M. Laurent David et Mgr Lazzareschi [microforme]
M. L. O. David veut bien nous croire un pen de justice et de charité : il y fait appel dans l’Ælecteur. Nous nous hâtons d’y ré pondre. Le nom du prélat dont il secouvre demande cet égard ; et l’humiliation où il s’est mis par sa faute réclame cette pitié.
Nous ne pouvons pas, cependant,malgré la légitime compassion qu’il nous inspire, lui promettre une troisième brochure—à l’occasion de son misérable pamphlet. — Une seule a suffi pour en faire justice. La deuxième n’a pas été faite pour tuer le pamphlet qui était mort äéjà pour ne plus Jamais revivre, mais, pour mettre dans son vrai jour l’attitude de Nos Seigneurs les vêques dans la question des écoles. Cette grande question convenablement traitée et élucidée, nous ne voyons pas de raison de nous occuper de M. David ni de sa brochure, ni d’en occuper davantage le pu blic. Ce serait donner plus d’importance qu’il ne faut à l’œuvre ec à l’ouvrier.
Même dans ces quelques lignes, nous ne revenons pas sur le péché de M, David.
C’est chose jugée. Le réquisitoire que nous avons présenté au public, sans être complet, nous a semblé suffisamment motivé pour justifier le jugement que nous en avons porté. L’op nion catholique a applaudi unanimement à cette protestation et à cette exécution. Jnsqu’à présent, personne n’a présenté ni une observation, ni une objection pour infirmer un jugement qui restera, nous l’espérons, celui de l’his-
toire, parce qu’il est celui de la justice et du bon sens.
M. David ne tente point de rouvrir la discussion. Il se contente de gémir et de poser en victime ; ce qui attendriru davantage les naïfs et tous ceux qu’une ardente et noble passion” dispense souvent de raisonner, surtout quand ils lisent habituellement l’Ælecteur. Puis il cite, sans trop la comprendre, une immense lettre dun prélat romain, pour convaincre ses lecteurs qu’il est le plus innocent des hommes, ce que personne ne conteste, et qu’il a écrit le plus inoffensif et le moins condamnable des livres, ce que le prélat se garde bien dedireet ce qu'aucun homme sensé ne croira.
Nous voulons dire à M. David qu’il a tort de se plaindre et de gémir sur les cruautés qu’on lui fait ; qu’il a tort de demander des encouragements à mal faire et des approbations à des hommes qui ont sûrement grâce d’état pour n’en donner à personne, et à Jui moins qu’à aucun autre, tandis qu’il ne demande pas lumière et jugement à ceux-là seulement qui ont mission de les lui donner ; qu’enfin cette immense lettre de Mgr Lazzareschi vaut quelque chose dans l’espèce nniquement parce qu’elle évite prudemment de juger tout ce qu’il y avait à juger.
M. David parle de “la violence des attaques dont il a été victime.” Personne n’a attaqué M. David, et il n’a été victime que
| de ses imprudences et de ses étourderies,
te CAE Ste
Quand le gamin sort dans ju rue en tenue plus que légère et qu’il s’emusc à casser les vitres ou à insulter père et mère, est-ce donc l’attaquer et en faire une victimeque de lui appliquer une verge flexible à Pendroit idoine, et doit-il se plaindre d’une juste sévérité dont il est lui seul la cause véritable ?
Il n’est pas plus véridique ni plus raisonnable quand il parle de langélique patience avec laquelle il a supporté les sévé.
rités des journaux et leurs mordantes critiques. Personne ne lavait provoqué. Pour:
quoi a-t-il provoqué Popinion et insulté tout ce qu’elle respecte et vénère à bon droit ? Tout le monde devait done souffrir de ses impertinences et de ses étourderies, et lui seul devait donc ne rien souffrir ?
Des fils devaient laisser souffleter leur mère et ne pas rendre soufflet pour souf flet ?
Du reste, la patience de M. David ne nous à semblé ni si héroïque ni si méritoire. Les premiers coups de plume qnw’il a reçus dans la Presse Pont fait gémir amèrement. Il n’a pas laissé non plus de faire paraître quelques trépignements dès les premières lignes de notre première brochure, Sieusuite 1] a su, comimetous ses amis, garder de Conrart le silence prudent, c’est qu il a Obéi aux conseils de la sagesse plutôt qu’à ceux de la patience, et qu'il s’est peut-être plus inspiré de Pinstinct de con-ervation que de son amour héroïque des souffrances et de l’humiliation.
