfutable, e'est-à-dire fondée sur des arguments décisifs, ou. au contraire, ne reposait-elle que sur des Imses fragiles ?
AUGIMENTS DE XOTRE BrOCHLRE DE 1899
En voici le sommaire. Nous donnons ces arguments dans l'ordre ovi ils sont longuement discutés et examinés :
I" Tous les YCïS du Président d'Aurillac ont été recueillis depuis 1607 jusqu'à l'édition de ses OEuvrcs donnée par lui-même en 164C dans les
(i) \ ces adhésions, nous pouvons ajouter cello de M. Marsan. Dans son beau livre ; La Pastorale dramatique, il a égalenienl adopté notre conclusion.
(a; Cet Appendice (19 pages de petit texte) n'a pas clé rejeté à la (in du volume comme on le fait d'ordinaire, il est intercalé entre les ctiapitrcs m et IV, cette disposition indicpie quelle importance capitale M. Drouhet y a attacliée.
10 LES DKl \ MWN \1U)
rocueils colloclifs do (iiiilloniol et do ïoussaiiict du Bray qui se succédaient ranidomeiit à cette ôpocjuc. Aucune des [)iL'ces de l'avocat de Nîmes ((HùiMcs. i(»i3) ne figure dans les dits recueils collectifs. La correspondance du Prôsidenl d' Vurillac corrobore cette observation, elle ne renfernio aucune allusion directe ou indirecte au volume de i6i3.
u" Danslédition dc^dlÀwrcs de Mdynartl de IG'iO quicompte 3.ooo vers environ, il n'y en a pas im seul des 7.000 des (Jfùivres de 1613 ; Maynanl se corrigeant incessamment, cette exclusion serait étrange.
'^' Mavnard orlli(igraj)liio son nom avec un v ou un /. jamais avec un e. On ne rencontre que très rarement dos pièces de lui imprimées avec Monard et presque toujours, dans ce cas, elles l'ont été à son insu.
/i" La dédicace des Oluwres de 1613 osl ca[égoi'u[\\Q : u Recevez donc s'il vous plaist. Monseigneur, ces premiers (raids de ma plume... ». Or le l'amasse des plus exceUenls poètes de ce temps 1607 renferme /j3o vers du l'résidont d' \nrillac en neuf pièces. De plus l'épître dédicatoire est d'un st>le alanibi(iué qui n'a aucun rapport avec celui de Maynard. Enfin il est probable que l'ancien secrétaire de la reine Marguerite ne se serait pas mis sous la protection de l'italien Concini.
5" Les poésies laudalives qui précèdent les vers de i6i3 sont signées de noms dont on ne retrouve la trace ni dans les poésies de Maynard ni dans sa correspondance.
()" Malberbo. intime a\ec Maynard son disciple, aurait vraisemblablement placé une pièce él<igiouse quelconque en tète des Œuvres de 1613 si elles avaient été du Président d'Aurillac, comme il avait fait deux ans auparavant (161 1 ) pour les \ ers luf/uhres cl spirituels do Louis do Cbabans, sieur du Maine.
7" Maynard n'avait aucune raison do prendre le lilro davocat au Parloment do Toidniiso et au Présidial dr \îmos jiiiis(|M(' nous prouvions qu'a\anl décombro iCti'i il était présidoiil au Présidial d' \urillac, le lilro de secrétaire des commandements de la Reine >L'irguerito eut été plus llatteur (pie celui d'avocat de province.
H La facliiro dos vers de i0i3 est séparée par un abîme de colle des N< rsdi' Maynard du Parnasse de 1607 et des Délices de la poésie française dr I6t't (nous no nous sommes |)as occupés de les comparer à ceux du l'fiHandrr poènio dont Ma\nard n'est d'ailleurs pas l'auteur).
9" Los \ri> du l'iiriias.'<r dr IHO/ ol dos hrlires de Hll'i font souvent allusion à d(•^ é\énomonts conl<nipoiains : dans les (H'.uvres de U'>13. il n'y a pas une allusion do ce genre.
10» \.os ftl-'urres de l^'tl'.î no conticniunl ancuiio é|)igrammo alors que \vs Délires de 161 't ronfermoni i() épigiammcs (\r Maynard. Par contre les «' V«'rs spiriluols <t son! fort nond>rou\ dans i(»i.i i-l lo Président d' Auiillac n'en .1 pour ainsi diio jamais fait.
I I La pastoral'', cnririq actes, insérée dans \rs(^!urres de l<'>l:i. iiidiipio
REPONSE \ M. CH. DROLHET H
une tendance vers l'art dramatique. Or Maynard, dans sa correspondance, n'a jamais manifesté aucune velléité de ce o-enre.
12° Pellisson, dans sa Relation de l'histoire de r Académie française, pas plus que Goujet. dans sa Biljliolhcque française, etc., etc., ne mentionne le volume de iGi3 parmi les œuvres du Président d'Aurillac.
iS" Enfin Maynard tranche lui-même définitivement la question dans
une lettre à Flotte (i) de décembre iG^o : (( vous savez bien que je
n'ai jamais voulu rédiger en corps toutes les pièces que j'ai écrites depuis gueje suis au monde {2). Je vous apprends que j'en ai eu si peu de soin, que je les aurais toutes perdues, si Du Bray ne les eût mises dans son recueil de poésies ».
Tous ces arguments. — à lexception des quatrième et treizième. — forment un tout, ce sont les présomptions graves, précises et concordantes qui constituent la preuve indirecte. Les quatrième et treizième se suffisent à eux-mêmes, ils nont besoin d'aucun complément : C'est le Ménard de Nîmes proclamant son individualité dans les Œuvres de i6i3, puisqu'il déclare que « ce sont les premiers traicls de sa plume ». c'est le Président d'Aurillac affirmant n'avoir jamcds réuiù o en corps ^ ses vers épars dans les recueils de Toussainct du Bray. Ces deux arguments sont la preuve absolue.
Nous sommes encore en droit aujourd'hui d'affirmer que notre conclusion de 1899 était irréfutable, c'est-à-dire appuyée sur des arguments décisifs.
S'il ne s'agissait que d'avoir tort ou raison, c'est-à-dire si le fond seul du différend qui existe entre M. Drouhet et nous était en cause, nous pourrions nous arrêter ici. Le débat serait clos avant d'avoir été entamé. Aussi n'est-ce pas à ce point de vue que nous allons exposer ses objections ; elles méritent examen sérieux et étude attentive, ne fût-ce que pour accompagner M. Drouhet dans sa tentative de se substituer à nous, de s'approprier purement et simplement notre conclusion. Les découvertes de M. Drouhet
U) Lettre CLIX à de Flotte (Lettres du Président Mavnard, Paris, i652 in-4°).
