‹ M. Tardif; comédie-vaudeville en un acteChapitre 128 sur 233 · SCÈNE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIERE

St.-FÉLIX, CATHEKINF, Us entrent par le fond.

CATHERINE

Oui, monsieur^ elle est arrivée d'hier soir.

st. FÉLIX.

Seule avec sa fille ?

CATHERINE

Et sans autre domestique que la gouvernante de mademoiselle.

st. FÉLIX.

C'est inconcevable! Madame de Marcilly^ une veuve jeune, aimable.,, qui jusqu'à ce jour n^avait pu vivre loin du monde et des plaisirs... quitter brusquement Paris dans le moment où il est le plus brillant, pour venir s'enterrer dans son vieux château près d'Amboise... il y a quelque chose d'extraordinaire.

CAi'HERlWE.

Air du i^audei^ille de VEcu de six francs.

C'est vrai, je n'y puis rien comprendre , Pour la campagn' ell' ne vient pas , Car il neige, ou gèle à pierr* fendre,

On n'voit partout que du verglas.... Hier aussi j'n'en revenais pas , Quand j'iai vue entrer dans c'te chambre , En rob' de gaze, en souliers blancs ; Il m'a semblé voir le printemps Qu'arrivait dans l'mois de décembre.

st.- FÉLIX.

Et OÙ est- elle maintenant?

CATHERINE

Dans son appartement... C'est drôle ! elle s'y enferme toujours; et quand elle en sort^ elle est d'une humeur... si son mari n'était pas défunt, on pourrait croire qu'il y a des scènes.... mais elle est veuve; ainsi ça ne peut pas être ca.

St.-FÉLIX.

Tu dis qu'elle ne veut voir personne?

CATHERINE

Personne... ça m'a même fait monter en grade ; parce que moi qui n'étais que jardinière, je suis devenue femme de chambre

St.-FÉLiX.

Et sa fille... ma chère Eugénie?

CATHERINE

Mamzelle? ah dame! je crois bien que ça ne Tamusepas beaucoup d'quitter Paris dans le temps des plaisirs , des bals... mais elle est si douce; et puis sa mère l'aime tant^ qu'elle se trouve bien partout avec elle.

St.-FÉLIX.

Ne pourrais-je lui parler?

CATHERINE

Vous, monsieur de St.-Félix... oh! que nenni... D'abord, elle est là-haut, dans sa chambre, à dessiner... et elle ne descendra que pour dîner Ensuite les ordres de madame...

St.-FÉLIX.

Je ne puis pourtant rester dans cette incertitude... mou

mariage était presque convenu ; et c'est dfius ce moment que Mad. de Marcilly... Serait-ce pour rompre avec moi? Il faut a])solument qu'elle m'explique ce mystère.

AïK de la w aise de Philibert marié.

Tu peux au moins lui porter cette lettre ?

CATHERINE

Pour une lettre ! ah ! j'y cours sur-le-champ : Donnez, monsieur, je vais la lui remettre.

SAIWT-FÉLIX.

Et songe bien que mon sort en dépend ! Compte sur moi , si tu m'es favorable.

CATHERINE

Oh ! non , monsieur, c'n'est pas par intérêt ; Mais le désir de vous être agréable.

(À part.)

Et puis celui de connaître un secret.

/ SAINT-FÉLIX

Peins lui mon trouble et mon impatience ; Oui , je ne veux qu'un seul mot de sa main ; Vas , et reviens me rendre l'espérance , Car c'est de toi que dépend mon destin.

CATHERINE

Calmez ce trouble et cette impatience ; J'y vais bien vite, et je reviens soudain ; Sans doute un mot vous rendra l'espérance, \^ Si c'est de moi que dépend vot' destin.

( Elle entre dans L'appartement de Mad. de Marcillj.)

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