Il s’exagère aussi le nombre et la féro cité de ses bourreaux—qui ‘ Pont faitrôtir sur tous les sens, comme son patron Saint Laurent.” Il en voit plusieurs et des plus
acharnés :“Les jeunes et bouillants abbés.” |
Les souffrances de M.Laurent David sur son gril lui ont évidemment donné lecau-
suis, Mon nom, Pierre, qui est bien celui de mon baptême, me dit que je suis un
et non plusieurs, J'ai beau me regarder et”
me tâter, je pe trouve que moi seul dans ma peau ; je n'ai qu’une plume et n'écris bien sûr que d’une main. Encore cette plume n’a nullement l'air de la fourche d’un diable on d’un bourreax : tout au plus quelquefois s’allonge t-elle quelque peu et devient-elle fle xible comme l’osier; mais si elle peut faire cuire un peu la peau, elle ne la rôtit jamais.
Je suis ravique M David me trouve
jeune lorsque mon front depuis si long-
temps est aussi parfaitement dépouillé que nos bois au mois de décembre, et que
je m’entends demander par les curieux
depuis vingt ans bientôt si j'ai plus de quarante cinq ans, Je ne suis pas moins étonné de me savoir un bouillant abbs. Je ne suis pas abbé du tout et je suis moins souvent bouillant que transi, mes amis le sauvent et s’en plaignent quelquefois.
Mais sûrement je n’ai pas mis M. David (Laurent) sur ungril. Je n’ai ni cette force ni cette cruauté. Si voulant imiter parfaitement son saint patron, pour amour de Jésus-Christ et de sa sainte Eglise, M. David s’est fait rôtir sur un gril, ce n’est sûrement pas moi qui ai trouvé le gril, ni qui ai fait le lit de charbon, ni surtout qui ai fait étendre sur le gril Phéroïque martyr de la foi et de la religion, Saint Laurent David.—Je prétends que le vrai bourreau, c’est lui et non pas moi.
J’ai aussi une preuve péremptoire que
je n’ai pas retourné M. David dans tous
les sens. Evidemment si je m'étais donné ce travail de retourner M. David en tous les sens, j’aurais eu à cœur de trouver le meilleur et de l’y laisser, Tous les lecteurs trouveront comme moi qu'il n’est pas encore précisément sur le bon sens— Preuve manifeste : le début de sa lettre à l’Electeur.
‘ J'avais adressé, etc,
‘Je comptais sur Rome etc,
M. David devrait savoir que les théologiens et les personnages éminents de la cour pontificale ont autre chose à faire dans l'Eglise que de lire et de juger des ouvrages comme les siens. Leur adresser sa brochure pour apprendre d’eux et d’eux seuls ce qu'il en devait penser, c’était à
4 4 | la fois faire preuve de grande ignorance et chemar. Il me voit tout autre que je ne!
de puérile prétention.
Aucun catholique n’ignore en effet que le jugement officiel du Pape ou de la cour romaine sur la valeur doctrinale d’un livre ne se traduit que par l'approbation du Maître du Sacré Palais si lelivre s’imprime à Rome ou par le St, Office ou la S. C. de l’Index si le livre est imprimé à l’étranger. Officiellement le jagement privé de tous les théologiens et de tous les Prélats de la cour Pontificale ne signifie vien, Si M, David avait voulu obtenir un jugement sérieux et définitif sur sa brochure, et être officiellement fixé par un
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leût détéré où à la congrégation du S, | Office on à celle de l’Index. Là il aurait | pu attendre un jugement sérieux—et une | approbation ou une condamnation au mérite, C’est ce qu’il s’est bien gardé de faire, et pour cause.
Si M. David ne se sentait nulle dévo-| tion pour affronter ce jugement du St!