(2) Maynard avec raison ne fait pas état des Pièces nouvelles de M. de Maynard (^Toulouse, 1638, et Paris, i639j(i\\\ n'avaient pas été imprimées dans les recueils de Toussainct de Brav.
12 i-KS ni:i \ MAVwnn
n'ont dc^sormais aucune porlée, elles najouteront rien, nous le iv|h''Ioiis. à notre démonstration de roxistonce dos doux Mavnard, tllos la oonlirmeront. voilà tout.
Los iiiloiilions de M. Diouhot à l'ég^ard do M. Durand-Lapie et à notre éjj'ard tlatont do loin, il a préparé avec soin et mûri lon- «.'uemont son jilim pondant près de trois années. Nous en avons la preuve j)ar un petit ontrefdet de la Revue universitaire du 1 j mai 1907. signé de M. Henri Châtelain :
« /'//(' thèse itc doctoral fte M. Drouhet parailra prnrliaincmcnl où sera proposée une solution tlu problème des deux Maynard ».
La const:ilali«in nCsl ])as indifférente, aussi est ce avec intention (pio nou> re|)roduisons cet extrait du Sommaire (i) du chapitre m de sa thèse sur <( Le poète François Mainard (2) (i583?iGUi) -> :
II. Ino confusion rendue désormais impossible. Fr. Mainard reçu président à Aiirillac en août 161 a, n'est pas le même personnage que Fr. Méiiiud, a\ocal au Parlcmcnl de Toulouse, au Présidial de Nîmes et à la dhauibn' nii-parlio do (laslres, auteur d'un volume de vers paru en i(»i3à Paris. Los arj.Munents apportés par MM. Durand-Lapie ol Lachèvre pour é|;d)Iir ct'llc dislinction ne sont ])as vidal/lcs.
III. llisloii(|uo de la rpioslion des doux Mainard. Noies sur la vie et les œuvres du nîmois Fr. Ménard (iSSq-iGSi).
(i) Certains dos oxaniinalcnrs do M. Drouliet lui avjiiout conseillé do suppriinor rollo partie do sa llièso cl do la roinplacor par une note do 3 lignes !
I.os divisions iiilériouros dos chapitres no concordoiil pas exactement avec le Sommiiire.
(•À) M. I)ronhet adopte l'orliiograplie Mainard. sons le prétexte (pi'il a ronroritré vin;:l-deiix signatures do ce pot-to a\oc un /'. Nous tenons pour l'y : Maynard, iiarce (pie le f'résidenl d' \nrillac a pnl)lié liii-inènio ses oilnvrcs on • d'iCii'l (pi'ij oïliirigi .ipliic son nom ainsi. Nous oslinions (pie Fr. Maynard est le ineillonr. sinim le .seul juge on la inati('ro. Nous ajouterons que le lestainont de Maynard pnlilié en partie par M. (iarrisson et en eidier par M. Droidict sur une copie f.iHc en i-oi et di''pos(-o au château do Lahoisso. porte Maynard et non Mainard, de n»(^nie l\ict,e d'achat de rollice du président an sii-ge présidial (rVurillar. etc.. etc Kndn l'ellis^-mi ('•crii Mavnard le nom do l'académicien.
RÉPONSE A M. CH. DROLHET ï3
Appendice. — Réjutation des arguments apportés par MM. Durand- Lapieet Lachèvre pourétablir la dislhiction des deux poètes homonymes : F. Mainard et F. Ménard.
La partie du texte correspondant à ce « Sommaire » occupe exactement 4i pages dont dix-neuf de petit texte. En voici quelques extraits :
§ II du chapitre ni
«... Notre exposé de la biographie de F. Mainard permet de résoudre cette énigme (l'énigme des deux Maynard). Du moment qu'à partir du 20 août 161 2 notre poète est président au présidial d'Aurillac, il n'a rien de commun avec Fr. Ménard, avocat au Parlement de Toulouse, au présidial de Mmes et à la Chambre mi-partie de Castres, auteur d'un vohmie de vers paru, en 161 3, chez le libraire Jacquin de Paris. 7/ y a donc lieu d'ajouter un nouveau nom à la liste pourtant bien riche des poètes frcmçnis du \\n' siècle. La vérité de celte proposition s'impose avec évidence. Il n'en est pas de même de la conclusion identique mais basée sur des arguments peu probants, à laquelle arrivent MM. Durand-Lapie et François fpour Frédéric; Lachèvre, dans leur étude bibliographique : Deux homonymes... « Nous exantinerons dans l'Appendice de ce chapitre les allégations de ces critiques afin de ne rien Icdsser subsister de leurs raisonnements, qui tantôt partent d'informations inexactes ou incomplètes, tantôt pèchent par la manière dont ils sont conduits. Xous y tnontrerons combien MM. Durand- Lap'ie et Lachèvre ont eu tort d'insister dans une recherche d'histoire littéraire sur des inductions auxquelles il est bon de ne pas ajouter grande foi. Leur argumentation défectueuse compromet la justesse ffe leur conclusion et, si l'on ne possédait pour établir la distinction des poètes Fr. Mainard et Fr. Ménard d'autres preuves que les leurs il aurait été possible diclentlfier à nouvecni notre personnage avec son sosie.
« De plus MM. Durand-Lapie et Lachèvre n'ont pu sortir de l'ombre mystérieuse où il se cachait l'homonyme de notre auteur. Il restait donc, après leur travail, une énigme peu propre à consolider {? ? ?) des raisonnements fort chancelants. Qui est ce Fr. Ménartl que l'on a confondu avec le disciple de Malherbe? ».
Ce préambule est un chef-d'œuvre... de modestie. Le dernier paragraphe nous prépare à quelque chose de grandiose, à la venue de celui « qui doit sortir de l'ombre niyslérieu.se n , malheureusement nous qui le connaissons puisque son nom et ses qualités sont écrites en toutes lettres dans le privilège et les pièces liminaires
l4 LES DEl X MV^NVUn
des (Ihjivrrs ilr Hll.'!. nous résistons à léniolioii. cl « l'énUjme fini éldil peu propre à ennsolider des rdison/teinenfs fort cJiancelanls » nous laisse iiKlirrc'rcnl.
