M. Donat Caron à ses électeurs [microforme]
La confiance dont vous m'avez honoré jusqu'ici en me choisissant pour vons représenter auprès du gouvernement de Québec d'abord en 1599, puis en me réélisant sans interruption aux élections générales de 1900, 1904 et 1908,
m'engage à briguer de nouveau vos suffrages.
Si j'ai moi-même cette ambition bien légitime du reste, d’aspirer à un renouvellement de mandat pour la cinquième fois, J'espère que de votre côté vous comprendrez que vos intérêts ont tout à gagner à ne pas changer de
mains dans la présente circonstance.
En politique comme dans les affaires privées, on ne congédie pas les bons
et fidèles serviteurs. Je ne veux pas me surfaire, messieurs les électeurs, ni 3458]
exagérer mes faibles mérites personnels. Mais il est un fait certain, c'est que
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‘si Je ne me considère pas encore Vieux par l'âge, je puis me dire vieux d'expé-
s-. Mence. Depuis treize ans que les circonstances m'ont fait entrer dans la vie politique, l'habitude, qui, vous le savez, devient une seconde nature, m'a appris ce que doit savoir un bon député pour être utile à ses constituants. Si J'ai pu rendre des services au jeune et beau comté de Matane, et si dans d'avenir je puis continuer à le faire, je le dois certainement à une longue pratique du régime parlementaire,
Joignez à cela le dévouement dont je me flatte d'être animé pour l’avancement de vos intérêts, pour le progrès du comté, Je crois en avoir donné des
preuves constantes, J'en appelle à vous, mes chers électeurs ; chaque fois
que qui ce soit d'entre vous, pauvre comme riche, faible comme puissant, à
eu besoin de mes services, ai-je jamais hésité devant mon devoir ” ai-je
regardé à mes pas et démarches ? n'aije pas défendu et plaidé votre cause
comme st c'était la mienne ? Du fait vos intérêts ne sont-ils pas les miens ?
Je vis au milieu de vous, je suis l’un des vôtres, je partage votre existence, et = 5
tout ce qui vous touche me touche.
Loin de moi la pensée de rapporter à mon humble personne tout le
mérite des services que je me flatte d'avoir rendus au comté, pendant la
brillante décade qui vient de se terminer, à vous, mes bons et fidèles amis,
qui m'avez quatre fois déjà porté à la Législature, la large part de mérite.
Ces. vous, qui, par votre inaltérable confiance, m'avez donné l'influence et le
prestige dont, luis
à moi-même, j'eusse été incapable, et qui cependant était
nécessaire pour faire réussir les projets auxquels vous teniez. C’est grâce à
vous qu'à Québec quand on parle de Donat Caron, on dit : “Il faut que cet
houme soit rudement fort et bien aimé dans son comté, ayons-en soin.” Or
en ayant soin de Donat Caron, on se trouve à soigner le comté de Matane.
Une autre raison, et ce n’est pas la moindre, qui m'engage à solliciter de
nouveau vos suffrages, messieurs les électeurs de Matane, c'est que je suis fier
de prêter mon appui et d’avoir pris ma petite part à la large et féconde politique qui est en train d'illustrer le gouvernement Gouin et a déjà porté le
nom de son chef au rang de nos premiers hommes d'Etat. Les documents
publics vous feront connaitre l'élan extraordinaire qu'il a donné aux causes vraiment nationales de l'Education, de la Colonisation, de l'Agriculture, des
chemins de fer, de la Voirie rurale. J'aurai moi-même, dans la visite que J'aurai l'honneur de vous faire au cours de cette campagne, le plaisir de récapituler avec vous les bienfaits que le comté de Matane doit, pour su part, au
développement de cette grande politique.
Pour ne purler que de ce que j'ai obtenu pour mon comté, aux seuls points de vue de la colonisation et des écoles, j'ajoute à la présente un relevé de plus de 875,090 dépensé duns le comté de Matane depuis 1908, et qui prouve que le gouvernement ne nous a pas un instant oubliés,
Qu'il me suftise, pour le moment, de vous rappeler que, si le chemin de fer de Matane, si longtemps rêvé, est aujourd’hui un fait accompli, c'est à cette politique de progrès et d’impulsion que nous le devons. C’est encore le gouvernement Gouin dont je m’honore d'être le dévoué partisan, qui vient d'assurer le prolongement de cette voie ferrée, destinée à devenir le chaînon d'un nouveau transcontinental, en lui votant les subventions nécessaires pour assurer l'exécution des 190 milles de voie ferrée, qui la relieront au port de
Gaspé,
Messieurs les électeurs du comté de Matane, c'est avec la plus entière
confiance que, dans de pareilles circonstances, je viens vous demander de me
faire l'honneur de la réélection pour là cinquième fois.
Donat Caron.