Siège sur la valeur et l'opportunité de son œuvre, ii avait près de lui des juges plus autorisés que tous les théologiens et les prélats de la cour Pontificale, qui se seraient fait un devoir de le désillusionner. | Après le tribunal de l’Index et du S. Office | qui jugent au nom du Pape, il n’y a pas d'autre tribunal institué dans PEglise pour | juger authentiquement la doctrine et lop- | portunité d’un livre que celui de POrdi-| aire de chaque diocèse, où des £vêques | réunis en concile. Cette autorité est bien | plus incontrôlable aux yeux de l'Eglise | que ceile d’un ou de plusieurs prélats ro- | mains fussent-ils théologiens de marque!
et la perle du clergé.” — Car lopinion d’un prélat romain n’est d'aucun poids contre le jugement d’un évêque qui ne peut être légitimement contrôlé et renver-| se que par celui du Souverain Pontife, et qui peut prononcer avec autorité parfois à l’encontre d’un théologien de mérite ou d'un éminent prélat,
M. David raisonne toujours comme les enfants mutins et désobéissants. Il ne tient nul compte de l’autorité que Dieu lui impose pour le diriger léclairer et le gouverner ; et il court au-delà des mers | pour se trouver des autorités qui n’en sont | point, auxquelles il veut bien obéir parcc- | qu’elles n’ont pas le droit de lui commander. Il n’a cure de l’autorité des Evêque de son pays, qui sont institués par le S. Es-!
prit pour le juger et le gouverner ; et an lieu de s'adresser à Rome au seul tribunal supérieur à son Evêqne, il s’adresce à qui n’a le droit et le pouvoir ni de le di. riger, ni de le juger. C’est le procédé que nous avons déjà signalé dans sa brochure, qui est d’ailleurs celui de toute son école, et celui de tous les schismes, de toutes les hérésies et de tous les fauteurs de schisme | et d’hérésie à tous les degrés, depuis dix huits cents ans,
Ce bon M. David recourt, non pas à Rome, c’est-a-dire à l’autorité pontificale, mais à des prélats romains sans autorité
qu’il compte sur l’esprit de justiee et la science des illustres prélats qui entourent le Souverain Pontife”. Insinuation plus que légèrement perfide sur les lèvres de notre pieux pamphlétuire ! Est-ce donc
| qu'auprès de ceux que l’Eglise a faits vos
maîtres et vos juges, vous ne pouviez trouver ni science, ni esprit de justice ? Ce sont donc des hommes dépourvus de science et d'esprit de justice que le Saint- Siège a choisis et qu’il maintient pour gou-
| verner l’Eglise en ce pays ? Et ne pouviez- | vous trouver ni science ni esprit de justice
auprès des deux tribunaux de l’Index et du saint Office, les seuls qui aient juridic. tion après ceux des évêques ? Non ; mais cette justice vous eût frappé, et cette science, qui ne s’amuse pas à écrire des politesses banales et sans but, vous eût condamné : etc’est ce que vous vouliez éviter,
M. David à des amis qui sont moins candides que lui, Ce sont eux qui à Rome au lieu de s’adresser an tribunal compétent que l’on n’aurait probablement pas des trompé que lon n’a pu trompe: la S. C.de la Propagande, lui ont cherché une consolation, C’est cette longue et pauvre consolation qu’on lui envoie sous le nom de Myr Lazzareschi. C’est ce que publie l’Electeur en deux longues colonnes,
Pour tous ceux qui savent lire et qui connaissent les usages des chancelleries et des prélats romains, la lettre prouve manifestement que lon a voulu simplement faire plaisir à un homme qu’on croyait sur sa parole animé d’un grand zèle pour le bien de la religion ou se débarrasser d’importunités auxquelles les prélats sont très souvent exposés, sans cependant rien dire dans une cause dont on ne connaissait rien.
La personne de Mgr Lüzzareschi n’est pes ici en cause, ni son mérite personnel qui peut être plus grand encore que ne le
| suppose ou ne le désire M. David. Ce qui
est sûr, c’est que sa lettre est peu de chose, et qu’elle ne dit rien—rien au moins de ce que M. David voudrait qu’elle dise,
Mgr Lazzareschi estil le théologien, le philosophe, le canoniste que prétend M,
| ñ à ÿ > | David? Nous n’avons nul besoin de le ré- | voquer en doute. Mais la lettre que pu-
blie lÆlecteur sous son nom, vraie ou supposée, ne trahit ni le théologien, ni le canoniste, ni le philosophe, ni même l’hu-
et sans juridiction dans l’espèce, parce | maniste distingué,—Un homme de valeur
sm 6 —
et de quelque expétience n’éctirait pas deux longues colonnes de latin entortillé sans ordre et sans suite dans les pensées, sans netteté dans l’expression, pour dire tout ce qui n'importe nullement au sujet et taire tout ce qu’il est à propos dedire soit dans un sens soit dans l’autre, (C’est là le fait d’un secrétaire quelconque qui écrit à tant la ligne les correspondances en nuyeuses et importunes dont les prélats romains 8e débarrassent comme ils peu vent.
