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le jeune homme aux bras vigoureux la jeune fille active s’en aller à Lowell, au Nouveau-Hampshire, au Maine, au Connectieut, ajouter à la richesse, au pouvoir, à la force d’une nation étrangère, au détriment du Canada appauvri. (applaudissements prolongés).
Messieurs, j'ai entendu une voix mentionrer les fabriques de sucre. C’est un sujet doux par lui-même à traiter, mais nous eu ferons uue pilule d’uñe singulière amertume pour MM. les Grits. (Appi. redoublés).
Ils ont détruit notre commerce avec les Indes Occidentales ; ils out fermé nos raffineries ; ils ont ruiné notre commerce avec la Chine. Le gouvernement actuel, en un mot, par sa politique vicieuse, ou plutôt par son manque de politique, a ruiué toutes les industries du Canada, toutes les branches de son conmerce sans exception. Et aujourd’hui, s'il existe encore un peu d’espoir, si le peuple ne s'’abandonne pas toutà fait du découragement, c’est parceque tout le monde est convaincu qua le règne des incapables touche à sa fin. Je crois, je sais même qu’une main a tracé sur le mur les mots : Mané, Thécel, Pharès (applaudissements prolongés). Oui, et comme je l’a dit ce matin à mes amis, de même que ces mots furent écrits jadis devant les yeux du tremblant Balthazar, de même ils sont écrits aujourd’hui devant les yeux de M. MacKenzie (r1'#s). Quoique vous voyiez le premier mioistre parcourir le pays en siflant pour se donner du courage, il siffle d’une manière lugubre (rires et applaudissements). Vous vous rappetez celte vieille hymne :
(CHark, from th’ tombs a dolefal sound, ”
Eh bien! c’est M. Mackenzie qui fait enteudre ce triste son et il peut continuer l'hymne et répéter : |
“You living men come view the ground “Were we must shortly lie, ”
(Rires et applaudissements prolongés.)
Vous allezenterrer cette fausse poliique,et vous allez adopter la politique du parti qui Géclare qu’il conservera le Carada pour les Canadiens et qu’il aura une politique nationale. Vous adopterez la politique du parti qui veut que le Canada ne baise plus les pieds du Frère Jonathan, qui exigera la réciprocité cu commerce ou la réciprocité des impôts (appld.) Si les américains veulent s’entourer d’une muraille de Chine, nous aiderons à l’érection de cette muraille. S'ils ne veulent pas que rous allions chez eux, nous ne leur permettrons pas de venir chez nous. (Applaudissements.) Nous ne soufirirons pas que le Canada devienne un marché pour le surplus des produits américains: nous ne permettrons pas que ce pays soit asservi aux manufacturiers et aux capitalistes de la république voisine. (Applaudissements.)
Qu’a fait le gouvernement durant la dernière session et la session précédente ? Deux fois, il a eu l’occasion l’encourager nos manutactures, mais, tout en prétendant que les conservateurs avaient été coupables d’extravagance, il a augmenté le fardeau du peuple. Depuis1873, toutes les dépenses du pays ont augmenté, surtout les dépenses des différents départements, (Une voix :—C'est un gouvernement libéral).
Oui, c’est le gouvernement libéral, c’est le parti qui a dit que Sir John
avait rempli les bureaux publics de ses créatures politiques. M. Mac- Kenzie avait coutume de dire que nous avions fait tant de nominations, qu’it re pouvait entrer dans un département sans trébucher sur les employés. Cependant, depuis qu’il est au pouvoir, loin d'en diminuer le nombre, il l’a augmenté. Cela est tellement vrai que le premier ministre s’est vu obligé d’ajouter une nouvelle aile aux édifices des départements afin de pouvoir placer ses nouveaux employés. (Rires).
A la dernière session, le gouvernemont actuel avait un déficit au lieu d’un surplus. Lorsque nous étions au pouvoir, après avoir payé les dépenses d’une administration si extravagante, comme ou l’appelait, après avoir payé à chacun ce qui lui était dû et conduit lies affaires du pays d’une manière efficace, il nous restait un surplus chaque année. {Applaudissements.) Que trouvonsnous maintenant ? D:puis que le gouvernement actuel est arrivé au pouvoir, il y a trois ans et demi de cela, 11 ÿy a eu chaque année un déficit, un déficit qui ne fait qu'augmenter. Ayant causé ce déficit, le gouvernement, pour le combler, a imposé de nouvelles taxes, Alors l'opposition lui a dit: «Si vous voulez seulement remanier le tanif de manière à aider nos industries naissantes nous vous donnerons notre appui.» (Applaudissements).
