SCENE V
Les MÊMES , MAURICE.
MAURICE
Ah ! VOUS voilà, mon cher Hipoliie ! tant mieux : faitesmoi compliment , faites compliment à ma fille : mon gendre arrive dans huit jours Vous l'a-t-elle dit?
HIPOLITE.
Oui, monsieur.
Mon ami , vous serez de la noce.
HIPOLITE.
Monsieur
MAURICE
Je prendrai une séance aujourd'hui , la bonne nouvelle que je viens d'apprendre me donnera... vous savez biea... cet air que vous aimez.
HIPOLITE.
Je suis à vos ordres.
MAURICE
Je veux d'abord attendre M. Guillaume. Il va rentrer
( la ) pour déjeuner, dès que }e l'aurai vu , que je saurai s'il a bien pas<ré U nuii , je suis à vous. Mais pour dieu , mon cher , si vous avez de l'amitié pour moi , qu« ce soit aujourd'hui ma dernière séance.
Oh ! papa Maurice , la dernière... non.
•MAURICE
Comment ! encore?
Pas plus de cinq ou six.
MAURICE
Cinq ou six , morbleu !
Votre portrait en sera mieux.
C'est que vous n'êtes pas aisé
M A u R I c Ej
Non , je ne suis pas aisé à attraper , mais... tu y mets le temps.
Air : Je brûle de voir ce château, U me rpra mourir d'ennui :
Vois donc ma patienr-e!
Je vais lui donner aujounriiui
La vingtième séante; J^ien Tie s'achève sous ses doigts, Je n'ai pas un seul trait , je crois. Qu'il n'ait fait et refait vingt fols,. Je reste là, comme uiie souche, Fk tandis ffu'ati née il retouche,,'?
II efface l'œil ou la bouche.
HIPOLITE.
En peinture , c'est comme ea poé-ne , il faut souvent eflacer.
MAURICE
Efface tant que tu voudras, c'est aujourd'hui la dernière fois que je te prête ma figure.
HIPOLITE.
Passe pour la figure , mais l'habit.....
MAURICE
Ah I mon iiabit, je te l'abandonne , c'est l'affaire de ton nianxiequin.
A'nsi j voilà qui efrtdit.
MAURICE
Oui , dans deux heun-s , ma dernière séance.
Dans deux heures j'ai donc le temps d'aller au village voisin y porter unt- lettre à la poste?
MAURICE
Oh ! à ton aise , je ne suis pas pressé.
CECILE, bas à Hipolite.
Vous écrivez bien souvent à Paris !
HIPOLITE , bas à Cécile.
Ces lettres-là ne doivent pas vous inquiéter.