L’illustre prélai at-il signé cette lettre ? A:t-il même, ce quiest peu probable, daigné la relire ? Peu importe : cela n’en change ni la valeur ni la portée.
De la brochure de M. David la lettre du prélat n’approuve que sa profession de foi à la divinité de Jésus-Christ, à la divine mission de l’Eglise. Personne jusqu'ici n’y a vu des erreurs,—On avoue ensuite que les prêtres et les évêques individuelle ment (seorsim) ne sont pas infaillibles—et qu’ils ne sont d’aucune façon impeccables.
—Voilà pour les quatre premiers para.
graphes.
Suivent trois autres paragraphes pour dire ces banu:ités que personne n’a contestées ni avant ni après M. David—et qui seraient incontestables quand Mgr Lazzarreschi ou son secrétaire ne les donneraient pas à deviner dans un latin aussiclair que les intentions d’un diplomate, savoir : que les hérésies et les schismes à comniencer
par la prétendue réforme ont souvent été le |
fait des mauvais pasteurs ; que le clergé d’une nation peut exercer sur elle une merveilleuse et puissante influence ; que parfois plusieurs membres du clergé peu:
vent mal à propos confondre le profane et le sacré et en appeler hors de saison à leur pouvoir spirituel. :
‘“ Tout ceci, bien entendu, sans prétendre désigner personne ni faire allusion à qui que ce soit en particulier. AHaec in genere dicta sint quin unum vel alium di gilo monstremus ac memoremus.”
Immédiatement après, sans suite et sans à propos :
“ Vous prétendez qu’au Canada les libéraux catholiques avec la plus grande partie du peuple servent m'eux les intérêts du pays que les conservateurs.— C’est tout sur le sujet : on dit quec’est la prétention de M. David, mais on nedit pas
que cette prétention est légitime ou qu’elle |
a l'apparence d'un fondement, tendis.
Puis sans y mettre d’autre suite,
“ Il y a les célèbres paroles (nobilissima verba) que M. Laurier a répondu à l’ultimatum du P. Lacombe dans l’assemblée générale (generali conventu) où cet homme :llnstre, conscient de sa dignité, proteste qu’en exerçant 6es fonctions (in suo munere) il defendra ies droits, et la cause selon que l’exigeront la vérité, la justice et l’utilité, sans obéir à la pression soit des protestants, soit des catholiques.”
C’est encore tout rur cet autre sujet. Notons que l’écrivain ou n’a pas lu le discours de M. Laurier, on ne l’a pas compris—et qu’en tout cas il n’en donne aucune appréciation ni dans un sens ni dans l’autre.
Le paragraphe suivant, qui déplore les dissensions entre citoyens, la désobéissance, et les rébell.ons toujours funestes à la société, n’a pas été écrit pour approuver le panégyriste des révolutionnaires de 1837 ou le mouvement Riel.
Suit une vérité de La Palisse qu’on trouve facilement ailleurs que sous la plume d’un grand théologien. Dans les pays libres, il est permis à tous les hommes de cœur de faire tont ce qu’ils peuvent pour le bien de la religion et de la société—et le clergé, surtout les Evêques, doivent s’y prêter plus qe personne.
Nous le savions à peu près, avant qu’il ait plu à Mgr Lazzareschi de lPapprendre au monde par M. David.
Les deux paragraphes suivants montrent que M. David a tendu au Prélat un piège qu’il a su éviter.
‘“ Vous vous plaignez que le clergé se montre hostile, qu’en chaire, il vous combat, qu’il engage les consciences (ou les trouble implicet) qu’il menace des peines ecclésiastiques les partisans des libéraux catholiques.