L'an dernier, j'ai dit moi-même à notre chérubin de ministre des finances, M. Cartwright, que bien qu’il ne dût pas s’attendre à beaucoup de confiance de ma part en lui-même et en ses collègues, j'étais prèt à oublier le passé s’il voulait remanier le tarif et prendre réellement les intérêts du pays ; J'étais prêt à don er mon appui à toutes les sages mesures qu’il présenterait dans ce sens. Mais ces messieurs étaient aveugles et tellement infatués d'eux-mêmes qu’ils ont ri de nos conseils et qu’au lieu de venir en aide à nos manufactures, ils ont imposé un nouveau droit sur le malt, ce qui a eu pour effet de diminuer le prix de l’orge récolté par nos cultivateurs.
Puisils ont mis un droit sur le thé, en sorte que la théière de chaque famille est taxée pour soutenir cet illustre gouvernement. J'ai dit aux ministres :;« Si vous taxez le thé, qui est une denrée nécessaire, en tout cas mettez un droit proportionné à la valeur de l'article. » Le prix du thé varié de 30 cts. à $2. Le riche paie $2 le célèbre thé de
Pekoe, et l’ouvrier paie 30 cts. le hyson ou le twankay. Je dis donc. mettez un faible droit sur le thé du pauvre et augmentez le droit sur le thé dispendieux en proportion, de manière à ce que le riche contribue au revenu en proportion de sa richesse. (Une voix: « Cela est juste !») Avec le droit actuel,la pauvre femme qui travaille péniblement pour gagner une once de thé, paie le même droit que le riche qui achète du thé à $2 la livre. Bst-ce juste, cela? —(Cris de : «Non !») Mais M. Cartwright me répondit : « C'est plus commode de mettra un droit uniforme sur toutes les espèces de thé ; une difference dans les droits donnerait trop de tracus aux percepteurs. »—Or on sait que les bureaux de douanes regorgent d'employés. Tous les vieux partisans de M. MacKenzie y sont casés ; tous ses flatteurs, tous ses cabaleurs, y ont dés places de gardiens, de préposés au débarquement, etc., etc. Et cela fatiguerait trop ces messieurs de calculer les droits ad valorem ! Il est plus facile de dire tout de suite: « Le droit sera de 0 cts. sur le
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thé de 30 cts. comme sur celui de $2.» (Une voix :—Il nous faut le droit ad valorem.)
Sir Joux A. MacpoxaLo.—Je ne vous retiendrai pas plu: lon :temps à cette heure avancée (Cris de : Continuez ! ” Je veux seulement vous dire que si vous voulez voir notre crédit refleurir, si vous voulez voir le commerce reprendre de l’activité et Les ouvriers revenir à l'espoir, il faut vous débarrarser des hommes qui sont actuellemant au pouvoir. Je ne veux pas dire que Sir John A. Macdonald doit remplacer M. Alex. MacKenzie. (Cris de :—oui, oui}. Grâce au ciel, « Sparte a encore de nobles enfants!» (Cris de :—ILl y en a pas de plus digne que vous). Il y en a de plus jeunes, de plus vigoureux que moi. J’ai eu mon temps; quel pauvre diable, en ce monde, ne l’a pas eu ? (Rires). Mais je veux vous bien pénétrer de cette vérité : « Si vous voulez éviter la ruine, une ruine inévitable, il vous faut un ministère libéral conservateur» —Une voix : « Vous en serez ! »)
Depuis quelques semaines, j'ai visité toute la province d’Ontario. J’ai visité le grand comté de Huron et presque tous les cultivateurs m’ont dit, l’un après l’autre : « Depuis trente-ars, je vote avec les grits ; mais mon dernier . vote est bien le dernier pour eux. » (Appl.) Ils ont déçu toutes nos espérances, ils n’ont tenu aucune de leurs promesses ; ils restent au pouvoir dans leur propre intérèt, mais non pour le bien du pays De même qu’un enfant ne peut saisir ua g'obe de trop grande dimensions, de même M. MacKenzie ne peut comprendre une grande question. (Une voix :—De quel Globe s'agit-il ?) ?as du Toronto Globe. (Rires) Ce journal a donné une forte poussée (big push) en faveurde ce ministère (Rires.) Mais ça n’a pas réussi. Il allait purifier la morale, relever le niveau politique : il n’en a rien été. La sentence du gouvernement est écrite sur le :nur, les intelligents électeurs du Canada la ratifieront bieatôt. Dans les cantons de l’est, tous les échos m'ont répété : « Venez au secours, Sir John ou le pays est perdu ! » (Appl. enthousiastes.) Le pays ne peut plus y tenir. Il demande l'appel au peuple ; il demande la protection ; mais non, ces messieurs veulent garder leurs fauteuils jusqu’au dernier moment, dût le pays périr par la famine en attendant leur tardif et honteux départ. (Appl.) Vous ne supporterez point pareil état de choses. Je ne sais pas si vous connaissez MM. MacKeazie et Cartwright. Ils n'ont pas engraissé depuis qu'ils sont « à la crèche » : ils sont aussi maigres aussi décharnés que moi.
