‹ M. LʹAbbé François PiloteChapitre 50 sur 70 · PRES RIT ARR · texte numérisé non relu

PRES RIT ARR

Sources de St-Léon,samedi, 23 juillet 1887

Varia. —M. Shallow. — Un rédacteur bien payé. -- A l’occasion d’une soirée dansante.

Sil y a beaucoup d’imprudents dans le monde, :] semble vrai de dire qu’aussi nombreuses

sont les imprudentes.

Plusieurs jeunes filles s’abonnent ici au Couvent. J'aime à croire qu’elles sont au nombre des sages celles-là.

M. Shallow, propriétaire du Moniteur du Commerce, me fait l'effet d’un homme tout à fait agréable. M. Savary, son premier rédacteur, ga-

gne $35.00 par semaine.

Grand bal ce soir.

Toilettes riches mais modestes.

Sources de St-Léon, dimanche, 24 juillet 1887 4

A St-Léon. —- Le Rév. M. Tessier. -- Une instruction. — Le sentiment È et la raison. — Les ananas. A la messe. Le dimanche des protestants. Sommeil. Fe

Hier soir, j'ai laissé l'Hôtel pour me rendre à

quelques milles chez le Révd. M. Tessier, curé « de St-Léon. |

Le curé de St-Léon est un homme affable et 4 distingué. Il'suit attentivement les événements : du jour. | | |

Il chante aujourd’hui la grand'messe et me 1 charge de l'instruction. Je répète pour la sep- | tième fois mon petit mot sur les fruits de la communion fréquente, ajoutant à chaque fruit « un trait. Le peuple aime les histoires. Certains faits émouvants lui donnent plus de con- È

viction que les meilleures raisons. La raison cependant doit toujours être là. On entre dans le À cœur par le sentiment, mais on n’édifie rien. de .

urable qu'e en an jusqu'à ie par ha ne

aison.

* | É tel Gare aux ananas. Une tranche, une simple

Le Les Canadiens et les Irlandais, pour le grand nombre, ont déserté l'Hôtel des Sources pour satisfaire, à St-Léon, au précepte dominical. Les roprictaires des Sources, tout en étant protestants, sont très gentils sur ce point, mettant

eurs voitures à la disposition des catholiques.

Les étrangers protestants sont restés silen-

jeux tout le jour. Les voilà qui, réunis au saon, commencent à chanter des cantiques avec

accompagnement de piano.

| * S x * Il est 10 heures, c’est le temps de faire visite

Morphée. fl n'aura pas la Aus de me tou-

| és au fils de l’Erèbe et de la Nuït.

Sources de St-Léon, lundi, 25 juillet 1887.

Vaincu. — Promettre et ne pas tenir. — Genre maussade de certaines

feuilles.— Ce qui forme l’opinion.— Bien payer les rédacteurs. —

Mis

Articles de fond. — Nos journalistes et nos hommes de lettres. —"

Pas de conviction chez certains protestants. — Moyen facile de faire aux eaux, de nombreuses connaissances.

Je tire une course en chaloupe avec MM

Brousseau, de Québec, et Balcy, des Trois-Riviè-"

res. M. Brousseau remporte une brillante vic-«

toire !.

Pierre, Paul, Jacques et Jean, décidément, ne k

viennent pas à St-Léon.

Les hommes se font des promesses qu'ils ne

tiennent point.

Conclusion pratique : parlons des gens arri-«

vés plutôt que des gens à venir.

La lecture des journaux m'’attriste.

Que d’insinuations fausses et malveillantes M

Que d’enfantillages ! Que de niaiseries ! 4

Pauvre ue ie ce que Ton te donne

pour éclairer en toi la conscience du citoyen !

Et dire que certaines feuilles, rédigées par des « cens sans expérience et sans conviction, forment cependant l'opinion d’un grand nombre dans

leur circonscription !

-. “ Dites-moi quelles sont vos lectures habituelles, et À je vous dirai quels sont vos opinions et vos principes, si vous en avez. Les journaux ont une action bien plus forte que les livres, parce qu’elle est de tous les - jours et qu’on la subit même à son insu. On finit na- - turellement par penser comme son journal. Vous - pouvez juger de l'esprit qui règne dans une famille à par le titre seul du journal qu’elle reçoit ; c’est un thermomètre à peu près infaillible. Quelques-uns en li- . sent plusieurs d'opinions différentes pour pouvoir, di- » sent-ils, opposer les bons aux mauvais : en ce cas je » crains bien qu'ils ne finissent par penser comme les » mauvais. ”

nos:

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