<i III
(' ... M. Hlaiiclicmain nv\\{ garde ce])('ii(laiit criiHli({iier la source où il avait puise ses informations (celles relatives aux Œuvres de iGi3) et MM. Durand-Lapie et Lachèvre dont les références en celle matière se Ijoinaiciit à la Préface de cet éditeur, pensérenl que c'était lui qui avait lait (file trouvaille bibliographique. Ils reprirent pour contester à Kl. Mainard la paternité du volume de iGi3, les raisons de Blanchemain et los dévf'Ioppérent dans leur brochure suv\es Deux homonymes ».
M. Droulicl nous Halte, nous aurions étccharmcsdo réaliser ce tour (le force tl(> lirer du lexle suivant toute la moi'lie (h- noire brochure de iScjj). nous ne lavons pas essayé craignant de rester en deçà ou d'aller au delà de la pensée de AI. Blanchemain.
Tej'le (le Hlanehema'ui :
« Nous avons examiné liés allonliNcmcnl un \olume qu'on serait tenté (l'attribuera notre j)oète : Les Œuvres de François Ménard, dédiées à Monseigneur le marquis d'Ancre. Paris, Jaccpiin, iGi3, in-iM. Ce recueil composé de sonnets, stances, élégies, etc.. dans le style de l'époque d<' Ronsard ne contient aucune des pièces publiées antérieurement par MaMiard. el il n'est pas évidemment de lui. L'auteur dans le privilège prend la cpialité de Docteur èsdroits el Advocat en Parlement de Tholosc fl du Présidial de Nismes, ce qui a pu. au premier abord, le faire confondre a\ccson conq)alriote anonyme ; mais outre que le nom est orthograj)hié dillérciiiiiicnt. \la\iiard élail cri i(»i3. secrétaire de la reine Marguerite et n'a jaiiiaisélé attaché au présitlial de Msmes (i) ».
l'oree nous est (huic d'inlirmer l'assertion de M. Dronhel cl cela dans le hul d'innocenter M. Blanchemain : il n'est |)as cou|)al)lc des lr<'i/c raisons (mauvaises ! ) sui' les(juelles nous avons hast- noire concinsi III. il est même l(»iil à fait élranpfer à celles émanant des deux Maynaid cux-mèmcs (|ui oui |>cniiis dr les idciililicr. sans nulle licsilatioii d'ailleurs cl... sans le secours de \1 . Dronhel.
(i) Ollccilntion es» prise loul entière (l.ins nolro bmcliiire. p. '47,
RÉPONSE A M. Cil. DROUHET l5
M. Drouhet va enfin aborder nos argumenis. Comment s'y prendra-Ml pour les détruire? Ce n'est pas, on la vu, le résultat qui nous préoccupe — nous le connaissons par avance — mais son tour de main 1
Pour qu'on puisse mieux s'en rendre compte, nons [)lacerons d'abord notre texte de 1S99, puis le texte Drouhet :
Texte de 1899 :
§ I. — (( Après avoir lu le dispos il if de ce privilège (des Œuvres 1613), un fait frappe tout d'abord, c'est que donné à la date du 17 f éviter 1613 pour une durée de six années, il devenait licite, à partir du 17 février 1619, à tous les Imprimeurs et Libraires de reproduire tout ou partie de cet ouvrage. Or, nous savons quêtes Recueils de poésies étaient, à cette époque, fort à la mode et que tous se montraient empressés d'offrir à leurs lecteurs des vers de François Maynard. Eh bien ! il a été impossible de retrouver dans les nombreuses publications que nous avons collationnées avec le plus grand soin, une seule des cent quarante-cinq pièces diverses, composant le volume de 1613, et cependant chaque nouvelle édition des Recueils de Toussainct du Bray et autres éditeurs de ce temps, rappellent les premières poésies de François Maynard en les accompagnant de pièces publiées postérieurement et quel([uefois de pièces nouvelles. Ainsi, par exemple, le Temple d'Apollon, 161 1 , contient certaines poésies de 1607, les Délices de 161 S et de 16-20, le Séjour des Muses, 16-26, le Recueil des plus beaux vers de 1627 et de 1630, etc., renferment presque toutes les poésies de 1607 et de 161.'), et cela sans mentionner les pièces de 1613, dont aucune d'ailleurs ne figure dans l'édition de 1638, donnée à Toulouse par les amis de Maynard. Xous avons également constaté avec étonnement que pas une des poésies signées Maynard parues dans le Parnasse en 1607 n'avcdt été réimprimée dans le volume de Jacquin, bien qu'il réunisse des stances, des odes, etc. Il semblèrent étrange, si François Maynard était l'auteur de ce dernier, qu'il n'y ait pas joint l'ode sur la mort de Henry le Grand, qui a été écrite à la fin de l'année 1610, c'est-à-dire peu de temps après l'assassinat du glorieux monarque. Comment culmettre que laissant imprimer trois ans après, ses premiers essais, François Maynard ait retardé, jusqu'en 1615, la publication de cette pièce importante de 300 vers{i) ')
(i) M. Drouhet a consacre à cette dernière pli rase un petit paragraplic perdu au milieu de sa discussion. Nous citons : « Que dire encore d'une constatation « telle que la suivante : (voir notre texte : Il semblerait étrange...). Tout « d'abord l'excellent bibliographe qu'est M. Lachèvrc commet une erreur qu'il « importe de relever (l). Les Délices de la Poésie française de /t;/5 comprennent
l6 M-?^ I)l£l\ MAYNAUn
Sa. — « Ces observations assez surprenantes par elles-mêmes, se trouvent rorroborées par la rolumineiise correspondance du président <rAarilhu\ (jui ne renferme aucune allusion à cet ouvrage de KJl.'i. Et cependant. Maynard s'entretient constamment de ses œuvres soit avec lial:(ic. soit avec Chapelain, soit avec de Flotte, etc.; il rappelle en maintes circonstances ses odes, ses épigrammes et même son pohne de Philandre.
S 3. — « Ao/î seulement il n'y a jjas trace da/is sa vie du recueil de Jacguin, mais encore guand, en IG'iG, il donna lui-même un choix de ses poésies, <hins les trois mille vers gui y figurent ne se retrouve pas un seul des sept mille vers de HH3. Maynard n'a pu cependant outdier complètement une œuvre (Uissi considérable, alors que de 1601 à sa mort, pendant près de trente ans, il a composé un nombre de vers à j)eine supérieur de moitié à ce chiffre (onze mille cinq cents environ). L'explication pourrait-elle se trouver dans ce fait que le poète aurait répudié cette œuvre comme indigne de lui ? Celte solution ne parait guère probiable, car il y a dans ce volume de 1613, quelques beaux morceaux...
