‹ M. et madame Rigolo comedievaudeville en un acteChapitre 33 sur 33 · SCÈNE XVIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIII

MIETTE , le retenant.

Veux-tu bien rester 1 ... je vas tout t’expliquer... (bu à cumpin.) Donne-moi la lettre!..

La lettre!., je veux la voir!..

MIETTE, bas à Bernouillet, en lui remettant 1a lettre.

Lis donc!., bêtâ. !..

DENISE , à part. ,

Quoi qu’elle fait donc ?..

BERNOUILLET

Oui... que je lirai... Mais c’est les yeux qui me picotent... j’y vois trouble... Monsieur Bolivar, lisez-moi ça...

DENISE

Ah! mon Dieu!..

* MIETTE, vivement , bat à Bernouillet.

Animal... c’est de sa femme...

BERNOUILLET, bat.

De sa femme?..

BOLIVAR

Voyons... donne...

BERNOUILLET

Merci... monsieur Bolivar... v’ià que mes yeux se débarbouillent.., je lirai moi-même... Ou plutôt non... je lirai pas... et si M. Clampin m’affirme que ma femme...

CLAMPIN

Est innocente... je le jure... sur la tète de M. Bolivar...

Sur la tête de M. Bolivar... je te crois... (il déchire la lettre.)

DENISE , à Miette.

J’ai eu joliment peur !

MIETTE

Et t’a raison... Embrasse-moi. (ils s’embrassent *.)

BOLIVAR, à lui-même.

C’est égal... je suis curieux de voir la prose de madame Bernouillet. (il ramasse un morceau de la lettre.) L’écriture de mafemmc... MIETTE, k Bernouillet.

Maladroit!.. (Haut.) Oui... oui... c’est l’écriture de Denise... mais j’vas vous dire, monsieur Bolivar... je me défiais un peu de mon écriture et de mon orthographe... et n’voulant pas tjue M. Clampin se moquât de moi... j’avais prié Denise... qu est ben plus forte...

DENISE

Oui... c’est ça... elle m’avait prié d’écrire à sa place...

BOLIVAR

Je comprends...

BERNOUILLET, aux paysans.

Y dit qu’y comprend... mais y comprend pas du tout.,, (a

* Bo. D, B. M.

Bolivar.) Vous comprenez... Denise est plus forte que ma femme... (Riant.) C’est comme vous... vous êtes plus fort que moi...

BOLIVAR, riant.

Tu crois?..

BERNOUILLET, riant.

Ah! ben sûr!., vous l'êtes plus que moi! (aux paysans.) 11 l’est plus que moi!..

MIETTE, bas.

Tais-toi {Jonc!

BOLIVAR, riant.

Et maintenant dors sur tes deux oreilles... aie confiance eû ta femme... comme l’a dit Virgile en parlant de la confiance : lylire, tupatulœ recubans s ub tegmine fagi...

BERNOUILLET, & Miette. »

Pauv’ bonhomme... 11 parle latin, mais il l’est tout de même... (il rit aux éclatB.) Lui, quoque!

ENSEMBLE

Reprise de l’air de la, troisième scène.

Un seul moment attristé Il r’prend enfin sa galté Sans répit (bis.)

.. Le v’ià qui rit.

Aussi longtemps qu’il vivra Bernouillet toujours rira,

Beruouillet toujours rira.

Oui, toujours, tant qu’il vivra Bernouillet toujours rira

BERNOUILLET, au public.

Tout vient me sourire.

J’ai le meut content...

MIETTE, l’interrompant.

Tais-toi donc... de rire C’ n’est pas le moment.

Tu sais la promesse Qu’ t’as faite aux auteurs...

BERNOUILLET

Du côté d’ leur pièce Faut que j’ mett’ les rieurs...

Pour que j’ tienn’ parole Faites tous : ah ! ah !

(il rit en applaudissant.)

Ça n’ serait pas drôle

Si vous f’siez comme ça... >

Heu! heu!

Page 1