‹ M. Laurier devant l'histoire [microforme]Chapitre 8 sur 11 · DRE · texte numérisé non relu

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thique accueil qui lui a été fait/dans cette ville qu'il a loujours connue comme l’une des forteresses de ses adverstires.

Des adresses lui ont aussi été présentées à Acton et à Richmond, Dans ces endroits, il y avait aussi une foule considérable qui a témoigu6, parles plus chaleureuses acclamations, sa reconnaissance envers le grand citoyen qui l’honorait de sa présence.

Les citoyens de Sherbrooke ont fait les choses d’une manière digne du personnage célèbre qui venait jouir de leur bienveillante hospitalité; et digne d'eux-mêmes,

L'on a estimé à plus de dix mille personnes la foule qui encombrait le vaste terrain devant et aux alentours du magnifique hôtel Sherbrooke.

L'adresse présentée à Sir John A. MacDonald, comme celles des citoyens de St Hyacinthe, d'Acton et de Richmond, était couchée dans les termes les plus heureux.

Sir John y a répondu avec le talent que l'on sait.

Les éloquents discours des honorables MM. Langevin et MacDou gall et de M. Masson ont aussi fait une grande impression dans li multitude qui les à écoutés.

La procession aux flambeaux a été quelque chose de grandiose. Les visiteurs de Toronto ont déclaré n'avoir rien vu de supérieur dans les grandes villes d'Ontario. L'illumination était universelle. Les banques, les grandes institutions, les magasins, étaient décorés de même que les résidences privées.

Les inscriptions les mieux appropriées se rencontraient à chaque pas. Les drapeaux se balancaient partout au gré des vents.

La grande assemblée à Bury, dans le comté de Compton, jeudi, à eu un beau succès. Au moins cinq mille personnes des environs el même d'une distance assez considérablé se sont réunies sur une magnifique élévation, au pied de laquelle le convoi qui portait Sir John A. MacDonald et les excursionnistes de Sherbrooke s’est arrêté. La foule, échelonnée d'abord sur le flanc de la. colline, présentait un spectacle vraiment imposant.

Lorsque Sir John est sorti du char il a été accueilli par nne salve

d'applaudissements.

Le préfet du comté lui a lu une longue adresse très bien pensée et très bien écrite.

Sir John a répondu en quelques mots heureux, et assemblée s’es

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Je me coulenterai pour le moment des appréciations que je me propose de faire au point de vue général des grands intérèts du pays.

Pour La premicre fois, j'ai vu Sir John A. Macdonald devant une assemblée populaire. Je lai souvent entendu parler à la Chambre, mème dans les circonstances les plus solennelles des quinze dernières aunées, J'ai vu son prestige au milieu des élus de la nation, son empire sur leur esprit et leur cœur, par l'unique autorité de son génie, de ses talents hors ligne, de son expérience consommée, des profondes sympir. thries qu'il inspire, de la fascination qu'il communique.

Il me restait à le voir dans les rangs du peuple lui-môme, à lentendre lui adresser la parole, l'entretenir de ses intérèts, de son avenir et de celui de ses enfants.

Je l'ai vu, je l'ai écouté avec une religieuse attention, j'ai savouré les éloquentes paroles de sagesse qui sont tombées par torrents de sa bouche.

Je l'ai vu, je l'ai entendu et je l'ai admiré davantage.

Au moment où j'écris, il y a déjà plusieurs heures que j'ai laisse l'endroit de cette grande réunion populaire, et je suis encore vivement sous l'impression du spectacle imposant qu'il m'a été donné de contempler.

Sir John devant Le peuple est vraiment phénoménal. Je m'explique facilement l’imménse popularité dont il jouit à Ontario. Partout où il passe, il laisse infailliblement les traces les plus profondes, les ,souvenirs les plus vivaces dans le cœur de la population.

Depuis l’année dernière, il a parcouru la province voisine comme le véritable conquérant des sympathies, de l'attachement et de la confiance populaires.