Si. — « Si François Maynard avait trouvé d'ailleurs quelqiws imperfections de prosodie à relever dans les u Œuvres » de 1613, ce n'élait pas un motif pour les rejeter complètement, lui qui ne cessait de retoucher ses poésies ainjii que le prouvent de nondireuses variantes faciles à signaler. Du reste « Maynard très désireux de perfectionner ce qu'il faisait », écrit M. G. Garrisson, dans sa notice, corrigeait sans cesse les productions de sa plume; il les envoyait ensuite à de Flotte, son confident, et les sounwtlaif à ses observations et à celles des amis auxquels de Flotte communiquait ses envois : « Mes vers françois ont tant de peine à me satisfaire, écrit-il lui-même, ijue île cent j'en rejette quatre-vingt-dix... ».
<« Iode «le Miiiiiard préseiilcc vers 1609 à Henri le (irand et non celle qui a élé << conipo.sée en iliio stn* l'assassinai de ce monarque. Or, celle dernière pièce « qui est de 17 di/ains (nalurellenienl 1 et non de 3oo vers, a paru pour la « première fois dans le Recueil de i(>i!.") du libraire Toussaint deliray seize ans « .scidemont après le Irisle événemeni qui l'avait suscitée ». El c'est tout. Soyons plus franc que M. Drouliel, dans quel but insistc-t-il sur cette omission de la piè<e de i(3i(i dans les Urines de ItJl.j? Tout simplement pour insinuer «pie si Maxnard n'a\ail [)as fait passer eelto pièce dansles (Kinres de i(u3, nu'me s'il était l'auteur «le ces derruères. cela n'aurait rien d'exirnordinaire, mais ce «pTil noflil pas. et ce (pie nous di.sons" parce qu'il ne le voudriiil pus dire, c'«'>t «pie les hélices di' Kil,'} nMilermenl '^■^ pièces nou\elles conq)Ost''es par Maynard entre 1G07 et i(ii.'» en dehors des - isur neuf) du Parnnsse de liJOÎ. (le n'esl «loin- p.Ks une pièce que Maynard aurait oublié de mettre dans les i)lùn<res de fOI.'i — toujour<« s'il en était l'auteur — mais 3() pitVes au minimum 1 3a «les Délicfs de ir,ir)el7dii Parnasse de 1607). On voil (|u'il faut lireentre h's lif.'nes «le M. Droutjef e| (pTon ani.ùl bien tort de |)rendre à la lettre ses réfutations «pii feraient beaucoup ])lus «l'honneur à uncasuislcde métier qu'à un docteur è»-Irllrc» d«' la Faculté de Paris !
REPONSE A M. CH. DUOLHET in
Réfukilion DrouJicl : ^
«Le recueil de vers de iGio, assurent ces criliques, appartient à un homonyme, car aucune des pièces qu'il contient ne figure dans le volume publié par Fr. Mainard en i(346. — Mais ce volume ne contient qu'un choix de poésies. Mainard n'y a inséré, en la modifiant profondément, qu'une des pièces du Parnasse des plus excellents poètes de 1607 ; aucune strophe du Philandre et six seulement des trente-deux morceaux insérés dans lesDélices de la poésie française de 1615. Donc si le volume de 1610 était vraiment de Fr. Mainard, il n'y aurait pas lieu de se montrer surpris qu'à la fin de sa carrière notre auteur l'eut méprisé, de même quil a répudié presque toute son activité poétique antérieure à i(îi5.
« 11 n'aurait pas fallu non plus insister sur le silence gardé par Fr. Mainard dans sa correspondance au sujet des Otiwres de i6i3, attendu que le volume de lettres publié par Flotte en i652, six ans après la mort de sou ami, ne contient pas toutes les missives de notre auteur, et celles qu'il renferme se rapportent seulement aux années i634 et suivantes. Il y a donc un grand nombre de lettres de Mainard que nous ne connaissons pas. Peut-être en découvrira- l-on un jour où il sera question du Philandtw auquel il n'est fait aucune allusion dans la correspondance de Ahiinard, quoi qu'en disent M^I. Durand-Lapie et Lachèvre. En résulte-t-il que ce poème pastoral que Pellisson range parmi les ouvrages de Mainard, n'est pas de lui ? Assurément non ».
L'analyse de ce texte de M. Drouhet met en évidence les procédés dont il a usé pour déliuiro notre argumentation :
I" Il comprime certains arguments de façon à les réduire à rien.
Exemple : Comparez sa petite phrase :
« Le recueil de vers de i6k3, assurent ces critiques, appartient à un (( anonyme, car aucune des pièces qu'il contient ne figure dans le volume « publié par Mainard en iG^G ».
avec le texte de notre § 3 :
(( Non seulement il n'y a pas trace dans sa vie du recueil de Jacquin, (( mais encore, quand en 16U6, il donna lui-même un choix de ses poésies, (( dans les trois mille vers qui y figurent ne se retrouve pas un seul des sept « mille vers de 1613. Maynard n'a pu cependant oublier complètement une « œuvre aussi considérable, alors que de 1607 à sa mort, pendant près de « trente ans, il a composé un nombre de vers à peine supérieur de moitié à « ce cbijjre (onze mille cinq cents ein^ironj. L'explication pourrait-elle se (( trouver dans ce J ail que le poète aurait répudié cette œuvre comme indigne
l8 LES DEl \ MA^ \ AHD
« (le lui. Celle sululion ne parai l guère prohable, car il y a dans ce volume <' en If'iîS f]uelt}ucs heaux morceaux... »
:>" Il isole imc |)r<)|i(t>ili(»ii de ci'lle (|ui la prccèclc de façon à la (Iriialurer el à lui oler toule importance.
Exemple l'argument que nous avions tiré des lettres de Maynard :
Voici le texte de 1899:$ 3. « Ces ohservalions assez surprenantes se 0 Irouvent corroborées par la volumineuse correspondance du président « d'Aurillac... ». Notre argument n'avait donc pas une valeur absolue par lui-même, il faisait corps avec le précédent S i (oublié par M. Drouhet), il le confirmait et le renforçait ; l'examiner à part, c'est le dénaturer et l'enlever de sa véritable place. Existe-t-il d'ailleurs un homme qui ait jamais conservé l'intégralité de sa correspondance !' Non. Dans ces condirions l'objection de M. Drouhet peut se formuler ainsi : « il n'est pas permis de rechercher dans une correspondance l'absence d'un fait quelconque et d'en tirer une présomption ». Sa proposition est excessive 1
.') Il sM|jj)rime. émielteou ampute les arguments qui le gênent ; par contre, il nous en prête au besoin pour pouvoir nous prendre en faute.
