LES MÊMES, MOINS LE DEMENAGEUR
JULIEN, avec transport. — Désormais, on ne nous dérangera plus !
Î>l4 MONSIEUR ET MADAME LHOMME
M'"^ JULIETTE, amène. — Vraiment ? Vous n'avez pas convoqué les peintres et les menuisiers ?
JULIEN. — Je dois vous paraître ridicule!... Dans la joie que j'avais de vous voir, j'ai tout oublié... Et vous me garderiez rancune pour cette négligence ?
M'"^ JOLIETTE, radoucie. — Je suis injuste î Mais nous étions si bien partis ! Comment allons-nous retrouver cet entraînement-là ?
JULIEN. — Ne craignez rien, j'ai mon moyen. Déjeunons.
M'"^ JOLIETTE. — Oh! oui... j'ai une faim... Quel est le menu ?
JULIEN, disposant la table. — Perdreau... foie gras... gâteaux... Champagne.
M'"^ JOLIETTE. — Je dresse le couvert... la nappe,., les assiettes...
JULIEN, apportant le couvert.. — Les assiettes demandées.
M"'*' JOLIETTE. — Verres... couteaux... et les sièges... Nous n'aurons pas l'embarras du choix.
JULIEN. — Pan... dans mon jardin. Asseyezvous... moi en face de vous. Non, je suis trop loin... Je me rapproche. (// change de place.)
M"™'^ JOLIETTE. — Je vous . préviens que j'ai un gros appétit, et que je n'en rougis pas.
JULIEN. — Que m'offrez-vous en échange de ce perdreau pris en maraude ?
M™^ JOLIETTE. — Un peu d'amour pris en braconne.
JULIEN, la servant. — Du Champagne?
m'"^ JOLIETTE. — Et, si je suis grise, que ferezvous ?
JULIEN. — Des folies. (// Vembrasse.)
M™^ JOLIETTE. — Ne vous vautcz pas trop. D'abord, on n'embrasse pas la bouche pleine.
JULIEN. — Je n'ai faim que de vous.
M'"^ JOLIETTE. — Vous avcz tort. Le perdreau vaut mieux que moi ; il est tendre et ne se défend pas.
JULIEN, ravi. — Quand je vous le disais, que nous reprendrions où nous étions restés. [Les déménageurs paraissent.)