DUO
MIETTE
Mon Dieu que je suis donc à plaindre!...
Pas moyen de me faire craindre...
A tout c’ que l’on fait ou l’on dit (bis).
Monsieur rit. *
BERNOUILLET
ün* autre femme, dans son ménage.
N’est pas plus heureuse !
MIETTE
Mais si.,»
Une autre a du moins l’avantage ’ De pouvoir battre son mari.
Mais quand je bats le mien.
Hélas!., ça n’ lui fait rien.
(Elle le frappe.)
BERNOUILLET
Ça me fait plaisir, ça me fait du bien.
MIETTE, se dépitant.
Hélas! hélas!., ça ne lui fait rien,
ENSEMBLE
BERNOUILLET, riant.
Oh! oh! oh!
MIETTE, pleurant.
Heu! heu! heu !
MIETTE*. '
Quelquefois j’ veux faire la coquette ;
Mais quant à Monsieur je répète Les galants propos qu’on me dit, (bis.)
Monsieur rit ! {bis.) • ,
BERNODILLET.
Je sais que ma petit’ femme est sage...
MIETTE
J* te dis que non.
BERNOCILLET.
J’ te dis que si.
MIETTE
Une autre a du moins l’avantage
De pouvoir tromper son mari. • • *
A quoi bon tromper 1’ mien.
Puisque ça n’ lui ferait rien ?
BERNOCILLET.
Je suis tranquille, j’en convien. i !.•/
MIETTE
Hélas ! liélas!.. ça n’ lui fait rien...
ENSEMBLE
MIETTE, pleurant.
Oh! oh! oh! oh!
BERNOCILLET, riant.
Ah 1 ah! ah! ah!
MIETTE, s’asseyant.
Tiens, va-feit... tu m’agaces. (Elle frappe du pied.)
BERNOU1LLET, à part.
N’ la contrarions pas... elle piétiné... et quand une femme piétine...
miette.
Mais va-t'en donc.
BERNOMLLET.
Voici... voici... Je m’en vas... je m'en vas faire ma barbe.
MIETTE
Et tâche que ça dure longtemps.
BERNOUILLET
Je veux ben... tna barbe est assez longue pour ça. (n rit, puis s’arrête.) N'rions pas... ça la contrarie... Mais est-elle drôle ma
femme, (il entre à gauche en réprimant son rire, puis tout à coup on l’entend éclater dans la coulisse.)