‹ M. Mouflet; ou, Le duel au 3me étage. Comédie-vaudeville en un acteChapitre 9 sur 25 · MOL IL ET · texte numérisé non relu

MOL IL ET

Mais vous y êtes.

PHILOMELE, étonné.

J'y suis!... c'est-à-dire que je n'y suis plus du tout.

Mais cette chambre m'appartient, (à pari. ) L'infùme reptile? il s'est glissé dans mon ii^érieur... il a fasciné mou épouse!... {haut.) Vous avez vu mou épouse!..

PHILOMELE.

Comment! vous êtes le mari de cette femme! ah! ça, vous ne demeurez donc pas rue d'Enfer?...

Mais vous ne dcmourc? doiic pas place Saint-Siilp',c<?

PHif-OMELE.

Mali vous ng vuus aj^pelez dofic pas SéLas ion?

MOOFLET.

Sébastien Mouflet!

riiifoMELE, à part.

Ah! j'y suis!... il ne m'avait donné que son prénom... il m'avait joni»é une fausse adresse. . attends, mon gaillard, je vais profiler de ^a. {Haut.) 5c vous demande pardon , monsieur, je deinetire place Saint Sulpice, mais hier vous m'avez fait l'effet d'un poltron; je vous ai suivi, j'ai appris que TOUS nieiiiezcette pièce en location, ctcommeCésar, cematin, à dix heures, je suis venu, j'ai vu , je n'ai pas encore vaincu; mais j'ai payé et j'espère que ça viendra, car maintenant je ne vous quitte plus...

MOrFLET.

Et le législateur n'a pas prévu ça ! mais qu'est-ce qu'il faisait donc dans ce moment là, le législateur?...

PHILOMÈLE

Marchons, monsieur, je vous attends.

MOrFLET.

Mais vous voulez donc vous baigner dans mon sang ?0urrez-moi donc, votre âme, vous voulez donc boire le sang d'un fonctionnaire public?

PHILOMÈLE, à part.

Avec ce particulier-là je n'avais pas besoin de déménager. {Haut.) Vous avez sans doute un témoin?... MOL'FLET, à part.

Un témoin... ah! quel trait de lumière!., je suis sauvé! Julien , je vais donc savoir si tu m'aimes ; écrivons-lui. PHILOMÈLE, à part.

Mais il me semble qu'il écrit; est-ce que par hasard il se serait monté la tète? écrivons aussi...

MOfFLET, se mettant à une table et écrii'ant.

« Mon cher Julien , un étranger s'est introduit chez moi , * il veut me forcer à me battre! si je succombe je vous lègue « ma malheureuse fille, parlez-lui souvent de son malheu- « reux père.

o P. S. Comme il me serait plus doux d'assister à votre « mariage, il est indispensable que vous vous battiez pour « moi; je vous attends... <>

PHILOMÈLE , à l'autre table écri^'ant.

n Estimable jeune homme, par le plus grand des hasards, ■ mon adversaire est le père de celle que vous aimez. Dar.s « une telle circonstance je sens qu'il est impossible que vous « me serviez de second, mais ne connaissant personne dans >« cette vaste cilf', je compte au n-.oins sur vous pour me pro- « curer un téaioin, car \-'. veux venger mon honneur.

« P. S. Il est bien entendu que vous deviez vous battre «t à ma place; si celui que vous choisirez ne pouvait rc:!!-

« plir les mêmes conditions , il est inutile qu'il se dérange ; « je vous attends. »

Maintenant qui portera cette lettre?... Aliî... (il appelle, ) Coco, Coco...

( Coco entre. ) MOUFLET.

Allons, arrive, prends cette lettre et remets-là tout de suite au commissionnaire du coin.

PHiLOMÈLE , remettant sa lettre à Coco. Permettez, veuillez faire remettre celle-ci en même temps.

( Il va pour payer. ) MOUFLET.

Du tout, je ne souffrirai pas...

PHILOMÈLE

Laissez donc. (Il paie.)

MOUFLET , à part.

Il y a quelque chose de chevaleresque dans ces sortes d'égards. C'est un moment solennel! (à Philomcle. ) Au point où nous en sommes, ilest impossible que nous restions sous le même toit: j'espère que vous voudrez bien sortir et m'indiquer votre heure , j'irai vous joindre.

PHILOMÈLE

Je vous ferai observer que cela ne me fait rien du tout, à moi; j'ai payé, je suis chezmoiet j'y l'este; vous pouvez passer dans votre chambre, si cela vous convient; je ne bouge pas d'ici ; d'ailleurs il me semble que le dîner ne lardera pas.

Comment, vous voulez dîner à la même table?

PHILOMÈLE

Qu'est-ce que ça me fait ? mettez-vous autre part si vous voulez, je n'y tiens pas.

Mais vous me faites bouillir avec votre sang-froid , vous ne voulez pas sortir ! eh bien ! c'est moi qui sortirai ! je ne veux pas rester avec un homme comme vousl je vais attendre en bas ; il fait un temps du diable î . . . il pleut à verse ! . . . Eh ! bien, je vais me livrer aux injures du temps.

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