RONDEAU
AIR : à9 Avis au public. ( de M. Alexandre Piccïni,)
Je veux qu'on soit chez moi Libre comme chez soi; Chez mes amis, je veux i'ètre de même. Pourquoi donc se gêner?
Chez eux, tailler, rogner, N'est-ce donc pas leur prouver qu'on les aime ?
Fi de cette contrainte extrême Qui sottement semble vous enchaîner:
Liberté, c'est le bien suprême !..., On en dira Ce qu'on voudra; Aller, venir , Entrer, sortir, Pouvoir enfin parler, agir selon son goût, Voilà le seul moyen de se plaire partout. Vous aimez la pêche et la chasse ? Allez, messieurs, grand bien vous fasse; Un boston est votre désir?
Mesdames, beaucoup de plaisir.
Moi, que fatigue l'exercice, Et qu'un boston met au supplice, Je m'en vais, pendant ce temps-là, \ Lire sur ces gazettes, là, Ce qu'on dit, ce qu'on fait, comment la renSe va^ Hâtez le service, Si vous avez faim, Allez au jardin,.
Allez à l'office; Qu'à son aise , enfin , Tout le monde agisse.
Je veux qu'on soit chez moi , etc*
Sans façon, j'emprunte où je puis, Sans façon , je dine où j'arrive, Sans façon , je couche où je suis, Sans façon, après je m'esquive;
Bref , qu'on se plaigne ou non?
Je fais tout sans façon , Sans façon, sans façon, sans façon, sans façon,
Je veux qu'on soit chez moi* etc.
( Il s'assied au secret aire.)