‹ M. Tardif; comédie-vaudeville en un acteChapitre 166 sur 233 · SCENE XTIII · texte numérisé non relu

SCENE XTIII

DUCOUDRAI , ALPHONSE.

DUCOUDPcAl.

Ah ça ! il me semble que maintenant vous êtes les meilleurs amis du monde.

ALPHONSE , la siùs^ant des yeux.

Grâce au ciel... car en honneur, elle est charmante.

DUCOUDRAI , froidement.

Oui , pas mal., elle est assez gentille, ma petite filleule.

ALPHONSE , a\^ec chaleur.

Assez gentille ?.. la physionomie la plus piquante et la plus spirituelle... un oeil vif et malin , et puis elle cause k merveille.

DUCOUDRAI , froidement.

Oui , oui... elle n'est pas bêle.

Alphonse, vwement.

C'est-à-dire , la conversation la plus aimable et la plus amusante... de la gaîté ! de la finesse... et puis mieux que cela encore... il y a là des qualités solides.

DucouDr^Ai, a{fec indifférence.

Oui... c'est unenssez bonne eisf^nit,

ALPHONSE , plus ^Hi^emeut.

Vous appelez ainsi la réunion des sentimens les pbis nobles et les plus généreux... de la bonté , de la franchise^ de la sensibilité... c^est un an^e.

DUCOUDRAI.

Ah ça ! dites donc , mon jeune ami ^ comme vous prenez feu !.. il me semble que depuis ce matin , il y a du changement.

ALPHONSE

Ecoutez , M. Duooudrai , vous étiez l'ami de mon oncle, vous êtes le mien.

DUCOUDRAI.

Oiii^ sans doute.

ALPHONSE

Eh bien ! promettez-moi d'abord de ne pas vous moquer de moi... ensuite de me servir.

DUCOUDRAI.

Et en quoi ?

ALPHONSE

Je vais passer à vos yeux pour un fod, pour un éiO'ifili, pour une girouette ^ si vous voulez... ça m'est égal... quand il s'agit du bonheur, on ne pense plus à l'amour-propre... je trouve Camille charmante... j'en suis amoureux... c'est la femme qu'il me faut, et je vous prie de la redemander pour moi à son père.

DUCOUDRAI.

La redemander !.. de rechef!., et en réitérant?

Oui.

DUCOUDRAI.

Ça n'est plus possible... elle est promise et accordée a un autre... il y a deux heures que la lettre est envoyée.

Alphonse.

Eh bien ! on rompra avec cet autre , comme j'ai rompu ce matin avec vous.

ducoudkai La famille ne le voudra pas.

ALPHONSE

Et pourquoi ?

DUCOUDRAI.

Parce que ce refus entraînerait les conséquences les plus graves... Peut-être même la ruine de ce pauvre Dumesnil, qui n^a d'sutre fortune que sa place de lo^ooo francs, dans Tenregistrement , et la colère de Tinspecteur- général peut la lui faire perdre d'un instant à l'autre.. . Savez-vous ce que c'est ^ jeune homme , qu'un inspecteur-général outragé ?

ALPHONSE

Non^ morbleu... mais je saîs bien que s'il y a pas d'autre obstacle , je vous invite d'avance à la noce , dans mon châteu de Luceval... Je cours trouver M. et Mad. Dumesnil, et je sais le moyen de les décider.

DUCOUDRAI.

Quel est-il ?

APLHONSE.

Un moyen victorieux, auquel rien ne résiste., pas même Ips inspecteurs-généraux... adieu^ adieu, mon cherDucoudrai... je vous aime , je vous remercie...

DUCOUDRAI.

Il n'y a pas de quoi.

Alphonse.

C'est égal... je reviens dans l'instant.

( // entre dans la salle a gauche )

Page 1