Premier exemple : Suppression.
Les SS 1 <'t '« du texte de 1899.
Deuxième exemple : Ijnietlemenl.
Texte (te ISUU (p. 'M)) :
« La dédicace de m l :i <) (lonrini, maréchal d' Ancre porte: *< Recevez donc, s'il v(pus f/laist, Monscirineur, cesj)remiers traiols de ma plume, attendant (/ue le (jcl f(jce naistre (/ucl({ue occasion en lai/iwlle vous j>uissiez mieux recoffuoistre rajjfection de, Monseii/neur. rostre très liumt/le et très obéissant serviteur ». Mayntn-d n'aurait pu s'exprimer ainsi et se poser en dt^bntant dans la carrière du a t>el esprit », après avoir fait p(n'aitre dans le l'amasse de 1007. neuf pièces s'élevanl <ni ihi[fre rcspeclalde de rpiatre cent trente vers. IC.<t-il vraisemlilable (jue le Secrétaire des Commandements et de la nnisi(jue dr Manjuerite de Valois, (Maynard devait l'clre encore en ffll.'h, qui s'était trouvé en relation à la cour de cette ex-reine avec les rcjné:, 'niants d,, i.ln, 'n,ricnnes faniitles du rayaume, ait eu la pen.sée de
REPONSE A M. CH. DROLHET tO
rechercher la faveur d'un avenlurier italien, créature de la Reine Mère ? Ce fait paraît d'autant moins probable que la haute noblesse ne supportait qu'avec peine l'élévation scandaleuse de cet indigne favori, devenu maréchal de France, sans avoir jamais tiré l'épée. L'avis au Lecteur qui suit la dédicace à Concini, et que nous avons reproduit, est écrit dans un style alambiqué et dans un esprit quinfessencié, qui contraste singulièrement avec le style et l'esprit des lettres si nombreuses de Maynard,et il n'y a pas le moindre rapprochement à établir entre cet avis au Lecteur et aucun autre passage en prose du président d'Aurillac ».
iNos 20 lignes ci-dessus — elles forment cependant un bloc impossible à diviser — ont été fractionnées par M. Drouhet en trois tronçons et re futées en trois paragraphes différents très éloignés les uns des autres :
Premier tronçon (p. i36 du Mainard Drouhet). Il est placé après un interminable exposé de la versification de la pastorale de Alénard de Mmes et noyé dans les conclusions. M. Drouhet conciliera-t-il cette affirmation de l'auteur des Œuvres de 1613, le Ménard de Nîmes : ^^ Recevez donc, s'il vous plaisl. Monseigneur, ces premiers tralcls de ma plume, avec la présence des 43o vers du Président d'Aurillac dans le Parnasse de 1607? Écoutons:
(( L'une des phrases du recueil de i6i3 n'arrêterait pas longtemps un esprit qui n'a pas de bonnes raisons pour contester à Fr. Mainard la paternité du volume de vers paru chez Jacquin. 11 y est dit : « Recevez donc, s'il vous plaist, Monseigneur (le marquis d'Ancre), ces premiers traits de ma plume, attendant que le Ciel face naistre quelque occasion en laquelle vous puissiez mieux recognoistre l'affection de vostre très humble et très obéissant serviteur ». Car, pourrait-on objecter, si Fr. Mainard n'a publié qu'en 1G19 un poème pastoral qu'il avait composé dans son jeune âge, il aurait bien pu faire paraître cinq ans auparavant, c'està-dire en i6i3, d'autrcsJMee/u'/ia, ébauchées antérieurement au P/î//(;mf//'c. Enfin l'étude comparative des textes en question porterait à faire croire, si l'on ne possédait les documents établissant le contraire, que le signataire du volume de vers de i6i3 n'est nullement un sosie de Fr. Mainard, mais bien ce poète en personne ).
M. Drouhet n'essaie nullement de concilier quoi que ce soit! Quelle est exactement sa pensée? Avec la meilleure volonté du
aO LES ^^EL\ MAV.NAHD
monde, ikmis avouons notiv impuissance à la saisir ! Il écrit parce que c. Fr. Mn'nmrd n'a publié qu'en lOlU un poème pastoral qu'il avait composé dfms son jeune âge. il aurait bien pu faire paraître auparavant, c'est à-dire en 1013. ^/V/;///r Juvenilia, élxmchées anlérieuremcnt au IMiilancIre ». Eli bien ! oui. mais qu'est-ce que cette h\pollièse imililc a à faire avec le Maynard qui a publié 43o vers dans le Par/iasse de 1007 '.^"S'i les Œuvres de i6i3 élaient « les premiers Iraicls de la plume » de ce Maynard-là. ils contiendraient les dits V^o veis. N'est-ce pas \raimeiit la déduction loijique :'
Kt celle déduction loj,»-ique, M. Droubet. reconnaissez-le aujourd'hui, emporte la preuve décisive de l'individualité du Alénard de Nîmes, de son existence indépendante de celle du Maynard de Tunlonse 1
Di'uxièine tronçon de notre ar;.>ument (]). 3()du texte de 1899).
Si nous aouIous connaître le sort de ce second tronçon d'argument, nous sommes obligés de létrograder de i5 pages (p. 121 du Mainard Dmidiel) :
il II lie l'aul pas iimi plus faire cas des déductions de MM. Diiiand- Lapie et baclièvre (p. 89) au sujet de la (pialité qu'on aurait dû donner dans le \ulunie de vers de iGi3, à Fr. Mainard, si ce livre lui apparlieul Nraiiueiil. D'après ces critiques le poète aurait dû s'intituler secrétaire des Cdunuandeiuenls de Marguerite, désignation bien plus flatteuse (jue celle (raNneal de proNinee. Ils se refusent même à croire que Kl. Maiiiaid ail jamais été docteur en dioit et aAocal au Parlement de Touliiuse (p. ô'S). Or n<»us aNons parlé de; réj)igranime faite à la fin de farnn'e i(io7 sur le portrait de (iéraud de Mainard, au bas de laquelle on lit la iiKiilion i'ranrois, /ils dr l'anllicur, (ulcucal en lu Cour de Parlement t[ nous a\on> éninuéré une séiie d'actes (le idii el de ilii-^qui nonnnenl notre personnap' o docteur es tlr<jicls el ad\ocat en la Cour de Parlemcnl de l'Iiolii/c II.
