Révérend Messire Faillon
renouveler toutes dans l'esprit” de votre sublime vocation. Afin quetoutes vous lui serviez comme d’enveloppes et de voiles pour qu’il o':: peinement par Vous ses desseins de sanctification sur les âmes ; que toutes vous ne soyez que comme des accidents sous lesquels il ge cache; et que ces accidents demeurent toujours dans la conviction qu’ils ne sont de leur propre fond que des accidents inutiles, vides de toute vertu propre et qui ne peuvent rien que par la vertu de celui qui a daigné les choisir pour résider en eux. Qu’enfin comme les accidents et les espèces de la Sainte Eucharistie, doivent toujours se maintenir dans leur état d’espèce pour contenir toujours sous elles l’Auteur de Ja grâce et
qu’elles ne sont plus rien si elles viennent à se corrompre, à se dénaturer,
qu’ainsi toutes vos saintes filles se maintiennent, immuablement st inva. riablement, dans leur union à Jésus, leur richesse, leur vie et leur tout. C’est la prière que je fais pour vous toutes et surtout pour vos chères novices, dans lesquelles résident l’espérance, et tout l’avenir de ce cher Institut.”
Il écrivait encore dars une autre occasion :
‘ C’est une nécessite pour nous de nous conformer à la volonté de Dieu, si nous voulons réellement ous sanctifier ; cette volonté adorable étant la règle de tout ce qui est bon, juste, louable et digne de récompense. Elle nous est manifestée non-seulement par les commandements que Dieu nous à faits, par les règles particulières qu’il nous a prescrites dans notre profession, par nos observances, mais encore dans tout ce qui arrive et qui contrarie nos désirs. Vous le savez nous ne sommes sur la terre que pour donner à Dieu des témoignages effectifs et réels de notre amour, et la marque certaine de l’amour divin, c’est lorsque cet amour sacrifie en nous nos propres désirs et les immole à ia volonté de Dieu. Hors de là il n’y a qu’illusion, que déception, qu'amour propre.
Il est vrai que rien ne nous est plus cher que nos propres désirs, surtout lorsqu'ils se présentent à nous, sous l'apparence du bien, ou d’un plus grand bien. Mais’c’est alors que le sacrifice en est plus agréable à
Dieu,
craint He
elles
Quelc liatior d’elle éprou est pc dans propr contra lui de:
seulen lières, Cet pourri Cet cela 8 Dieu « dence, de che une déplais leur ar autant vie de de Die sa volo Jamais C’es infidéli
Afin quequ’il on:
188 ; que quels il se tion qu’ils | de toute i a daigné nts et les dans leur a grâce et dénaturer, nt ft inva.
leur tout.
vos chères de ce cher
volonté de 6 adorable de récomandements , prescrites tout ce qui mes sur la ; de notre cet amour 6 de Dieu.
pre.
res désirs, n, où d’un agréable à
Son Premier Voyage en Amérique. 237
Dieu, plus sanctifiant pour nous-même et que l'illusion en serait plus à craindre, si on avait le malheur de s’aheurter à ses propres désirs,
Heureuses les âmes oui n’ont de désirs que pour les soumettre à Dieu : elles sont toujours dans la paix, dans la Joie, dans la liberté intérieure. Quelque chose qui arrive, quelqu’accident qui survienne, quelqu’humilation qu’elles reçoivent, elles n’en sont point ébraulées au dedans d’elles-mêmes ; les sens extérieurs peuvent bien en ressentir l'émotion, éprouver un trouble involontaire, mais en son fondement l’âme n’en est point affectée. Au contraire elle en prend occasion, pour se complaire dans la volonté divine, qu’elle veut honorer par le sacrifice de la sienne propre. Cette âme fidèle voit la volonté de Dieu dans tout ce qui la contrarie, et lui déplaît actuellement ; elle n’ignore pas que Dieu ne lui demandera point compte des biens dont il ne l’a point chargée, mais seulement de celui qu’elle devaît procurer dans les circonstances particu lières, où sa providence l'avait placée.
Cette immolation est plus glorieuse à Dieu que tous les services qu’elle pourrait lui rendre, en suivant et en satisfaisant son inclination.
