SCENE X
Les mêmes, COCO.
coco.
Voilà... madame Mouflet.
POILOMÈLE.
C'est monsieur votre fils?...
MADAME MOUFLET.
Non , c'est le petit de la voisine qui me fait mes commissions.
FHILOMÈLE.
Oh ! du moment que les voisins ont des enfans....
MADAME MOUFLET.
Coco, tu vas dire au portier de payer le cocher et de mon« 1er la cassette de monsieur.
coco.
Oui , madame Mouflet.
FHILOMÈLE.
Jeune homme , tenez, jeune homme, voilà de quoi boire.
coco.
Merci , monsieur.
( Il s'en ^a.) PIIILOMÈLE.
Voici, inadaîiic, le premier mois cie la pension...
MADAME MOtlFLRT.
Dt'jà , monsieur.
PHILOMÈLE
J'ai mes raisons pour eu a^ir ainsi, (à /^a/V. ) Maintenant qu'elle a accepté, je ne sors pas d'ici , je ne mets plus le pied dans la rue.
CAROLINE , basj à sa mère.
Dites donc, maman , il a l'air drôle ce monsi jur-îàl papa et lui ça va bien aller I
PHILOMÎ^LE.
En vérité, c'est un séjour charmant que celui-ci, on ne dirait jamais tjue rue...
CAROLINE
Rue Coqucuard , monsieur.
PHILOMÈLE
Je vous remercie., oui rueCoquenard; c'est que je demeurais place St-Sulpice, et j'ignore totalement ce quartier. Elil Lien, allez-vous en faubourg St-Germain dans la sphère de l'aristocratie, et dites-leur que par de là les ponts, dans la rue Coquenard.. je l'aireteiiu, au quatrième étage, dans une maison fort ordinaire, car ce n'est pas l'architecture qui la distingue, on trouve dans un logement des meubles d'une propreté... des fenêtres d'une clarté... des fleurs d'une fraîcheur, et des enfans qui font les commissions... ils vous diront que c'est encore un récit de voyageur... CAHOLINE, à part.
Dieu! qu'il est amusant...
PHILOMiîLE.
Cette demoiselle e^t votre nièce?
MADAME MOUFLET.
Ma fille, monsieur.
PHILOMÈLE
J'avais bien vu d'abord que c'était une demoiselle , mais je ne pouvais pas deviner....
MADAME MOTJFLET.
Il n'y aura pas d'indiscrétion , je crois, à vous demander votre nom...
PHILOMÈLE
Ah! voil-i... C'est qu'il y en a peut être, au contraire, non pas que j'aie des raisons; mais c'est ([ne j'ii un nom si siiTgulicf...
MAn\ME MOUFLET.
Ah! p.v.M auu...
PHILOMKLE.
.!■ ;.. ^ •,iO!jinie Pliiloiiièle du... non, je ne pciuv ])as... c'est un îimii si ridicule... icncz je vous prierai tout bonne— mnu de m'appcler Philoinèle.
MADAME MOEFLET.
Très volontiers.
PHlLOMiiLE, à Caroline.
Vous ne vous figurez pas, mademoiselle, combien j'ai de plaisir à vous Voir! vous ressemblez éirangeuïent à une jeune peisonne cpie je dois épouser; seulement elle a trenle-cinq ans, et vous ne les avez peut être î>as .. niais il faut espérer que ça vieiidrn. ( à madame Monjlet. ) C'est justement par rapport à ce majiayo que je suis venu à Paris, je sollicite pies M. le [jarde-tics-sceaux un changement de nom , car il est impos- .«iblc d\x'gcr qu'en m'e'pousant cette pauvre petite femme se noniii.e madame Philomèle du... ahl je ne ne peux vraiment pas; ainsi jusqu'à ce que j'aie obtenu ce que je sollicite, MOUS resterons ensemble.
MADAME MOtFLET.
C'est très bien , nous vous laissons, ma fille et raoi , nous allons nous occuper du dîner.
( Elles vont pour sortir.) PHILOMÈLE.
Tout ce que vous faites doit être bon.
CAnOLIAE.
Quel original !
' Caroline et madame Mouflet sortent par la gauche. }