Mais ce |»aragra|)lie de M. Drnuliel ne \ ise pas seulement noti'e second tronçon d'ar^rninenl de la |». .'^9 du texte de 1899, il nous leiiN oie il la [>. ."».') du i\\\ |c\te.
Pr«(cédons par or<lre ;
Il s'étonne de ce rpie nous avons émi< l'opinion (pie Maxnard
REPONSE A M. CH. DROUIIET 21
aurait pris lo titre de c( Sccrélairo des commandements de la reine Marguerite», de préférence à celui d'avocat de province. C'est son droit..., mais nous gardons notre opinion.
A la p. 53 dans quels termes avons-nous dénié au Président d'Aurillac la qualité d'avocat au Parlement de Toulouse ?
Texte de 1899 :
« En réalité toutes les assertions de M. Gaston Garrisson relatives à la paternité des poésies de 1613, ne sont appuyées sur aucune preuve ni directe ni indirecte et (juelques-uncs même sont de haute fantaisie. Par exemple l'afjirmation suivante : u Comme avocat, il fat successivement attaché à la Chambre mi-partie de Castres, où son père avait siégé, et au Présidial de \imes, » ne j-epose que sur la pièce liminaire de 1613, de François Le Bailly, sieur de ] aucharme et de Sainte-Vertu, docteur es droits, Advocaten Parlement, adressée à Monsieur Menard, Advocat en la chambre mi-partie de Castres et sur le privilège de ce volume accordé à François Menard, Docteur es droits, Advocaten la Cour de parlement de Tholose et du Présidial de Nismes. Mais cette manière de raisonner manque de logique et équivaut à une simple pétition de principes, elle revient à dire : Le Menard de Jacquin est le même poète que le président d'Aurillac, or comme ce Menard a été indiscutablement avocat à Castres, à Toulouse et à Nîmes, donc le président Maynai'd a été avocat à Castres, Toulouse et Aimes. Ce syllogisme tombe de lui-même puisque non seulement nous en contestons les prémisses, mais qu'encore nous avons établi qu'il y avait sûrement deux poètes homonymes ».
Nous n'aurions garde d'insister, nous ne voulons pas contrarier M. Drouhet, mais vraiment son arsenal d'objections est bien pauvre pour aller ramasser le syllogisme de M. Garrisson !
Troisième tronçon du texte de 1899 (P- ^9)- Du coup, il nous faut passer du milieu de la p. 121 au bas de la p. 129 du Mainard-Drouhet :
«L'avis au Lecteur qui, dans le volume de i6i3, suit la dédicace à Concini, continuent MM. Durand-Lapie et Lachèvre, est écrit dans un style alambiqué et dans un esprit quintessencié qui contrastent singulièrement avec la simplicité de fond et de forme des lettres de Mainard. Il n'y a pas le moindre rapprochement à établir entre cet avis au lecteur et aucun autre passage en prose du président d'Aurillac. — Si fait et l'on a qu'à ouvrir le Philandre pour s'en rendre compte (suit le texte des deux avis) ».
22 l'KJi DEUX MVYNARD
Toute la question ici serait de déterminer si le Pliilandre est du Président d'Aurillac. M. Drouhet a bien essayé, sans y réussir, de rendre à Fr. Maynard ce poème que M. Mailinon lui a enlevé. Nous traitons ce sujet à part.
Nous sommes un peu fatigué de suivre M. Droulict. il comprime, isole, émiette nos arguments avec une maestria sans pareille, de telle sorte que nous les reconnaissons difficilement. Ne perdons plus notre temps, abordons avec lui largument sans réplique, fourni par Maynard lui même. M. Drouhet l'étouffera-t-il ? ce ne serait pas digne de lui: le divisera t-il en tronçons? le résultat n'est pas toujours celui qu'il en attend; que tentera-t-il donc? dun coup dœil M. Drouhet a dénoué la situation, il l'amputera et escamotera ce qui en restera 1
Texte de 1899 :
I' Kn dernier lieu ce qui nous parait une preuve évidente et incontestable que le président Moynard n'est pas l'auteur des Œuvres de 1613, c'est un argument tiré d'une de ses lettres, que nous avons réservé pour clôturer notre travail parce qu'il nous parait décisif. Voici la lettre CLIX à de Flotte, que nous reproduisons en entier (i) pour donner une idée plus exacte du style épistolaire du président d'Aurillac : « ... .Vc me conjure: plus comme vous faites de nie laisser corriger, vous me feriez tort de croire que j'ai la présomption de vouloir passer pour impeccable ; je m'estime le moindre de tous les écrivains, et vous savez bien que je n'ai jamais voulu rédiger en corps toutes les pièces que j'ai écrites depuis que je suis au monde. Je vous apprends que j'en ai eu si peu de soin, que je les aurais toutes perdues, si Du Bray ne les eût mises dans son recueil do Poésies... ». Bien que cette lettre ne porte pas de date, il est facile de préciser l'année et le mois où elle a été écrite : (J'esl en décembre if'diO...
« La date de IGUO étant ainsi déterminée, p'-ul-on désirer une afjirmation plus précise que celle contenue dans cette phrase : « ]ous savez bien que je n'ai jamais voulu rédiger en corps toutes les i)ii'ces que j'ai écrites depuis que je suis au monde, » pour reconnaître i/ue le volume édité par Jacquin ni !(}!:{ ne peut être attrilnié au président <rAurillar. El l'on ne
Cl) Nous jugeons iniililo do roproduirc cette lollro ou eiilior, nous n'en donnons (jno la p.nrtio (pii consliliio rarf.Mniionl allncpu'- ])ar M. t)ronliel.