On peut justement leur adresser se vieux refrain :
“ Deux hommes d’étatamaigris, « Pour s'engraisser ruineraient le pays.
“ Le peuple qui n’entenc pas ça, & Un beau jour s’en débarrassa. ??
(Rires prolongés et appl.)
Le pays se révolte contre l’état de choses que ces hommes nous ont fait. La grande métropole commerciale du pays s’est faite l'écho de ce sentiment. Qu'en dira M. Workman ? (Une voix :—Ou Devliin vu Jetté ?) Oui, oui, Devlin ou Jet'é (Voix : « Nous les attendons aux polls 1») La métropole commerciale du Canada a parlé De la côte du Pacifique à l’Ile du Prince Eiouarl, le mène cria retenti : « Il faut nous débarrasser de ces hommes, et cela pour toujours!» Et par
qui les remplacer ?iPar des hommes qui ue feront pas tant de promesses mais qui agiront au meilleur de leurs iuielhgences, de leurs capacités, |
Mais revenons à Montréal. Parmi les emblèmes, j'eu vois un qui me rappelle les jours qui ne sant plus; J'en vois un qui me rappelle non ancien collègue, mon f.ère, mou autre moi-même—Sir Georges Etienne Cartier (appld.) Lorsque je vois son porirait porté devant moi, iorsque j'entends son non prononcé daus toutes les adresses que l'on ie présente, je remercie le ciel de ce que je vis encore pour voir justice rendue à la mémoire de ce grand, de cet habile, de cet excellent homme que l’on a tant calomn'é. 1Anvold.) Messieurs, le plus triste jour de tua vie a êté celui où je l’ai vu déposé dans la tombe. Avec lui, Je voyais descendre dans la tombe, un homme aussi digne, aussi désinteressé, aussi honorable,ausst honnête, qu’il soit possible de trouver sur cette terre. Et la seule chose qui puisse me le faire regretter moins amèrement, C’est de constater, comme je le fais denuis quelque temps, que le peuple comprend enfin la grande injustice qui lui a été faite, c’est de m’apercevoir que l’on admet aujouid’hui qu’en perdant Sir Georges Etienne Cartier, le pays a perdu un grand homme. Et je suis lier de voir que Montréal, la ville où il a demeuré si longtemps et qu'il a lant aimée, rendre justice à sa mémoire. Messieurs, je m'engage solenrellement, si Dieu me conserve la vie, de venger la mémoire de ce grand et excellent homme, en tout temps et en tout lieu, partout ou j'irai, partout où je pourrai me faire entendre. (Applaudissements pro- 1ongés.)
UXE voix.—Parlez-nous d'O’Donohue.
Srr Jon A. MACDONALD répond à cette question qu'à son avis O’Donoghue doit être immédiatement gracié, et qn’1l uuira tous se: efforts à ceux de M. Costigan, le jeune et courageux député Iriandais, pour obte-: uir ce résultat, si le gouvernement s’obstine à ne pas rendre justice.
Cette conclusion du discours de Sir Johu est accueillie par les plus vifs applaudissements.
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