“ Ilne nous appartient pas de juger ceux que l’Esprit-Saint a préposés au gouvernement de lEgiise, et qui devront rendre compte des âmes dont Dieu leur a confié la garde.”
Est-il possible de dire plus clairement à M. David : Tout Evêque et Prélat que je suis, je ne me permettrais pas de juger ceux que le Saint-Esprit a chargés de vous gouverner, Comment vous, simple laïque, osez-vous vous faire le juge de vos juges et de vos maitres ?
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Notons en passant la calomnie manifeste de M. David. L’intervention du clergé ne s’est pas faite pour ou contre un parti politique—mais en faveur d’un droit incontestable de l’Eglise catholique dont la défense s’imposait aux deux partis politiques.
Puis on console M. David, non sans lui donner un conseil assez opyortun. On lui dit qu’il ne faut pas supposer de mauvaises in‘entions, que dans des difficultés comme celles dont il se plaintilya souvent des malentendus que l’on éviterait en mettant à nu ses intentions véritables—en toute sincérité. Le conseil serait d’or s’il ne s’adressait à des politicieus avant tout qui ont surtout intérêt à dissimuler leurs véritables intentions.
Reviennent les lieux communs que l’on ne trouve pas à Rome seulement—mais que l’on trouve là comme ailleurs—et plus qu'ailleurs quand ils dispensent de uire autre choses,
Dans toutes les luttes qui se présentent, c’est la discipline qui importe. Il fant que tous aient également en vue le bien du pays. Que les chefs et le peuple n’aient qu’un esprit, une inême ligne de conduite.
Tout cela n’approuve nullement les mauœuvres de M. David et de ses amis pour isoler le peuple chrétien de ceux que Dieu même a faits ses chefs pour le diriger dans la revendication des droits de l'E glise et de la conscience chrétienne.
Ensuite, ait-on à M. David, vous vous plaignez que l’Eglise n’ait point intervenu dans bien des luttes des peuples pour leur indépendance, tandis que les évêques canadiens auraient, eux, arrêté les libéraux. C’est, dit le prélat, que l'Eglise évite souvent de parler parce que sa voix ne serait pas entendue au milieu du fracas des guerres civiles. En fait jamais l’Eglise n’inflige de peines à ceux qui pren:
nent part à des guerres justes et saintes.
Elle à même accordé des induigences aux croisés! (Il s’agit bien des croisés vraiment)! Mais cependant des guerres légitimes dans leur but peuvent ne l’être pas dans leurs moyens: on peut les faire d’une manière injuste et cruelle et l’Eglise alors peut interposer son autorité.
Les trois paragraphes qui suivent sont une condamnation explicite des idées de M. David sur les immunitis du clergé.
“ La suppression des immunités, dit le
Prélat, c’est la servitude de l’Eglise.” Il rappelle les reproches de S. Paul aux chrétiens qui plaidaient devant des magistrats païens, et qu’en fait la violation des immunités ecclésiastiques ne tourne pas seulement au détriment de l'honneur du clergé, mais à celui de la justice même.
Citons les derniers paragraphes :
“ Sur toute cette question vous avez la lettre du cardinal Siméoni, préfet de la S.
C. de la Propaganile, que vous avez citée dans votre brochure, rien de mieux que de s’en tenir à sa direction et aux conciles.
“ Rien de plus désirable que de voir l’Eglise— ou mieux les fidèles, gouvernés piutôt par des catholiques que par d’autres ; car de ses ennemis on ne peut rien espérer, mais de ses frères on peut attendre beaucoup.
“ Voilà en peu de mots te que j'ai cru devoir dire de votre brochure (1): j’attends de la concorde fraternelle le triomphe de la justice et le bien de l'Eglise et de la societé. Je vous félicite beaucoup de vos intentions, et de votre amour pour le bien de la patrie et de l'Eglise. Que Dieu vous accorde une heureuse vie, et croyez moi votre.”
Il est toujours désirable que des catholiques soient gouvernés par des catholi ques—quand les gouvernants sont catholiques de fait et non pas de nom seulement. Mais il vaut mieux souvent être gouverné par un protestant juste et honuête que par un catholique qui ne serait inême pas chrétien ou qui croirait qu’il ne doit pas l’être Eans son gouvernement.