REPONSE V M. CH. DROUHET 23
saurait chercher à discuter cette affirmation si claire, en oljjectanl les publications de 163S-39, nous aroiis démontré que ces deux necueifs de Toulouse et de Paris étaient l'œurre des amis du poète qui lui-même y était resté complètement étranger, il a donc Ijien le droit de s'exprimer comme il le fait. Après cette lettre CLIX, la question est tranchée définitivement par Maynard lui-même et l'existence des deux poètes homonymes n'est plus douteuse »,
Réfutation Dronhet :
« MM. Durand-Lapie et Lachèvre attachent un grand prix au passage suivant de la 1. CLI\ de Mainard qu'ils datent avec raison (pour une fois ! ) de décembre iH/jo. « Vous savez bien, déclare le poète à Flotte, que je n'ai jamais voulu rédiger en corps toutes les pièces que j'ai écrites depuis que je suis au monde ». A quoi, un défenseur de la thèse de l'existence au xvu" siècle d'un seul poète Fr. Mainard ou F'r. Ménard pourrait répliquer que le volume de i(3i3 ne contient pas (( toutes » les poésies de cet auteur, que le poète en avait publié d'autres auparavant, comme il en fera paraître d'autres après cette date, sans jamais les réunir toutes en un seul recueil. De plus Fr. Mainard a fait paraître à Toulouse, en i638, un petit volume de Pièces nouvelles, MM. Durand-Lapie et Lachèvre mettent hors de cause cet opuscule, «attendu, disent-ils, qu'il a été imprimé par un ami du poète, alors que ce dernier était à Paris et sans son autorisation «.Nous pensons que M. Lachèvre serait fort embarrassé s il lui fallait prouver qu'à la date citée François Mainard se trouvait à Paris, car le seul voyage que ce dernier fit à la capitale après son retour de Rome, en i636, fut celui do i645-i646. Quant aux Poésies nouvelles de i638 qui contiennent une ode et quelques épigrammes, le poète en dirigea lui-même la publication, comme le prouve la lettre CXXII adressée à de Flotte, à la fin de 1637, dans laquelle il le prie de faire imprimer son ode « afin de prévenir les mauvaises copies qu'on en pourrait débiter ». 11 songea un instant à faire paraître son livret à Paris « avecque un petit préambule qui accuse la hardiesse de celuy qui a desrobé son ouvrage pour le donner au public », 1. CXXIX. Mais bien vite il se rendit compte de l'inutilité de la naïveté d'un tel subterfuge. En résumé, l'interprétation que MM. Durand-Lapie et Lachèvre donnent du passage sus-reproduit de la 1. CLIX, est plus que douteuse et le commentaire dont ils l'accompagnent est inexact de tout point ».
Quelle siireté de main a M. Drouhet ! Vous ne vous êtes aperçu de rien, lecteur.^ la partie capitale de l'argument a disparu sans laisser de traces. Elle est volatilisée cette phrase imprimée en italique dans notre brochure de 1899 : « Je vous apprends que j'en ai
24 LES DELX MAYN.vnD
« eu si peu de soin, que je les aurais toutes perdues si Du Bray ne les (( ei}t mises (i(Uis son reeueil de Poésies » qui formait la suite de celte déclaration si iielle : « ]()us savez bien que Je n'ai Jamais voulu « rédujer en corps toutes les pièces que J'ai écrites depuis que Je suis a au monde >. M. Droulul ne s'était pas trompé, nous attachions un grand pri.r à cette première partie de l'aveu de ^^a^nard, mais épralement aussi à la seconde partie relative au recueil de Toussaint de Bray. jias une pièce des Œuvres de i6i3 ne figurant dans cette anthologie ! Ileureusemcnl que nous nous sommes aperçu de lamputation pratiquée j)ar M. Drouhet, mais vraiment c'est par hasard tanlelle était hien faite. Remercions-en la Providence et que M. Urouhel nous excuse ! Cependant son commentaire nous auliiil loul de même ouvert les yeux. Nous nous serions dit en le lisant : Quelque chose d'anormal a troublé l'esprit de AI. Drouhet, sa pensée est flottante, incertaine. Quel sens attiibue-l-il à sa phrase : (( A quoi un déjenscur de la thèse de l'existence au (( XV II" siècle d'un seul poète Fr. Mcdnard ou Fr. Ménard pourrait ré- « pliquer que le volume de 1613 ne contient pas foutes les pièces de « cet auteur, que le poète en avait publié d'autres auparavant comme « il en fera paraître d'autres après cette clcde sans Jamais les réunir (« toutes en un seul recueil ». Quel est le Alaynard qui aurait pu parler de la sorte !' Ce n'est jias le Président d'Aurillac. nousavons sa déclaration formelle ci-dessus, ce n'est pas le Ménard de Nîmes qui a ])roclamé les Œuvres de i(Ji3 : d ... les premiers traits de sa plume M. M. Drouhet croit il donc à l'existence dun troisième Maynard ? Non, mais alors son objection n'existe pas. elle ne rime à lien. Si. elle tient de la place et est là |)our rem])lir un vide.
I/alhision de M. Drouhet aux Pièces nouvelles de i638 est encore plus — comment dire !' — mettons malheureuse. Nous avons écrit :
« l'J l'on 110 sfun'ail tlirrchcr n flisculcr celle <iJ'Jiriu<dion si claire (celle <c de Mnynanl .vous suce: bien que Je n'ai Jamais voulu rédiger en a corps...) eu objcchail la ijuhlicalion de Ki'.iS-'.iU, nousavons dcnumlré <■ que ces (Irii.r recueils de Toulouse et de Paris élaieul l'icuvre des amis
'In pohic qui lui-uicuie y éhiit rcsh^ eouiplclemenl àlrauger ».
RÉPONSE A M. CH. DROUHET 25
Et M. Drouhet réplique que :
« Le poète lui-même en dirigea la publication, comme le prouve la « lettre CXXll adressée à de Flotte, à la fin de 1637 dans laquelle il le « prie de faire imprimer son ode « afin de prévenir les mauvaises copies (( qu'on en pourroit débiter ».
