LA FLEUR , GERMAIN
Où allez-vous donc , monsieur ?
Encore un qiiestionnur! Je vais où j'ai afraire.
Vous ne pouvez pas avoir aiVaire là-dtdans.
LA FLEUR
Ah ! je né puis pas avoir affaire où Je loge?
GERMAIN
Vous vous trompez , c'est mon maître qui loge là.
L A FL E u R.
Votre maître! Et dépuis quand appartenez- vous à M. dé Fierville?
GERMAIN
Je ne connais pas M. de Fierville : mon maître senomaie M. Guillaume.
LA FLEUR
M. Guillaume! Est-ce lé marchand dé drap dé l'avocat Patelin ?
Mon maîire ne vend point de drap.
LA FLEUR
Qu'il vende ce qu'il voudra , je né m'en soucie guère. Mais, mon cher , savez-vous qui est M. dé Fierville ? ce n'est qu'un conseiller au parlement dé Toulouse.
Un conseiller.
LA FLEUR
Dé la première des enquêtes, mon petit Non , ce
n'est que cela , et vous entendez bien que votre M. Guillaume. .
GERMAIN, à part
Si j'osais parler ! (Haut.) Que votre maître soit ce qu'il
voudra, le mien ne lui cédera pas la place , ni moi , à vous
C'est ce qu'il faudra voir, cadédis !
GERMAIN
C'est ce que vous verrez, cadédis !
Air des liourgnols de Chartres.
Vous mû rompez la tête;
Mon ami, taisez-vous; *
Devenez plus honnête, Ou craignez mon courroux, La distance entré nous
Doit être mesurée
(// le toise avec dédain.) Ça vent sur moi prendre lé pas , Et lé farjiiin né porté pas Seulement la livrée.
Il est vrai.
Air de la Ronde d' Anacrèon.
Je n'ai pas l'emploi magnifique De grand laquais d'un conseiller; Je suis le petit domestique D'un modeste particulier ; Et certes, sans qu'on me l'explique.
Je sais , et n'oibiîrai jamais, Cle que le petit domes'ique Doit de respect au grand laquais.
A la bonne hure ! ( A pai't. ) Ce que c'est que dé dé-i cliuer se» titres !
GERMAIN, à part, L'iiîsol'^nt coquin!... 8'ii savait que je suis valet-dechambre ! U est b eu dur queiquetois d être obligé de cacher qui l'on est.
Entrons. (7/ s aJiemirm vers le pai^îl/on, )
GERMAIN
Air : Courez i'//e , prenez le patron.
Je vous l'ai dit , monsieur le gascon, Vous n'aurez pas notre pavillon.
Lé gascon vous redit, mon garçon, (^u'il entré dans ce pavillon.
GERMAIN
Non.
Sandis ! faisons trêve à ces débats.
GERMAIN
Vous n'entrerez pas.
Oh ! malgré toi....
GERMAIN
Non , sur ma foi....