Le cas supposé par le Prélat est applicable dans notre Province, où la majorité étant catholique le gouvernement doit aussi l’être. Il est pratiquement irréalisable à Ottawa où la majorité étant protestante le gouvernement sera nécessairement en majorité protestant. Le tout, c’est que les catholiques qui nous représentent dans le ministère soient vraiment catholiques, qu’ils ne fassent qu’un avec les Evêques qui sont leurs chefs comme ceux des simples fidèles et doivent les guider dans la revendication des droits de l’Eglise
(1) Les gens qui ne savent pas le latin trduisent : plæclaro libello par ‘ remarquable ouvrage”—ce terme équivaut à votre estimée lettre ; pur terme de politesse qui uw’est ni un éloge ni une appréciation.
UE: du
et de la conscience catholique. C’est l’enseignement et le conseil du Prélai.
En fin de compte Mgr Lazzareschi se borne à rappeler que M. David dit certaines choses dans sa brochure (sauf pour la profession de foi à la Divinité de Jéeus-
Christ et à la divine mission de !’Eglise
qu’il approuve formellement) sans rien apprécier—et le félicite sur les bonnes intentions et l’amnour de l’Eglise dont il se dit rempli.
Cela ne prouve rien en faveur d’un livre qui mériterait d’être flétri par l’autorité compétente.
Si M. David connaissait son histoire, il saurait que Voltaire, le maître de l’Æ/ecteur en fourberie, en mensonge, et en hy pocrisies de toutes sortes, s’avisa un jour de dédier une tragédie an Pape Benoit XIV en pr'testant de sa piété et de ses bonnes intentions. Voltaire eut son qui n’empêôgha point ses œuvres d’être condamnées.
Il y a loin assurément de M. David à Voltaire, et Mgr Lazzareschi n’est point le pape. Le fut-il ? sa lettre ne serait nullement une approbation de la brochure de M. David. Elle qu’il a témoigné au $. Père avoir eu de bonnes intentions en faisant son livre et qu’il est encore animé de bons sentiments, et que le Souverain Pontife ne devant jamais soupçonner Ja perfidie
bons sentiments qu’il accuse, en attendant qu’on puisse juger ses œuvres au mérite.
M. David pourrait multiplier les témoignages de ce genre qui ne prouvent que son ignorance et la mauvaise foi de ceux qui les font valoir. Cette lettre en réalité ne juge rien: elle n’est pas un ju-
ement porté sur le livre, ni sur l’en- £ ;
dans | ses enfants le félicite des intentions et des |
Bref |
| personnages de la cour pontificale, signifierait seulement |
semble, ni sur les détails, ni sur l'esprit général, ni sur aucun chapitre en particulier, sauf les quelques pages sur J.-C. et l’Eglise. Elle n’est même pas ce qu’elle aurait pu être, une simple opinion motivée, L'auteur se défend positivement d'émettre un jugement sur ce qui est le but même et tout le fond et toute la raison du livre de M. David, la condamnation de lPaction épiscopale dans les questions politico-religieuses,
De toutes tuçons, cette lettre reste dénuée de toute valeur et de toute portée.
Elle aura permis à M. David et à l'Ælecleur à sa suite de se couvrir d’un semblant d’approbation aux yeux de ceuxauine savent rien et qui ne peavent rien comprendre, C’est encore trop. Le prélat qui l’a écrite ou fait écrire a voulu qu’elle fut inotfensive : elle l’est en effet par elle même. Elle pourrait ne l’être plus entre les mains d’hommes de mauvaise foi et capables de toutes les interprétations er de toutes les falsifications.
Dieu nous garde de diminuer en quoi que ce soit le respect dû aux éminents Mais ils peuvent plus que nous pour s’assurer le respest et la considération qu’ils ont le droit d'attendre du peuple et du clergé catholiques. I] eur suffit de se rappeler qu’à des hommes haut placés dans Pglise il n'importe pas seulement de dire des pa:
roles irréprochables, mais qu’il importe parfois davantage de les dire à propos. Nul doute que si lEmimentissime Préfet de la Propagande prend connaissance de labus qu’on fait de certaine lettre irrépro-
| chable en elle même, il ne permette à ces
illustres prélats de ne plus l’oublier.