Remarquons que c'est M. Drouhet lui-même qui analyse et date cette lettre CXXlI (i) : « Saint-Céré, fin 1687 — début i638 : « Mainard envoie son ode « en la dernière forme qu'il lui a donnée. (I Si Flotte veut la publier à Paris, qu'il ne lui apporte aucune (( modification... ». Ce texte est formel, Flotte doit publier l'ode à Paris, or l'édition des Pièces nouvelles est de Toulouse, chez Arnaud Colomiez, imprimeur du Roy et de l'Université, i638 ; donc cette édition de Toulouse est étrangère à Flotte et à Maynard, elle a été, comme nous l'avons écrit, l'œuvre des amis du Poète; elle contient en dehors de l'ode à Flotte 34 épigrammes et une élégie latine. Mais il y a mieux encore : la déclaration de Maynard lui-même cilée par M. Drouhet cjui ne s'aperçoit pas qu'elle coule à fond son objection, L. CXIX : « Il songea un instant à faire pa- « raître son livret à Paris « avecque un petit préambule qui accuse (1 la hardiesse de celui qui a desrobé son ouvrage pour le donner « au public ». M. Drouhet date cette lettre CXIX de Saint-Céré (2), octobre-novembre 1639; n'établit-elle pas sans réplique « la haru diesse de celui qui a dérobé son ouvrage, en publiant l'édition de Toulouse, i638? Quant à l'édition de Paris i63g, elle n'est due non plus ni à Flotte, ni à 'Maynard, elle porte : Jouxte la copie imprimée à Toulouse, Paris, André Soubron ... Et... ce n'est pas tout ! nous avons réservé à M. Drouhet le soin de se porter le coup de grâce, lettre CXXY A Flotte. Saint-Céré, été i638. « Maici nard regrette que les misérables vers que ses a?nis avaient fait u imprimer à Toulouse (c'est à-dire les Pièces nouvelles), soient « tombées entre les mains de Ferragus (Richelieu). Ces poésies
(ï) Tableau chronolog-ique des lettres de François Mainard accompagné de lettres inédites par Charles Drouhet, docteur cs-lcltrcs. Paris, Champion. 1909, p. 47. Ce tableau chronologique dont plusieurs dates sont des plus discutables, n'est même pas chronologique.
(3) Tableau chronologique, p. 70.
26 I-ES DEl \ MAYWUD
ti n'élaii'iil |)as assez soignées et jionr doiiiicrvine meilleun^ icU'o de « son laU'iil. il soiigre à publier, en le révisant, tout ce qui est sorti t( (le sa |)lunie (i) ». nr\<»Ms-nous i' Que l'on compare encore une fois ce texte reproduit par \l. Drouhel avec sa propre réfatalion de notre alTirmation sur limpression des deu\ recueils de Toulouse et de Paris « par les amu^du poète », nous la répétons : v Quant « aux Pièces nouvelles de i638 qui contiennent une ode et quel- (1 qucs épi«,n"animes le poète en dirigea lui-même la pxdjlication <t comme le jirouve la lettre (AXII adressée à de Flotte à la fin (' de ili.'îy ". Qui donc M. Dronhct vculil tromper ici .'•
Avons-nous le dioil de conehne. après notre analyse des procédés de discussion de AI. Drouhet. que son texte n'est là que pour faire illusion, pour donner le change simplement, dans l'impossibilité où il est de détruire les bases de notre conclusion... qu'il a adoptée. Nous croyons, en répondant affirmativement, que personne ne nous contredira.
.N(jus ne suivrons donc plus M. Drouhel dans ses puériles observations (t?), elles sont toutes de même force et partent du même seul! Mien I. Si nous faisons observer que le Ménaid des Œuvres
(i) Tableau clironologiquc. p. 58. Cette letlro détruit toute la partie de la thèse de M. Orouliet qui a trait à l'iniprcssion dos Pièces nouvelles. M. Drouhet semble toujours jjréférer des allusions qu'il interprète à côté aux déclarations catégoriques de Maynard.
(2) Nous ne voudrions pas cejxMidaut pri\cr nos lecteurs du préambule de cette seconde partie des observations do M. Droidiet : « Si Ton passe à l'examen des preuves intrinsè(pios apportées par MM. Dur ind-l.apio et Lachèvre à l'appui de leur thèse stir la distinction des deux homonymes, on constnle que leur faiblesse est enrore plus tjrunde <jue celle des preuves de la première catégorie. Ces critiques nous déclarent qu'après avoir procédé à une étude littéraire du volume de iCiI^ et des poésies qui sont sans conteste du président d'.Vurillac, ils sont arrivés à reconnaître « qu'im abîme » sépare les ])roductions de Fr. .Ménard de celles do Kr. Mainard. Malheureusement leur entinète poursuivie sans mrthode n'a pas élè poussée assez avant... ».
O que .M. Drouhet ne dit pas ici. c'est que l'argument fourni i)ar le Ménard de i0i3: « ce sont les premiers traicisde ma plume» a été reporté par lui dans les conclusions, où nous avons eu. on l'a vu. beaucoup de mal à le repêcher!
REPONSE A M. CH. DROUHET 27
de 1613 n'a jamais pratiqué l'épigramme, M. Drouhet nous objecte qu'il n'y a pas d'épigrammcs dans le Parnasse de 1607 et seulement un nombre « restreint » dans les Délices de 1615, ce nombre restreint, le voici : i6 épigrammes sur 82 pièces nouvelles, soit moitié. Si nous disons que Fr. Maynard n'a pas fait de Vers spirituels (il oublie de noter qu'il y a 20 pièces avec 5o2 vers dans les Œuvres de 1613). il nous répond que Régnier. Molin et Berthelot en ont fait et que Maynard est l'auteur de trois sonnets chrétiens composés de i636 à i646 (trois sonnets, soit ^2 vers). Si nous constatons que les ^3o premiers vers de Fr. Maynard dans le Parnasse de 1607 ne contiennent pas un hiatus alors qu'il y en a vingt-quatre (dont deux dans la même page) dans la partie correspondante des Œuvres de 1613), il réplique triomphalement qu'il en a trouvé deux ! etc., etc., etc.
On nous jugerait cependant bien mal si on croyait que nous nous refusons à rendre à notre adversaire la justice qui lui est due. Personne n'appréciera jamais assez le travail pénible auquel nous nous sommes livré pour reconnaître nos pauvres arguments émiettés, défigurés, transformés dans les 41 pages dont dix-neuf ds petit texte de la prose de M. Drouhet! Cette tâche de les dissocier a dû lui coûter beaucoup et ce n'est guère étonnant qu'il se soit passé près de trois années avant qu'il ait pu mener à bonne fin notre « étouffement ». S'il n'a pas réussi à nous enlever l'honneur (si honneur il y a) de la solution des deux Maynard, il a tout fait, il n'a rien négligé dansée but. il a été au-delà du possible, il s'est surpassé !
Aujourd'hui nous sommes généreux, nous lui pardonnons ses procédés de discussion sinon inconnus en France, au moins rarement pratiqués; nous allons plus loin, nous-mème proclamerons r (( immortelle découverte » qui a fait naître dans son esprit la pensée de se substituer à nous et cette découverte c'est :
la date de l'installation de Fi*. Maynard au Présidial d'Aurillac
20 août 1612