‹ M. LʹAbbé François PiloteChapitre 61 sur 70 · RANCE · texte numérisé non relu

RANCE

Je n’ai rien dit de la nourriture ici. Elle est excellente. Il y a moins d’abondance qu’à 0 He House ( A DEA pesst ); mais

Dans tous les cas, fe mets ne De ni du Maroc ni de la Cochinchine. a parle point de dinde à la broudoulboudour ni c sauce à la tontétatiguéritatou. Le chef de cui-

gine est canadien. 0

Caledonia Springs, samedi, 27 août 1887

Bonjour Messieurs, bonjour Mesdames ; je re-

tourne aux Cèdres, satisfait de Caledonia.

Les Cèdres, lundi, 29 août 1887

Le cochon de lait. — Frédérica à contribution.

Que l’on dise et que l’on fasse, le cochon de lait n’est pas facile à digérer ! Ce que j'en ai mangé, chez l’oncle Théode Giroux, était pourtant fait à la perfection. Pour donner à la chaire de cet intéressant quadrupède toutes. les qua lités dont elle est susceptible, il faut la laisser 15 heures dans la saumure et la faire cuire au

four.

Lorsque l'estomac monte au cerveau avec sa

orande échelle indigestion, les pensées des autres sont avec raison les préférées.

Mademoiselle Frédérica ne m'en voudra donc pas si je dérobe quelques lignes à ses pages in-

times.

“Le cœur d’une mère est une lyre d’amour qui,sous la touche de l’enfant, rend des sons suaves et mélodieux.

L’orpheline est la fleur qui n’a plus de tige.

La paresse sans cesse se remet-des fatigues d’un trop long repos.

Une mère, c’est un trésor que Dieu nous donne ; mais hélas ! malgré notre soin à le conserver précieusement, la mort, voleur impitoyable, tôt ou tard nous l’enlève. |

L'étude de la vie, c’est l’étude des larmes.

Pourquoi le regard de l’enfant est-il si pur, si candide ?..… C’est parce qu'il reflète le regard de l’ange penché sur son berceau.

O mère bien-aimée, toi, qui dans mon enfance me berças dans tes bras, tu trouveras désormais dans mon cœur un berceau.

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lé à

Lie x va

Ji tail ar ODEA EE po

L'âme du poète chrétien est la lyre qui ne frémit qu’au passage des brises célestes. ”

Les Cèdres, mardi, 80 août 1887

Faits du mois : Une lettre importante. — Jubilé de Léon XIII. — Depretis.— Nouveaux acteurs.— Traduction.— Liberté de la Presse.— Y a-t-il des microbes dans la glace ? — Mgr Seghers.— Le choléra.— Salisbury.— Ferdinand devant les Puissances.— Politique de l'Angleterre en Orient.— L’aatipyrine.—Au Canada.

Les journaux se sont entassés sur ma table de travail.

Les événements du mois se résument en peu de mots.

Une lettre de Léon XIII, au cardinal Rampolla attire l’attention de la presse européenne. Le Pape veut son indépendance temporelle. Un Pape qui n’est pas souverain ne peut avoir toute sa liberté d'action : l'efficacité de son ministère est par suite grandement amoïndrie. Quand les souverains catholiques le comprendront-ils ?

Le 3 août, ouverture de l'exposition des ob-

Pete

Loge jets offerts au Pape, à l’occasion de son jubilé sacerdotal. |

L'Italie perd Depretis. La politique européenne, décidément, change de mains L’Angleterre a perdu d’Israëli, l'Espagne Alphonse XII, la Russie Katkow.

Depretis meurt en libre-penseur.

La Civilta cattolica publie un long did pour démontrer que l'électricité est probablement la cause des tremblements de terre. Voïlà qui ferait plaisir à Mgr O’Mahony.

L'ouvrage de dom Sarda sur la malice du li=

béralisme vient d’être traduit en français. Les

esprits sérieux se feront un devoir de lire et de

relire cet important travail.

M. S. Tassé, curé de Ste-Scholastique, publie une excellente étude sur la liberté de la presse. Henri de Parville nous dit que la glace est

remplie de microbes. Tous les microbes ne sont

pas de la race des assassins. (Ceux de la glace,

ajoutons-le pour notre consolation, sont en géné-

ral inoffensifs.

La mort de Mgr Seghers est malheureusement

MR 3 Ha confirmée. Il a été tué dans l’Alaska le 28 novembre 1886.

Le choléra ravage l'Italie.

Salisbury montre les grosses dents aux patriotes irlandais.

Les Puissances déclarent que Ferdinand occupe illégalement le trône de Bulgarie. Le prince va-t-il s’en porter plus mal !

On écrit de Constantinople :-——“Tous les maux de l'Orient, depuis cinquante années, sont causés par la duplicité de la diplomatie de certaines grandes puissances, principalement de l’Angle-

terre. ” Ce renseignement peut être utile à certains Canadiens trop crédules.

