‹ M. Serigna; ou, La fleur des apothicaires, parade en un acte et en prose, mêlée de vaudevilles. Par les auteurs de Cri-cri et M.T.***Chapitre 11 sur 15 · S C È NE XI · texte numérisé non relu

S C È NE XI

Les Mêmes, SAINT-FIRMIN, en peintre, se fait

reconnaître de Celestine.

Seringa.

Air : De ta moin tu cueilles le fruit. D'une inain je tiens le bouquet, Mon autre main tient l'échelle , Puis j'avance un pied discret Vers l'autre pied qui l'appelle Je tiens déjà....

ST.-FiRMIN ôte l'échelle .^ Célcsline ferme sa fenêtre .^ Seringa reste suspendu.

Tiens loi bien:

Mon bon ami , tu ne tiens rien.

Seringa se laissant tomber. Il appercoit St.-Firmin , et

s' en. fuit.

Encore le peintre! je suis d'une fureur!... Allons prendre un calmant,

S c È NE X f n.

SAINT-riRMIN, CELESTINE.

Il ne m'a pas rocounu , remettons l'escalier.

QI/ remet l'échelle , et monte sur l'atelier^.

Céiestine.

Mais où ce déguisement nous nienera-t-il /

A t'iustruire de mes projets , pour t|ue tu n'y mettes pas d'obstacle.

Célestine.

Voyons,

St. - F 1 R M 1 N.

Moyennant quelques verres de vin et de grandes promesses , j'ai engage le peintre à me céder sou habit. Célestine.

Bon.

Et de plus, à se déguiser lui-même en médecin, pour venir sous le jioni de mon oncle Requiem te demander en mariage à ion père pour moi.

Célestine.

Et ce peintre , où est-il à présent l

Au cabaret, où je l'ai laissé occupé à sa métamorphose.

Célestine.

Au cabaret ! j'ai bien peur...

11 m'a promis d'être sobre.

CiLESTlNE.

C'est bon , me voilà au fait -, quand il viendra , je saurai ce qu'il faudra dire ; maintenant retire-toi. S T. - F I R M I N.

Non pas , il faut que je reste ici sous le costume de Brossard , pour (|u'on ne remarque pas son absence , et d'ailleurs je suis bien aise que nous causions un peu. Air : fuyant et la taille et la cour. Du rhagrin (ju'ennui peut causer Et des soucis qu'auiour nous cause , Combien j'aime à pouvoir causer, Quand c'est avec toi que je cause ; Sans crainte nous pouvons causer , Ton pcre est éloigné pour cause,

Et s'il nous surprend à .ca.uscr ,

L'amour plaidera notre cause.

Les Précédens. ANODIN.

Célestine, Mon père ! juste Ciol.

Ne te trouble pas. Il feint de ne pas çoîr Anodin,

Air de la Fanfare de St.-Cloud.

PcVe qui veut en ménage, Le bonheur de ses enfans « Doit avant le mariage, Assortir leurs scntiuiens; C'est ainsi qu'un peintre habile.

Qui veut marier cJcs fleurs , ]\e prend qu'un soin inutile , S'il n'assortit ses couleurs.

Anodin.

Dites donc , monsieur le peintre , plus de travail et moins de riiflexious.

S T. - F I R M I N- Mes avis vous seroient pourtant plus utiles que moi\ enseigne.

Anodin.

Comment.

Air du vaudeville de l'Opéra-Comique*

Dans votre comptoir chaque jour

Placez votre charmante fille,

Les chalans viendront tour-à-tour.

Près de marchande si gentille ;

De la rencontrer toiijours là ,

3Ne craignez pas que l'on se plaigne î

Un minois comme celui-là

Vaut la meilleure enseigne.

Anodin.

Comment diable ! mais il est galant ce peintre-l'i , très-' galant par ma foi.

Xes Précédens. SERINGA.

Seringa à part en entrant.

M. Anodin y Qst ; je ne crains rien. ( Haut. ) Ah ! çà , mais je pense à une chose ; puisque vous peignez si bien des cornues et des cruches , faites mon portrait pour Mlle. Cëlestine.

Avec cinq ou six coups de pinceau , je me charge de l'arranger la ligure.

Anodin, Air : Troin>er le bonheur enjamille.

Fcl■Ie7-^ ous aussi in-n portrait?

St. -FiRMiN.

De vous attraper je me flatte.

Anodin.

J'V Youdrois voir mon perroquet , Mon singe, ma chieiinnc et ma chatte,

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