L. M- LEUR
Mais, dame... c'est mon état... Oh ! je ne vous ai pas tout dit... voyez vous, nia M. voire père non plus.
ADOLPHINE
Je 1g crois.
LAl'LEUR.
J'ai des petits talens domestiques... D'abord, j'ai une légère teinture de pâtisserie... je pâtisse gentiment.
ADOLPHINE
Ah ! vous pâtissez.
Oui! et puis, je bois très bien le vin en bouteilles... C'est-à-dire, je mets très bien.,.
ADOLPHINE
Ah ! et puis ?. .
Dame... je pose les tapis... je jardine,,.. A la campagne, c'est utile... Et puis, je sais distinguer le champignon vénéneux du champignon bienfaisant.
ADOLPHINE
Tenez, Monsieur, trêve à cette comédie que VOUS jouez depuis ce matin... parlons sérieusement.
LAFLEUR, étonné.
Vous trouvez que je joue la comédie... j'ignorais posséder cet art. Parlons comme vous voudrez. Mademoiselle... Sérieusement, comiquemenl ou autrement, ça m'est indifl'ércnt.
ADOLPHINE
De Ions les talens que vous possédez... il en est un dont vous ne parlez pas!.. Vous savez écrire !
LAFLKUR.
Ah! ça n'est pas mon fort... j'écris passablement la bâtarde...
ADOLPHINK.
Dans tous los cas vous avez des moyens fort ingénieux de l'aire parvenir vos lettres.
LAFLEUR, à part, imitant !e geste.
Je ne saisis pas très bien.
ADOLPIIINE.
Allons, voyons... vous savez bien ce que je veux dire... (Elle agite le bras en désignant le mur.) Le mur,..
LAFLEUR, à part.
Le mur!.. Est-ce qu'elle voudrait mêle faire badigeonner!.. (Haut.) Usullitje le badigeonnerai, Mademoiselle.
ADOLPHINE, même geste.
Allons... vous ne voulez pas comprendre.
J'avouerai...
ADOLPHINE
Cependant, c'est bien vous... (Ace moment le bras s'agite tenant une lettre à la main.) Ce n'était pas lui !.. Ali! tant mieux!.. Mais alors, si celui-ci est le fils Clément, il me faudra l'épouser...
Si vous vouliez m'expliquer...
ADOLPHlNÈ.
Non, c'est inutile...
Vous êtes libre, Mademoiselle, J'attends vos ordres... Avant peu, j'espère, je trouverai l'occasion de vous faire apprécier mon dévouement et ma fidélité. . . Car je suis fidèle avant tout. . .
ADOLPHINE
Vous vous coupez, Monsieur...
Comment cela ?. . Je ne crois pas me couper en disant...
ADOLPHINE. l'interrompant.
Tenez, Monsieur... je vais vous parler franchement... mon père a résolu de vous donner ma main...
Votre main? Grand Dieu!..
ADOLPHINE
Je ne veux plus me prêter à votre comédie, je ne chercherai pas à vous dire ce que vous savez mieux que moi... mon père veut que je sois votre femme... Eh bien, monsieur... j'obéirai.
LAFLEUR, étourdi.
Moi, votre !.. Vous, ma !.. Je lombede toute ma longueur.
ADOLPHINE
Laissez-moi finir.., je vous l'ai dit. Monsieur, j'obéirai, mais songez bien à l'aveu que je vais vous faire, ce n'est qu'à l'obéissance qu'une fille sage et soumise doit à son père, que vous devrez de m'avoir pour femme... Voyez, Monsieur, ctrétléchissez...
Réfléchir!., jamais, au grand jamais! je ne veux rien voir, rien entendre... Laissez-moi me mettre à vos pieds sur mes genoux!., si j'avais cinquante genoux... ils se ployeraient tons devaiit votre créature ravissant'; et plus qu'agréable.
ADOLPHINE
Monsieur!..
Ne vouseflarouchcz pas de ces motsronflans: les évèiiemens m'y autorisent... Donnez-moi cette main... que je la couvre de baisers incandescens!.,
ADOLPHINE
Monsieur!..