Grande réunion des catholiques suisses à Bäle.

Un remède nouveau contre la migraine, l’an-

tipyrine.

Les journaux canadiens sont passablement | remplis :

Difficultés du Rév. P. Paradis avec les marchands de bois.

Publication du ler Vol. des Mandements des évêques et archevêques de Québec.

La Minerve, frégate française, dans le port de Montréal.

Couronnement solennel de la statue de Sainte Anne à Ste-Anne de Beaupré.

On part en guerre contre la marguerite !

Conflit entre les Manitobains et le Gouverne- |

ment Fédéral, à propos de chemins de fer.

Question du repatriement.

M. Pacaud nommé conseiller législatif. Ré-

eriminations.

Quelques critiques relatives à la loterie natio-

nale. ÿ

Les Cèdres, mercredi, 31 août 1887

La malle m’apporte un volume qui a pour auteur Emile Piché, ancien ami de collège. C’est une réponse motivée à l’ouvrage Chez Paddy, du baron de Mandat-Grancy. M. Piché inti-

He

tule son livre Pour l'Irlande. Il fait voir que M. Mandat-Grancy a présenté les choses sous un faux point de vue. Il répond à plusieurs objections. Ce livre fera du bien à la belle cause

irlandaise :

“ Aucune mère irlandaise ne m’a bercé près des ruines fumantes de la maison paternelle, aucun père 1rlandais ne m’a montré du doigt l’endroit où mon an: cêtre avait été pendu, in odium fidei; aucune goutte de ce sang héroïque qui coula à Fontenoy, ne coule dans mes veines. Je puis traverser ce pays Sans penser qu’un seul pouce de ce terrain appartenait à ma famille.

“ Mais, comme M. de Mandat-Grancey, j’appartiens à une nation qui fit autrefois sa cause de la cause des peuples opprimés ; j'appartiens à cette France qui se battit pour le salut, la prospérité des autres pays, qui aime la justice et maudit Piniquité.

“ Cette mère patrie n’a pas perdu 8a vocation, parce qu’elle produit des enfants qui s’en vont rire des malheurs et de l'oppression d’autrui ; je sais d’ailleurs qu’il y à au delà des mers une autre France, une nouvelle France qui n’a rien perdu de la générosité, de la loyauté, du respect des vieux Francs, et c’est parce que je suis son enfant que j'ai écrit ce livre.Je n’ai pas des loisirs de touriste, et ces quelques pages m'ont coûté des nuits après de longues journées de ministère: mais si grâce à elles je puis réparer le scandale

causé par un Français, et servir une nation calomniée

et qui lutte avec l’énergie du désespoir, j'aurai la récompense que j'ose ambitionner. ”

Mon père laisse enfin Ottawa pour prendre ici quelques jours de vacances. Je jette un coup d'œil sur son journal-mémoire.

Il y a là beaucoup de choses intéressantes et inédites.

Je remarque que le premier prêtre qui a desservi les Cèdres (1764) était un Récollet, Francois Maugé, natif de Verchères.

Deux Sulpiciens, MM. Mathevet et Guichard, missionnaires des Alconquins au Lac des Deux- Montagnes, 1766 à 1767, remplacent le Rév. P. Maucgé.

Vient ensuite M. Pierre Denaut, vers 1767, natif de Montréal, et qui fut plus tard le 10ème évêque de Québec.

Les Cèdres portaient à cette époque le nom de Soulanges.

Je vois encore au nombre des curés des Cedres, M. Antoine Manseau ( 1817 ), plus tard

nr

curé de l'Industrie { Joliette ) ;. M. Fr.-Norbert Blanchet (1827), ler évêque d'Oregon City ; M.

Augustin-Magloire Blanchet (avril 1838), ler évêque de Nesqualy : M. Hippolyte Moreau (octobre 1844), Vicaire-Général de l’évêque de Montréal ; Maurice Roux ( 1849 à 1877 ), natif de Bonvillard ( Savoie ), prédécesseur du Rév. : Joseph Plessis-Bélair, curé actuel.

Chaque paroisse devrait avoir son histoire écrite. Le gouvernement provincial ferait une grande et belle chose en donnant une allocation convenable à toute personne qui se chargerait, pour sa paroisse, d’un semblable travail. Rien ne nourrit l'esprit national comme ces sortes de lectures (1).

(1) On lira avec intérêt Histoire de St-Jean de Matha, par T. Provost, Ptre. 25 centins l’exemplaire, au bureau de lEtudiant,Joliette.

Les Cèdres, vendredi, 2 septembre 1887

Les vacances ne durent pas toujours. Ilfaut penser à laisser les Cèdres, se remettre au tra= vail, songer à la philosophie, à l'Etudiant et au Couvent.

Assez de Coups de crayon, cela n’est bon que sur le papier ; il fant pour l’âme de nos écoliers

de grands dessins !

Adveniat regnum tuum. .

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