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L A])ostolat de Ste. Marie Madeleine. 195
tent complètement les assertions des novateurs, tandis qu'ils confirment les antiques souvenirs et les pieuses croyances des populations si ardentes mais si intelligentes de la Provence. Sans doute que quelques unes de ces observations avaient déjà été faites, mais M. Faillon a eu non seulement le mdrite de les recueillir, mais de les appuyer de toutes les appréciations de la critique moderne.
Il passe ensuite à Marseille, et là malgré les dévastations des Sarrasins, il recueille un grand nombre de témoignages. D'abord il reconnaît l'emplacement de la petite chapelle que l'on voyait encore au X Ville siècle, et il constate la dévotion des Marseillais à fixer leur église principale à l'endroit môme où la tradition reconnaissait la première arrivée des Saints Apôtres. Il est à remarquer que c'est là que se trouverala Nouvelle Cathédrale. Il donne ensuite la description des souterrains de l'abbaye Saint Victor dont les autels et les sanctuaires se rapportent si merveilleusement aux premiers travaux de Saint Lazare, et à son ensevelissement après son martyre ; il vérifie le siège de Saint Lazare, son image dans la crypte et enfin son tombeau, qui a été l'origine d'un cimetière vers cet endroit et dont le musée de Marseille conserve les tombes si antiques et si caractérisées ; il constate que le souvenir de ce site funéraire, est gardé encore actuellement dans le nom de la rue de Paradis qui passe aux environs de ce quartier. Il décrit aussi la forme de la prison du Saint Martyre, et en fixe la date en montrant comme elle a conservé complètement le caractère des prisons romaines du temps des premiers empereurs, il relève les points de ressemblance si frappante qu'elle avait avec les prisons Mamertines, où furent enfermés les Saints Apôtres de Rome, et il montre comme la pieuse croyance des fidèles s'accorde avec les recherches et les afiirmations des archéologues les plus autorisés. Il compare ensuite les souvenirs de l'Eglise de Marseille avec les traditions de l'Eglise d'Autun et il fait voir comme ils s'accordent sur le fait de la translation des restes de Saint Lazare pendant les incursions des Sarrasins, enfin il assigne la date et l'auteur de cette translation, au moyen de recherches laborieuses, mais dont on peut constater la complète exactitde.
196 Révérend Messire Faillon,
A Aix, M. Faillon recueillit encore bien des souvenirs qui viennent confirmer les traditions des premiers siècles. Dans la Cathédrale il y avait une chapelle voûtée et supportée par des colonnes, que l'on avait attribuée de toute antiquité à St. Maximin et à Ste. Marie Madeleine, elle avait été épargnée par la révolution française et subsista jusqu'en 1808, époque à laquelle, elle fut détruite pour cause d'amélioration par l'autorité diocésaine, mais les ornements qui en furent conservés dans la nouvelle construction permettent d'en constater l'antiquité. Enfin il signale que l'une des colonnes de ce sanctuaire en marbre précieux, a été transportée à la colline Bonaparte à Marseille, où on lui a assigné une destinée bien différente de son premier emploi (1).
A Tarascon, M. Faillon a pu décider que l'oratoire de Ste. Marthe était la crypte inférieure de l'Eglise, enfin nul plus que lui n'était capable de recueillir les vieilles traditions du pays qu'il avait habité si longtemps, il a pu aussi donner toutes les explications qui se rapportaient aux cérémonies et à la procession immémoriale de la Tarasque, il reconnait qu'il est fait mention de cet événement dans les plus anciennes vies de Ste. Marthe, dans la vie de Raban Maur, dans les sculptures de l'Eglise qui remontent aux premiers siècles, dans plusieurs peintures, dans le sceau de la ville, sur les anciennes monnaies, etc., etc. Il signale à la Major de Marseille une très ancienne statue de Ste. Marthe la représentant avec le monstre à ses pieds.
M. Faillon visita aussi plusieurs fois la Ste. Baume, et en examina les souvenirs avec le soin éclairé qu'il apportait en tous ses travaux. Il vit ce mur de rochers qui s'élève à plus de trois mille pieds au-dessus du niveau de la mer et qui offre aux deux tiers de sa hauteur cette caverne, où Madeleine alla se réfugier, lorsqu'aucun sentier n'était encore tracé et que l'accès en était presqu'inabordable ; il vit comme suivant la tradition l'eau suintait de toutes parts, excepté à l'endroit où la Pénitente se tenait toujours absorbée dans la prière ; il visita à quelques