Cette immolation est un vrai martyre du cœur, je l’avoue, mais c’est en cela seulement que consiste le vrai, ec le pur amour de Dieu. Et Dieu qui nous appelle à ce martyre, ménage par sa sagesse et sa providence, des occasions où nous devons le subir volontairement. De là tant de choses qui nous déplaisent. Les saints ne sont pas arrivés au ciel par une autre voie; leur foi vive leur montrait dans tous les sujets de déplaisir qu’ils ressentaient, autant d'occasions de témoigner à Dieu leur amour, et bien loin de fuir ces occasions, ils les embrassaient comme autant de grâces singulières. Nous en avons des traits frappants dans la vie de tous les saints ; et la Sainte Vierge elle-même, quoique très-chérie de Dieu, a passé et s’est sanctifiée par la même voie de la soumission de sa volonté à la volonté divine, et de la soumission la plus parfaite qui fut Jamais.
C’est une source de grâces ct gardons-nous de la tarir par notre infidélité, ou de vouloir de nous-même, aller nous abreuver à une autre.
238 Révérend Messire Faillon,
Il n'appartient qu’à Dieu de nous prescrire les moyens qu’il a ehoisis pour nous sanctifier. Ceux qui seraient de notre choix, ne seraient propres qu’à satisfaire l’amour de nous-même, la complaisance, la vanité sous l’apparence du bien ; au lieu qu’en prenant la croix que Dieu luimême nous impose et qu’il nous a faite de ses propres mains, nous sommes assurés de procurer sa gloire, qui ne peut-être attachée qu’à l’accomplisee.
“ment de sa volonté, et notre sanctification toujours inséparable de la conformité à cette même volonté.”
Voici encore quelques paroles qu’il a adressées à une communauté religieuse, la veille de la Présentation de la Sainte Vierge : [*]
“ Toute la gloire de la Fille du Roi des rois est au dedans d’elle-même, ‘ à la suite de cette Vierge, d’autres sont amenées, elles seront portées ‘avec jois et allégresse dans le saint temple.—Psaume 44.
L'Eglise dans l’office de la Présentation applique cos paroles à Marie, qui la première s’est consacrée au Seigneur par un mouvement du Saint Esprit, et qui par la perfection et la surabondance des sentiments de sa consécration, a attiré à Jésus une multitude d'autres vierges à sa suite pour les rendre participantes de son bonheur. Mes chères sœurs, vous êtes toutes par la pure bonté de Dieu, du nombre de ces vierges heureuses, que David voyait déjà dans la lumière prophètique, lorsqu'il prononçait cet oracle. Si vous avez eu le bonheur d'éprouver le désir de vous séparer ‘du monde pour vous donner entièrement à Jésus, c’est que Marie vons a ‘communiqué quelque chose de ses dispositions intérieures. Elle a attiré sSuavement vos cœurs par l'odeur de ses vertus,et par là vous a détermi. nées à marcher à sa suite, voulant vous associer à son propre bonheur ; elle vous a conduites dans la maison sainte que vous habitez, et Ià elle vous a formées elle-même, comme de ses propres mains, par les instruments qu'elle avait préparés. Elle s'est servie du saint temps du Noviciat pour
(*) Omnis gloria filiæ regis, ab intus,.…. … Adducentur regi virgines post eam, in lœtitia et exultatione afferentur in templum regis. (Psalm. 44.)
vous p que vo jour H même alégre qu’elle En} nues déjà co pouvez un degr à ses b considé:
au jour c’est ell ne pour y avait toutes 1 Vous a] Combier amour p sance q1 toujours reorésen aimiez le Si de réelleme assez la pourrait avoir les Nous:
a @hoiïsis
seraient a vanité Dieu lui-
| sommes ompliseee de Ja
munauté
le-même, t portées
à Marie, du Saint s de ga sa suite 1rs, VOUS ureuses, nçait cet séparer le vons à > a attiré détermi.
onheur ; t là elle ruments lat pour
1 templum
Son Premier Voyage en Amérique. 239
vous parer des ornements intérieurs qu'elle voulait voir en vous, afin que vous fussiez dignes d’être offertes à l’époux céleste. : Et quand le: jour heureux de votre profession est arrivé, elle vous: a portées ellemême dans le temple du Roi des vierges, elle vous y a portées avec allégresse, avec joie, comme dit David, ce qui marque le grand désir qu’elle à de votre bonheur.
