M. DE FIERVILLE , MAURICE
M. D E FIE R VI L L E
Ainsi, mon clier Maurice , d'après ce que vous m'avez dit, je pourrai habiter mon chàteciu dans deux mois.'*
MAURICE
Il sera en état de vous recevoir avant six semaines : je
ne quitte pas Ivs ouvrieis.
M. DE F lE RVI L LE.
Je le sais, et je suis , en tout , très-satisfait du compta que vous venez de me rendre de mes affaires,
MAURICE-
Monsieur , je les arrange comme les miennes propres.
M. DE FIERVILLE
Parlons-en un peu des vôtres : savez-vous que votre fille devient bien jolie?.... Est-ce que vous ne songez pas à la marier ?
MAURICE
Padonnez-moi , son mariage est arrêté , et même , lo futur doit arriver dans huit jours.
M. DE FIE RV ILLE
Prenez garde au choix que vous faites.
Oh ! c'est un bon parti ; un garçon de quarante ans.
M. DE FIERVILLE
A la bonne heure. Est-il un peu riche !
Il est à son aise.
M. DE FIERVILLE
C'est vous, sans doute , qui avez tout arrangé?
MAURICE
Oui, monsieur.
M. DE FIERVILLE
On peut demander cela , car les enfans d'aujourd'hui... quelles têtes !
MAURICE
Oh ! ma fille n'a jamais lait que ce que j'ai voulu.
M. DE FIERVILLE
C'est comme mon fils. JVspère que vous ne terminerez pas avant mon retour de Paris : je vous lerai l'honneur de signer au contrat , et de célébrer la noce dans mon château.
MAURICE
Monsieur , c'est trop de bonté,
M. DE FIERVILLE
Vous avez pris soin de le faire arranger; jf veux que vous en ayez l'étrenne... Je vous amènerai nion fils . vous*erez bien aise de le connaître.... c'est un aimable garçon.... Je suis tâché de n'avoir pas pour lui un bon patti tout prêt , j'aurais fait les deux nuces ensemble. Ah ! ça je vous charge d'ordonner la céiémonie de ma réception j vous connaissez l'usage accoutumé .'*
Oui , monsieur.,.. Les garçons sous les armes, les jeunes filles avec des bouquets ...
M. DE FIERVILLE
C'est cela.
Air du vaudeville (le Tom-Jones.
Tous mes vassaux seront dans l'avenue ;
Et de l'instant qu'on me verra.
On fera feu; puis sur ma bien venue,
Mon bailly me haranguera.
Avec bonté je recevrai l'hommage:
Je n'y met» pas trop de valeur ;
Mais j'aime à voir que mon village
Sait ce qu'il doit à son Seigneur.
MAURICE
Voici M. Guillaume ; je vous laisse avec lui , et je vais donner des ordres pour votre dîner ( Il sort )