Un réformiste d'un comié Ce louest, qui assistait à une assemblée à laquelle Sir John parla conguement, dans ies transports de son admiration subite, et après avoir cédé avec enthousiasme à l’irrésistible entraînement qui le fit applandir à outrance comine les

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autres, disait à l’un de ses amis qui était son voisin dans la foul.: «cet homme ne nous donne pas le temps de changer nos opinions, il s'empare d'abord de nos cœurs !»

Le peuple est accouru pour le voir souvent de grandes distances. De toutes parts se sont manifestés la reconnaissance et le dévouement envers cet illustre serviteur public. Il en a été de même à Bury et à Sherbroc e.

Lorsqu’après le discours de l'honorable M. Macdougall, Sir John s'est levé et a avancé sur le devant de l’estrade, les acclamations de ce peuple de citoyens se sont élevées jusqu'aux nues. Sir John, découvert, la figure r'ante el empreinte du plus vif sentiment de bonheur, attendait, dans une attitude imposante de dignité, les derniers échos de cette salve multiple d’applauäissements.

Tout-à-coup le calme se fait, le plus profond silence se rétablit. L'on entend la respiration contenue qui s'échappe doucement de toutes les poitrines. Les regards de la foule sont fixés sur l’homme que ce peuple avait appuyé de sa confiance bien longtemps avant de le voir en personne. |

Sir John complètera bientôt sa soixante et troisième année. Natureilement, ses forces physiques sont un peu amoïndries. Sa voix est un peu faible pour un discours en plein air, mais la religieuse attention avec laquelle on l'écoute supplée à cet inconvénient.

Il débute avec calme et avec modération. De su''e, il va droit au cœur du peuple. Il fait vibrer les fibres inconnues. Il remue tous les sentiments de l'âme. C’est une véritabie fascination.

Des orèges assez fréquents, accompagnés de quelques coups de tonnerre, ont été cause que les discours n’ont pas été aussi longs et aussi nombreux qu’on l’espérait. Ce désavantage n’a pas diminué l’ardeur de l'assemblée qui a tenu bon jusqu’aprèssix heures. Un homme d’esprit, pour consoler ses voisins, leur a fait la remarque que la foudre prenait part à eur fête et qu’elle acclamait Sir John.

Etait-ce l'artillerie des cieux qui accueillait Sir John par les vivats de sa voix puissante et qui, d'un autre côté, rugissait eontre le gouvernement qui est depuis bientôt quatre ans le fléau du pays ?

Le diner des citoyens de Sherbrooke à Sir John. jeudi soir, sous la présidence de M. Brooks, leur député, a été la digne fin d’un beau jour. La grande salle de l’hotel-de-ville était remplie.

Les discours se sont prolongés jusqu’après trois heures du matin. L'on n'a pas même terminé le programme de la soirée qui nous aurait tenu au moins jusqu'a cinq’ heures.

Je ne veux pas être trop enthousiaste ni me faire de vaines illusions,

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mais je dois dire en toute franchise que j’augure les plus heureux résultats du voyage de Sir John A. Macdonald dans rotre province. Les principaux hommes publics d'Ontario et de Québec se sont rencontrés dans ces solennelles démonstrations populaires. Les grandes questions politiques ont été savamment discutées par les voix les plus autorisées à parler. Ces discours contiennent toute une série de précieux enseignements à méditer, de sages conseils à suivre, de sérieuses recommandations que doivent écouter avec respect tous ceux qui, de près ou de loin, s'occupent des affaires publiques dans le but patriotique de contribuer au bonheur et à la prospérité du pays.

A Bury et à Sberbrooke, l’on a évoqué le souvenir des grandes traditions du passé. De Montréal à Compton, dans toutes les adresses de bienvenue et de félicitations présentées à Sir John, on lui a rappelé son ancien collègue, son ami fidèle, Sir Georges E. Cartier.