En prenant Jésus pour votre unique et étornel époux, vous êtes deve. nues “ les filles de Marie à titre d'alliance,” (outre le titre qui vous était déjà commun avec tous les chrétiens,) la chose est incontestable, vous ne: pouvez être les véritables épouses de J ésus, sans contracter avec Marie, un degré d’affinité qui vous met dans un rang à part, et vous donne droit à ses biens et À sa tendresse spéciale : et il me semble que cette considération était l'un des motifs de la sainte joie de cette divine mère, au jour de votre profession lorsqu'elle vous présentait à Jésus. Car c’est elle et elle seule qui a été l’ouvrière de cette sainte alliance, Vous: n® pouviez y avoir aucune part active à cause de la disproportion qu’il y avait entre Jésus et vous. C’est elle qui à fait toutes les démarches, toutes les propositions, qui a pourvu à tout ce qui vous manquait et vous à procuré par sa grande bonté une si magnifique et auguste alliance. Combien donc vous devez avoir confiance en elle, et attendre tout de son amour pour vous qui êtes devenues ses filles bien aimées. La reconnais: sance qu’elle demande de vous, c’est que vous la respectiez et l’aimiez. toujours comme votre mère dans la personne qu’elle à choisie pour la représenter extérieurement au milieu de vous, et aussi que vous vous aimiez les unes les autres, par le motif de la sainte charité.
Si donc vous avez pour Jésus un amour véritable; si vous êtes réellement ses épouses fidèles, (comme je ne puis en douter, connaissant assez la sincérité de vos sentiments) vous éviterez avec soin tout ce qui pourrait blesser le respect filial dont je parle, et l’affection que vous devez avoir les unes pour les autres, etc., etc.”
Nous n’avons rien à ajouter à ce que nous avons dit de ce premier voyage
240 Révérend Messier Faillon,
qui fut fructueusement employé, il revit encore Baltimore, termina plusieurs affaires importantes et hâta son retour en apprenant une nouvelle qui le remplit de douleur.
M. de Courson, le Supérieur Général, qui n’était âgé que de cinquante deux ans, mais qui avait usé ses forces dans les travaux les plus accablants, après une maladie de quelques semaines qui semblait d’abord n’être pas de la plus extrème gravité avait succombé, dans le mois de Mai, et M. Faillon devait revenir pour prendre part aux travaux de l’assemblée générale de la Compagnie.
M. Faillon partit de New-York le 18 Juin 1850; il avait donc séjourné en Amérique près de quatorze mois. Il décrit ainsi son voyage de retour, dans l’une de ses lettres :
‘ Ma traversée a été aussi paisible et aussi calme que j’eusse pu le désirer, ou plutôt Dieu m’a traité avec tant de douceur qu’il a dépassé de beaucoup mes espérances et mes prévisions. C’était au point que pendant 8 jours consécutifs nous n’éprouvions presqu’aucun balancement sur le navire, et que notre capitaine, quoiqu’accoutumé à faire depuis longtemps la traversée ne se souvenait pas d'avoir jamais eu une mer si calme et si paisible. ÆEnfin c’e-‘ tout dire que je n’ai pas éprouvé le mal de mer. Dieu a donc eu compassion de ma faiblesse. J'avais cependant offert d'avance mon sacrifice, et considéré le navire comme un lieu de pénitence où la justice divine allait s'exercer sur moi; mais Dieu s’est contenté apparemment de cette disposition en considération de vos prières et pour me faire mieux apprécier ce que je vous devais, il a laissé agir les éléments sur la Manche, et m’a fait ainsi toucher du doigt la grande douceur dont il avait bien voulu user sur l'Océan.”
Pend:
de comn La sœur Mance 4
Ce tr:
désirs qu
Il dit à l’intér.
et qui to l’accrois:
publicati maisons lorsque ] rempli di religieus primitif < chaque ji Sujets, il leurs fon
Il ave mémoires
isieurs qui le
juante blants, re pas et M.
xmblée
journé ‘etour,
à pu le ssé de endant sur le temps e et si e mer.
offert itence ntenté
t pour ments dont il
fFHAPITRE xin,