PARU
Il nous répondra peut-être, et non sans raison : “ Voyez ma Flore du Canada et vous trouverez sur toutes ces plantes de nombreux renseiments. ”
Puisque l’occasion s’en présente, pourquoi les amis de la science au Canada n’encouragent-ils pas d'avantage Le Naturaliste canadien, bulletin de recherches, observations et découvertes se rapportant à l’histoire naturelle du Canada ?
Les hommes de science n’ont pas chez nous : l'appui qu’ils méritent.
Si on ne met que 20 minutes à se rendre des Cèdres à St-Timothée, on prend une heure et demie pour traverser de St-Timothée aux Oëdres. C’est qu’il faut remonter les courants, le long des îles, à la corde et à la perche : ce qui est assez pénible. Le premier venu fait bien de ne pas s’en mêler. . Dans les rapides, plus qu'ail-
leurs, il faut toujours céder à la prudence.
Les Cèdres, mardi 28 juin 1887.
Distribution des prix. — Livres cartonnés. — Malheureux sort de la littérature au Canada. — Les maisons d'éducation et les auteurs canadiens. — Le couvent des Cèdres. — L'arbre des Sœurs. — Respect pour la tradition.
— Monsieur, la mère supérieure vous prie d'assister à la distribution des prix.
— J’y vais Mademoiselle.
Toutes les distributions de prix se ressemblent plus ou moins : du chant, de la musique, une adresse, des couronnes accompagnées de volumes dont la gloire trop souvent est plus à l’ex-
térieur qu’à l’intérieur.
L’habitude de donner des livres cartonnés est encore à peu près universelle. Ces livres en général sont bientôt déchirés et dédaignés. Ils n’ont souvent que ce qu'ils méritent.
Bien qu'il faïlle avec les enfants se soumettre à la tyrannie des yeux qui voient de l’or dans tout ce qui brille, ne pourrait-on pas üäonner,
dans les classes plus avancées, de jolies brochures.
On fait relier une brochure, on ne fait point relier un volume qui a perdu son cartonnage.
Cette brochure devrait être souvent un livre canadien.
Nos littérateurs meurent de faim. Achetez donc leurs productions.
Notre population n’a pas le goût des lettres, elle a le goût du jeu, le goût du carnaval, le goût des courses à cheval ou à la rame. Est-ce avec cela qu'un peuple grandit ?
Octave Crémazie qualifiait la société canadienne de 1866 de société d’épiciers. La société canadienne d'aujourd'hui a-t-elle tiré profit des 20 années écoulées ?
Les hommes de talent ne manquent pas, au contraire. Mais où est le courage littéraire, où est le feu sacré lorsque l'écrivain peut dire en voyant son manuscrit : “ Ce livre n'aura d’au-
tre lecteur que... son auteur
Pig à:
Sans les maisons d'éducation qui distribuent chaque année des milliers de volumes, que deviendra donc la plume de l'écrivain, que deviendra cette plume d’or qui pouvait illustrer son pays dans des pages immortelles ?
Elle sera mise de côté ; elle gîra dans un tiroir ; elle se rouillera et se verra préférer. une pelle ou un rabot ! |
Ceux qui aiment leur patrie, les éducateurs de la jeunesse en particulier, ont done un devoir grave à remplir à l'égard de la littérature natio-
nale.
Encore une fois, achetons beaucoup de livres canadiens. Puis, livres canadiens œu non, donnons aux enfants des classes supérieures, sur-
tout, des livres bien reliés ou des brochures.
Beaucoup de maisons d'éducation sont pauvres, on pardonnera toujours à celles-là de donner des livres cartonnés. La pauvreté de-
vient sagesse lorsqu’elle répond à la nécessité. s q
Le couvent des Cèdres est dirigé par les Ré-
x vérendes œurs de la Congrégation de Notre-
Ga absent, situé en face de la tête dés
apides, possède un des plus beaux points de
| ue de la Puissance du Canada.
La bâtisse qui vient à peine d’être erronée
st d’un bel aspect, Elle peut donner tout le confort nécessaire à 150 élèves.
Les religieuses n’ont qu’à traverser larue pour
se trouver dans notre verger.
1 Et pourquoi cette remarque ?
Ma mère aime à donner à ses chères voisines, . peu fortunées, la cueillette des pommes d’un arbre bien fourni. | > Jlest donc un arbre du verger qui s'appelle le pommier des Sœurs ! Heureusement pour ces | Dames que ce pommier change de place ! lors- ‘que la récolte vient à manquer.
« Quelque soit le propriétaire à venir de ce ver-
, j'aime à croire qu’il aura toujours son pom-
mier des Sœurs. Les enfants doivent imiter les bons exemples et les bonnes pratiques que leur lèguent leurs parents. Le respect et l'amour de saines traditions donnent toujours aux famil- 4
les la force et la distinction. | 0
Les faits de ce genre devraient être entrés 4 dans le Livre de famille. J'appelle Livre de fa malle le journal où les parents notent leurs faits 1
et gestes, le journal où les parents écrivent au
jour le jour ce que leur apprend la vie, le journal enfin où le père et la mère inscrivent les «
ue qu'ils jugent les plus utiles à leurs fils.
à leurs filles.
ou le vrai moyen de OU les bonnes traditions et d'assurer l'avenir de la postérité. On ferait bien de lire à cet effet La vie ‘do-4 mestique, ses modèles et ses règles, par Charles | de Ribbe. F3
Montréal, mercredi, 29 juin 1887