Sir John a toujours répondu sur ce point par les plus chaleureux éloges de Cartier. Il a parlé avec bonheur et avec une profonde émotion de l'alliance, si fructueuse pour le pays, qui a existé entre eux et leur commun désir de tous les instants de travailler à faire une grande nation des colonies anglaises de l'Amérique. Il a parlé de leurs efforts de tous les jours pour faire disparaître toutes causes de difficulté entre les diverses races qui habitent la confédération, de leur ambition persé. vérante de maintenir l'harmonie enire ces races, de les traiter avec impartialité et avec justice, de protéger leurs droits respectifs, de seconder leurs travaux pour assurer au Canada Pavenit briilant d’un peuple heureux et prospère.

Il a parlé du patriotiime de Cartier, de son dévouement, de son abnégation, de son désintéressement, de son esprit de justice, de sa loyauté, de son énergie et de ses talents supérieurs.

Chaque fois que le nom de Cartier a été pronercé dans le cours de ces solennités, j'ai vu avec émotion et avec un bonheur indicible, nes concitoyens anglais des cantons de l’est, accueillir par les acclamations les plus sympathiques, les plus respectueuses, les plus reconnaissantes pour les services de ce grand patriote. C'était vraiment le plus beau témoignage possible de la gratitude nationale.

Sir Joan a déclaré que sans Cartier il r’aurait pu rien faire. C’est grâce à leur alliance et à la bonne entente qui n’a cessé de régner entre eux, parceque tous deux ils voulaient avec autant de sincérité le développement du pays, que, pendant vingt-cinq &nnées, ils ont accompli les grandes choses qui feront vivre leurs noms lans l’histoire.

Dans ses réponses aux adresses et dans les deux discours qu’ila prononcés à Bury et à Sherbrooke, Sir John a aussi rappelé les luttes

—— D qu'il a soutenues dans le Haut-Canada, pour nous protéger contre le fanatisme et les préjugés que les grits, avec M. Georges Brown pour chef, souleveient avec une si noire perséverance contre tout ce qui ‘était français et catholique.

M. Langevin, M. Massor, M. Chapleau, M. Garou, ont parlé au nom

de la population canadienne-française. J'ai entendu, de la part des 4 chefs français du parti conservateur. la répétilion exacte des idées que 4

j'ai soumises humblement au public dans ma critique du discours de M. Laurier.

Tous ont été catégoriques dans leurs déclarations. Ils ont exprimé avec ardeur leur respect et leur vénération pour les immortelles traditions du parti conservateur, leur admiration sincere pour les Lafontaine, les Morin, les Taché, et, surtout, pour cette grande figure qui se détache de toutes les autres illustrations pour prendre sa place au frorntispice de potre histoire natianale, Sir Georges E, Cartier.

Le programme élaboré par ces hommes illustres est encore le programme du parti conservateur. C’est sa charte d'existence, de vie, d’or ganisation, J1 s'appuie toujours sur la base large, solide et inébranlable, du respect et de la défense des droits politiques, regieux et matériels des races qui vivent sous l'égide du drapeau britannique dans la grande confédération des provinces.

Ces solennelles déclarations, plusieurs fois répétées par tous les orateurs anglais et français, notamment par Sir /ohn lui-même, ont été accueillies par les applaudissements les plus enthousiastes de tout lauditoire qui se composait de canadiens d’origine anglaise, écossaise, irlandaise et francaise.

Les discours pror.oncés dans cette circonstance si imposante seront publiés par la presse du pays. Toute la population de la Puissance, de l'ile du Prince-Edouard jusqu'à l'océan Facifique, saura donc quels sont les principes de justice, de paix et d'ordre qui sont aujourd’hui et qui seront dans l'avenir les guides de la conduite du parti conservateur, comme ils l’ont été pendant lés quarante dernières années.

Les tentatives peu honorables de M. Laurier et de son parti dans la province de Québec, pour soulever les préjugés de la population protestant:, en lui disant que le parti conservateur français est l’esclave du fanatisme religieux et contrôlé par l'esprit de l'injustice, sont vouées au mépris publie et particulièrement de ceux qu’elles avaient pour but de tromper et d'exploiter, au profit d’une faction qui a toujours été déloyale c£vers la mère-patrie.

Deux jours après ‘a publication du discours de M. Laurier par l'Enénemeñt, la froide raison du vnblic avait déjà fait justice des utopies

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